| | | La division sunnisme-chiisme a-t-elle été une miséricorde ? | |
| | Auteur | Message |
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Abd95 Confirmé

Nombre de messages: 477 Date d'inscription: 27/10/2006
 | Sujet: La division sunnisme-chiisme a-t-elle été une miséricorde ? Mar 7 Nov - 0:26 | |
| Salam Si Dieu n’a pas laissé se maintenir l’unicité du califat, c’est donc qu’Il ne l’a pas voulu, et s’Il ne l’a pas voulu, c’est que cela était mieux pour les Croyants car Dieu est infiniment bon. |
|  | | Filistine Confirmé
Nombre de messages: 459 Date d'inscription: 22/10/2006
 | Sujet: Re: La division sunnisme-chiisme a-t-elle été une miséricorde ? Mar 7 Nov - 1:12 | |
| Salam aleykom, Je trouve que tu fais un grand raccourci. Je ne pense pas que cela ait quelque chose à avoir avec la bonté. Bien sûr qu'Il est Le Miséricordieux mais est-ce qu'on Lui obéit? 11. Il [l'homme] a par devant lui et derrière lui des Anges qui se relaient et qui veillent sur lui par ordre d'Allah. En vérité, Allah ne modifie point l'état d'un peuple, tant que les [individus qui le composent] ne modifient pas ce que est en eux-mêmes. Et lorsqu'Allah veut [infliger] un mal à un peuple, nul ne peut le repousser : ils n'ont en dehors de lui aucun protecteur. (Sourate Ar raad: Le tonnerre). L'unité reviendra quand nous l'aurons mérité. Pour le moment nous n'en sommes pas dignes et il faut commencer par se corriger soi-même. salam |
|  | | Abd95 Confirmé

Nombre de messages: 477 Date d'inscription: 27/10/2006
 | Sujet: Re: La division sunnisme-chiisme a-t-elle été une miséricorde ? Jeu 9 Nov - 1:39 | |
| As salam aleykum Le texte est un peu long, mais le sujet est vaste C'est ma réponse sur ce problème, que Dieu me pardonne mes fautes si j'en ai commise, et qu'Il récompense ma sincérité s'Il l'accepte. "Apprendre à dépasser les contradictions. Qui devait succéder au Prophète (sws) ? Qui était le plus apte pour cela ? Pour quelle raison certains de ses Compagnons ont-ils fini par se combattre et parfois même par s’entretuer ? Comment se fait-il que ceux que l'on présente comme des modèles de vertus aient ainsi failli à leur tâche qui était de préserver la concorde et l’harmonie au sein de la communauté des Croyants ? Comment est-il possible que les divisions qui ont alors vu le jour aient perduré jusqu’à nous, entraînant avec elle un cortège de ruine et de ressentiment ? Ce sont des interrogations légitimes, mais auxquelles il est à la fois difficile et dangereux d’essayer de répondre. Difficile, par ce qu’il n’existe pas de recension des faits qui soit parfaitement exempte de parti pris. Elles sont toutes largement postérieures aux évènements relatés et ont toutes été rédigées dans des contextes de lutte et d’affrontement pour l’obtention du pouvoir. Dangereux également, car entrer dans cette controverse revient le plus souvent à choisir son camp et à repousser l’autre dans l’erreur en lui promettant tous les châtiments. Pour imager la chose, on pourrait dire que les terrains de cette polémique ont été tant et tant de fois labourés au fil des siècles qu’ils forment désormais de larges sillons dont il impossible de sortir une fois que l’on y est entré. En le faisant, on s’oblige à répéter indéfiniment les mêmes questions pour réentendre les mêmes réponses, à utiliser les mêmes arguments pour se voir opposer les mêmes contre-arguments. Et tout cela pour, au final, camper sur ses positions et s’immobiliser au mieux dans l’aporie, c’est-à-dire dans la suspension du jugement, au pis dans le mépris, voir dans la haine. Ce genre de dialogue à sens unique divertit et enchante peut-être l’orgueilleux ou l’hypocrite mais déconcerte et désole profondément le pieux chercheur de vérité. A ce chercheur sincère il faudra donc trouver une autre voie que celle de l'excommunication. Cette voie qui consiste tout bonnement à choisir d’abord auquel des deux camps on souhaite appartenir pour ensuite recenser une à une toutes les armes que l’on pourra utiliser contre l’autre en usant de l’art subtil mais parfaitement improductif, et qui plus est néfaste, de la polémique. L'autre voie par contre, la seule qui préserve celui qui l’emprunte de toute désillusion, c’est avant tout celle qui refuse d’entrer dans les termes du débat tels qu’ils se posent abruptement depuis tant de siècles. C’est celle qui s’élève tandis que les autres continuent leur lutte stérile, se battant avec leurs ombres. La première des étapes qu’il faut franchir pour parvenir à cette voie consiste à ne plus vouloir s’enfermer dans la rancœur et la négativité, elle nécessite donc avant toute chose d'apprendre à penser par l'affirmative et non par la négative. Ainsi, au lieu de nier, de minimiser ou au contraire de glorifier la Grande Fitna, réfléchissons plutôt à ce que Dieu a voulu nous dire en détruisant ainsi l’unité de la Ummah si peu de temps après l’avoir instituée ? Dieu est le maître des volontés et des destinés et s’Il a permis et donc voulu que les choses se passent de cette manière c’est que cela était nécessaire, c’est que cela avait un sens. Tentons de le découvrir. Avant tout, et puisque nous sommes tous d’accord pour reconnaître que ce fut sa Rahma qui institua la Communauté, il faut avoir le courage d’admettre qu’Il la divisa également par l’effet de Sa miséricorde. Que faut-il entendre par-là ? Avant toute chose, demandons-nous quel est le but de l’Islam ? N’est-il pas de conduire les âmes et les corps de ceux qui l’empruntent, à travers la profession de foi de l’Unicité, vers la Récompense du Seigneur des mondes ? Bien évidemment. L’Islam est donc avant toute chose la croyance en une voie (al-sirat al-mustakhim), et cela avant même d’être une religion au sens étroit du terme. Toutes les autres facettes de l’Islam –l’existence d’une communauté, l'accomplissement de rites, l'existence de dogmes, le travail des savants et le besoin de gouvernements- ne sont que des moyens tendus vers cette fin et destinés à la rendre à la fois pérenne et plus accessible. L’Islam est une idée qui pour se survire doit se traduire dans une réalité concrète. En l’occurrence, on peut affirmer qu’en rassemblant entre les mains du Prophète (sws) l’Unicité du message d’Abraham et en lui rendant à travers le Coran son éclat le plus pur, Dieu avait réalisé en quelque sorte le miracle ultime du point de vue de l'Humanité. Désormais le Livre du Tawhid témoignerait de lui-même contre ses dénégateurs. C’est également au Prophète (sws) et aux Compagnons qui l’entourèrent de son vivant qu’était revenue la mission de témoigner de ce que devait être une communauté fondée sur l’adhésion au Tawhid. On est là en face des deux sources de l'Islam, la Kur'an et la Sunna. Nul ne contestera ce fait. La division entre sunnites et shi’ites s’opère donc à un niveau inférieur. Elle repose essentiellement sur l'idée que l’existence d’un califat unique, réuni entre les mains d’une seule lignée, aurait été le moyen le plus commode et le plus sûr pour guider les croyants vers le succès dans ce bas monde et dans l’au-delà. Or chacun se bat depuis pour prouver qu'elle était la lignée la plus digne afin remplir une telle mission. Les shi'ites pensent que seuls les Alides méritaient ce droit, les Sunnites que l'ensemble des Fils de Kuraysh pouvaient y prétendre, et les Kharidjites que n'importe lequel parmi les Pieux possédait la dignité requise. C’est donc cette thèse en elle-même qu’il appartient de mettre en défaut si nous voulons pouvoir non seulement échapper aux rigueurs de la controverse mais encore parvenir à cerner une Miséricorde du Tout-puissant là où d'autres voient un châtiment. Si Dieu n’a pas laissé cette solution de l’unicité du principat prendre forme, c’est donc qu’Il ne l’a pas voulu, et s’Il ne l’a pas voulu, c’est que cela était mieux pour les Croyants car Dieu est infiniment bon. Voilà le credo. Tentons de le développer. |
|  | | Abd95 Confirmé

Nombre de messages: 477 Date d'inscription: 27/10/2006
 | Sujet: Re: La division sunnisme-chiisme a-t-elle été une miséricorde ? Jeu 9 Nov - 1:43 | |
| Première remarque, évidente. Si l’unité du califat avait perduré jusqu’à nos jours, quelles en auraient été les conséquences ? Que se serait-il passé si cette unité que l’on regrette aujourd’hui si amèrement et si chèrement avait effectivement perduré ? En serait-il résulté un bien ou un mal ? Très vraisemblablement il serait arrivé ce qu’il est arrivé à chaque fois qu’une institution a hérité de la gestion d’une foi, c’est-à-dire le triomphe d’une certaine forme de « pharisianisme » (c'est-à-dire la dictature des interprètes exclusifs de la Loi) et de « grande-prêtrise », autrement dit la soumission aux commandements d’un seul, accepté par tous comme le garant d’un pouvoir divin, à l’instar des prêtres-rois de la Haute Antiquité. Imaginons seulement un instant un « grand-prêtre » de l’Islam, aux pouvoirs immenses et absolus, à l’autorité incontestée et incontestable, disposant –à la différence du pape par exemple- d’une puissante armée pour faire appliquer ses ordres. Qui se soumet à son autorité est considéré comme ortho-doxe, qui s’y oppose devient donc ipso facto un hétéro-doxe. Incontestablement, une telle unité dans la souveraineté aurait eu des avantages pratiques évidents. Avec un seul chef, un seul guide, les croyants auraient toujours eu devant les yeux le vivant symbole de l’unité de leur religion. Mais dans le même temps, n'aurait-on jamais vu plus grande menace pour la liberté et la grandeur de la foi qu’un tel système ? Même si son garant avait été un personnage pieux et sincère, rien ne l’aurait empêché de se laisser manipuler par des fauteurs de trouble. Pis encore, s'il avait été un hypocrite les conséquences auraient pu être incalculables, car aucun contre-pouvoir n’aurait pu agir contre lui sans être taxé de mécréance et cela de façon aussi claire et sans appel que si le Prophète (sws) lui même avait prononcé l'excommunication. On nous répond alors que les pieux imams issus de la famille du Prophète (sws) sont à l'abri de toute faute. Il s'agirait donc de faire croire que le sang transmet l'honorabilité comme les Chrétiens ont prétendu qu'il transmettait le péché originel ? En outre, cela ne s'accorde pas avec ce que dit le message coranique sur l'égalité intrinsèque de toutes les créatures en face de leur Créateur. Toutefois, même en admettant que cet imam eut été "parfait" nul ne peut contester que la gestion d'un Etat est avant tout affaire de délégation du pouvoir or, on ne peut garantir la perfection de tous les ministres, de tous les fonctionnaires, de tous les magistrats qui obéissent à cet imam et sont chargés de faire appliquer ses décrets. Sans oublier toute l’idolâtrie dont aurait pu devenir l’objet un tel personnage, tant l’on sait bien que l’esprit est souvent faible et qu’il aime bien mieux adorer ce qu’il voit au détriment de ce qu’il ne voit pas. On aurait alors pu parler de théocratie au sens propre du terme. Le règne de Dieu sur Terre par l’intermédiaire d’un homme. |
|  | | Abd95 Confirmé

Nombre de messages: 477 Date d'inscription: 27/10/2006
 | Sujet: Re: La division sunnisme-chiisme a-t-elle été une miséricorde ? Jeu 9 Nov - 1:46 | |
| Mais, nous objectera-t-on, les premiers califes, ayant vu leur autorité largement acceptée ont certes pu s’identifier à ce portrait ? C'est en partie vrai mais en partie seulement. Car d’une part cette acceptation de leur autorité n’était pas totale (Ali et al-‘Abbas ont refusé de prêter serment à Abu Bakr dès le début de son principat) et d’autre part, et cela les ahadith l’indiquent de manière très claire, il faut accepter le fait que la première génération ait été la meilleure d’entre toutes, et qu’elle ne puisse être comparée aux suivantes. Autrement dit, la première génération était si fermement attachée au message prophétique dans toute sa clarté, qu’elle était à l’abri de certains des périls habituellement inhérents à ce genre de situation. Enfin, il faut admettre qu’Il en allait ainsi de part la volonté divine et qu’une certaine unité de commandement était nécessaire aux premiers succès mais qu’une fois la dynamique lancée, elle devenait inutile. Néanmoins, à mesure que ces premiers Compagnons s’éteignaient, ceux qui leur survivaient bénéficiaient de moins en moins de cette immunité. Ils étaient de moins en moins aptes à se préserver de ce "pharisianisme" et de cette "grande-prêtrise" dont nous avons expliqué plus haut les ressorts. Leur bon droit étant de plus en plus ténu, ils cherchaient immanquablement à le remplacer par un regain de dogmatisme, ils tentaient d’élever entre eux et les gens une muraille d’interdictions, un mur de sacré, propre à rendre leur personne intouchable et leur pouvoir inviolable. Celui qui étudie un tant soit peu l'histoire de la civilisation islamique pourra constater par lui-même que ce phénomène se produisit à de nombreuses reprises. Il existe un vaste corpus théologico-politique qui accrédite l'idée que tout souverain est par définition parfait et inattaquable. Cela ne témoigne de rien d'autre que de l'ampleur des efforts qui ont été faits pour garantir l'inviolabilité et la toute puissance du pouvoir et de son détenteur. A cet égard, les premières décennies du pouvoir abbasside, la construction de l'idéologie de l’Etat mamelouk et la période d’apogée de l’Empire ottoman représentent bien, côté sunnite, les tentatives les plus abouties de mise en place d’une véritable théocratie au sens premier du terme . Le shi’isme a quant à lui traversé une époque quasi similaire au 16-17e siècle, lors de la mise en place de la dynastie Safavide dont les souverains semblaient vouloir devenir en même temps les principaux dignitaires religieux du shi’isme. On peut penser que la théorie du velayet i-fakih (gouvernement des clercs) appliquée depuis 1979 n'en est pas très éloignée non plus. Mais aucunes de ces ébauches théocratiques n’a pu aboutir, la principale mais non la seule des contraintes ayant été l’absence d’un consensus de la part des savants de l’Islam, sunnites comme shi’ites. Les savants se référaient en effet à la Tradition et constataient comme nous le faisons aujourd’hui que les bases historiques et théologiques pour appuyer de telles prétentions étaient bien minces. Et c’est ainsi que de facto, au cours de l’histoire musulmane, même au sommet de son pouvoir, aucun calife sunnite ne put se dire l’interprète unique des décisions de Dieu, puisque plus ou moins ouvertement, l’existence d'une élite de savants appuyés sur le Kur'an et surtout la présence d'opposants Shi’ites constituaient des affronts permanents à ses volontés hégémoniques. Et inversement, même à l’apogée de sa puissance, aucun imam shi’ite ne put se revendiquer comme conforme en tout point aux volontés divines puisque les Sunnites, bien que parfois réduits au silence continuaient de lui tenir tête sur le fond comme sur la forme. |
|  | | Abd95 Confirmé

Nombre de messages: 477 Date d'inscription: 27/10/2006
 | Sujet: Re: La division sunnisme-chiisme a-t-elle été une miséricorde ? Jeu 9 Nov - 1:46 | |
| C’est dans la reconnaissance et dans l’acceptation de cet échec comme d’un bienfait de Dieu que réside notre thèse. Grâce à cette division originelle et centrale de la Communauté des Croyants, aucune souveraineté issue de ses rangs, y compris la plus puissante ne put jamais prétendre au titre de souveraineté universelle, aucun régime, même le meilleur, ne put s’affirmer comme réellement parfait. Pour paraphraser les termes du penseur chrétien Augustin d'Hippone, on pourrait dire que ce schisme empêcha définitivement la création de la Cité de Dieu sur Terre. Une création qui, derrière des succès de façade, aurait pu entraîner les pires conséquences tant elle comportait de danger. Effectivement, enfermée dans un tel Etat, l’Islam n’aurait pu survivre à la moindre de ses déviances et à la plus ultime de ses faiblesses, car celles-ci seraient aussitôt devenues, ou à tout le moins auraient été interprétées, comme étant les faiblesses de l'Islam lui-même. Or ces Etats ne pouvaient que faillir, car ce bas monde est par essence le domaine de l'échec et de l'imperfection, c'est ce qui le distingue de l'autre monde, et c'est ce qui fait que l'on a besoin de ce dernier et que l'on doit y croire. Mais ce schisme initial ne fut pas salvateur que sur ce point. Allons plus loin, et reconnaissons que la dialectique instaurée par le débat constant entre shi’isme et sunnisme a été l’une des plus fécondes polarités intellectuelles de l’histoire de la pensée, et qu’au-delà des affrontements sanglants auxquelles elle a parfois donné lieu, elle a permis de préciser certains points du dogme de façon très fine tout en donnant à la foi islamique cette plasticité qui a fait sa force et qui lui a permis de s’adapter depuis à tant de contextes différents à travers les époques. Que se serait-il passé en effet sans l’existence de cette ligne de fracture qui rendait presque toute position de principe nécessairement relative ? N’hésitons pas à avancer en outre que cette articulation entre sunnisme et shi'isme fut même souvent salutaire, d’un point de vue plus prosaïque, en ce sens qu’elle détourna vers l’hétérodoxie des mouvements de contestation politique qui auraient pu, sans cela, s’aventurer clairement sur les pentes de l’apostasie ou de la « mécréance » la plus aboutie. Nous pensons notamment aux cas des révoltes berbères ou persanes du 8e siècle. En se revendiquant, pour l’une du kharidjisme et pour l’autre d’une forme de proto-shi’isme, elles ont permis d’éviter que les sentiments anti-syriens et anti-ommeyyades –qui souvent étaient légitimes d’un point de vue politique comme du point de vue religieux- ne quittent le cadre islamique à une époque où les convertis de fraîche date étaient encore légions. A l’inverse, ces révoltes facilitèrent souvent une plus grande pénétration de la nouvelle foi au sein des masses. La lutte contre le pouvoir califal devenant ici un outil du renforcement de la foi, les rebelles d’alors devinrent des instruments de la Miséricorde. Un tel schéma se retrouvera à de nombreuses reprises par la suite et dans de nombreux lieux (lors de la révolte des Zanjs notamment). On observe par la même qu’une déficience apparente se révèle à long terme comme une force extraordinaire. Reprenons depuis le début. Que le message de Dieu ne s’altère pas et qu’il continue à se répandre par delà les fleuves, les montagnes et les océans, voilà quels étaient bien les objectifs essentiels qui découlaient de la Révélation. Et de fait, la transmission et l’universalité du Coran, testament de la Révélation, furent préservées. Ni les Shi’ites ni les Sunnites malgré l’opposition farouche qu’ils se témoignaient n’en renièrent un seul verset . Et c’était bien cela qui importait par-dessus tout, c’était en cela que l’Islam grandissait spirituellement. Le reste, c’est-à-dire la fausse unité du temporel pouvait bien sombrer, et de fait, elle sombra lors de la grande Fitna. C’est pourquoi nous pouvons conclure en affirmant qu’il fallait que les choses se déroulent exactement de la manière dont elles se sont déroulées. Le "fatalisme" est certes néfaste lorsqu'il se conjugue au présent ou au futur, conjugué au passé il devient au contraire une preuve de piété et de confiance en la volonté de Dieu. Il fallait donc que les musulmans se divisent dès le début, il fallait que les Ansars et les Alides refusent de reconnaître Abu Bakr dès ce triste jour de juin 632 comme il fallait hélas que ‘Uthman soit renversé pour que s’enchaîne ensuite un funeste cycle de vengeance et de malentendus. Peut importe en définitive lequel d’entre eux avait raison, ils avaient tous raison en ce sens qu’ils étaient tous les instruments du dessein de Dieu, puisqu’il fallait que naisse dès le début cette division qui était comme une immunisation contre toute tentative de monopolisation du message de l’Unicité. Sans le Prophète (sws), le message ne devait plus appartenir à personne, sa sauvegarde même en dépendait. Cela, nous pouvons d’ailleurs le constater tous les jours car, Ô miracle, l’Unicité profonde du Tawhid est encore aujourd’hui intacte, contrairement à ce qui eut lieu dans les autres religions du Livre. La division –que nous pouvons donc qualifier d’apparente- des musulmans ne lui a porté aucun préjudice, ne l’a entaché d’aucune souillure et ne l’a pas empêché de se répandre. Or, répétons-le encore une fois, c’est bel et bien de ce message et de son unité dont sont les musulmans ont été, sont et resteront les gardiens et les témoins de par le monde, et cela jusqu’au jour où tout sera jugé, jusqu’à ce jour où l’être des poitrines sera exposé. Les imperfections du monde sensible ne sont peut-être en définitif, qu’à la mesure de notre impatience. Tout s’accomplit, le sens sera révélé. Si Dieu le veut." |
|  | | Mustapha Junior

Nombre de messages: 45 Date d'inscription: 14/10/2006
 | Sujet: Re: La division sunnisme-chiisme a-t-elle été une miséricorde ? Jeu 16 Nov - 23:08 | |
| Salamu 'alaykum Barakallahufika Frère Abd95, fais rayonner ce forum de ces analyses très belles. Mais le chi'isme est une invention des hommes et non de Dieu. C'est la parole de quelques égarés contre la majorité de la bonne pensée. Ce n'est pas Dieu qui a voulu le chi'isme mais comme le dit la soeur filistine les hommes qui ont cessé d'écouter la parole de Dieu. Ouvlre le Coran tu le trouveras écrit : "C'est ainsi, car c'est avec la vérité qu'Allah a fait descendre le Livre; et ceux qui s'opposent au sujet du Livre sont dans une profonde divergence." (2, 177) _________________ Il n'y a d'autre dieu que Dieu et Muhammad est son prophète Il n'y a d'autre dieu que Dieu et Muhammad est son prophète Il n'y a d'autre dieu que Dieu et Muhammad est son prophète
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|  | | inji Confirmé

Nombre de messages: 378 Date d'inscription: 10/10/2006
 | Sujet: Re: La division sunnisme-chiisme a-t-elle été une miséricorde ? Sam 18 Nov - 14:14 | |
| | Mustapha a écrit: | Salamu 'alaykum
Barakallahufika Frère Abd95, fais rayonner ce forum de ces analyses très belles. Mais le chi'isme est une invention des hommes et non de Dieu. |
wa'alaykoum assalâm
dans ce cas, est-ce que le sunnisme n'est pas aussi une invention des hommes ?
Merci |
|  | | Mustapha Junior

Nombre de messages: 45 Date d'inscription: 14/10/2006
 | Sujet: Re: La division sunnisme-chiisme a-t-elle été une miséricorde ? Sam 18 Nov - 16:49 | |
| Salamu 'alaykum Le sunnisme contrairement au chi'isme n'est pas une secte, c'est une restitution de l'obéissance à Dieu dans un contexte historique de fitna. Le sunnisme n'est pas un groupe, c'est le groupe qui rétablit la vérité. Le Prophète saws nous l'a rappelé dans cette parole forte : Accrochez-vous à ma sunna. C'est ce que font les Ahl-As-Sunna. Les chiites de par leurs égarements et même de grandes vagues de soufisme peuvent-ils en dire autant ? _________________ Il n'y a d'autre dieu que Dieu et Muhammad est son prophète Il n'y a d'autre dieu que Dieu et Muhammad est son prophète Il n'y a d'autre dieu que Dieu et Muhammad est son prophète
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