Salam aleykum
La pauvreté de l'Eglise Les Evangiles sont sans équivoque sur l'obligation pour le croyant de renoncer à ses biens matériels afin de suivre le Christ. D'autres l'ont pris au mot, comme François d'Assise qui a renouvelé le geste apostolique de façon spectaculaire en se dépouillant de ses vêtements sur la place publique de sa ville natale. Ce sont d'ailleurs ses disciples, les franciscains, qui ont attaqué le plus durement l'Eglise sur cette question de la nécessité de la pauvreté absolue, dans laquelle ils voyaient une condition sine qua non de la fidélité à l'Eglise primitive. Ils seront déclarés hérétiques en 1320. Cela n'a pas empêché divers courants minoritaires de continuer à polémiquer sur la question.
Dans l'Islam le problème ne s'est pas posé puisque les savants pouvaient certes bénéficier de temps à autre des largesses du souverain à titre discrétionnaire et personnel, mais certainement pas de façon automatique. Au début, ils avaient souvent leur métier propre (Abu Hanifa était commerçant), plus tard, ils ont vécu des oboles de leurs fidèles. En général les postes de juges étaient mal rémunérés, comme le fait remarquer Ibn Khaldun (Muqqadima, V, 7). En tout cas les richesses des savants ne sont jamais devenus un sujet de discorde étant donné que l'argent en soi n'est pas un mal, puisque que tout dépend de l'usage que l'on en fait. Certains des Compagnons du Prophète n'ont pas eu de remord à s'enrichir en faisant de fructueuses affaires car "la main qui donne est meilleure que la main qui prend" dit un hadith.