Salam aleykum
Querelles des investitures Autre question brûlante dans le christianisme médiévale puis contemporain : qui du souverain temporel ou du chef de l'Eglise possède le droit de nommer aux grands bénéfices ecclésiastiques ? attendus qu'il s'agissait là de postes extrêmement importants et rémunérateurs dont les titulaires possédaient par conséquent un poids politique et économique d'envergure. Ce sujet sensible a été à l'origine des terribles guerres qui ont opposé les papes et les empereurs et à travers eux Guelfes et Gibelins du 11e au 14e siècle. De même, il a entraîné l'apparition en France du gallicanisme au 14e siècle et de diverses formes de gallicanisme à travers l'Europe, qui tous ont été des marchepieds pour la Réforme protestante. Le problème a continué d'empoisonner les relations entre le pape et les monarques jusqu'à la signature des grands concordats du 18e et 19e siècle et il continue d'être une pomme de discorde entre Rome et Pékin à l'heure actuelle, on voit donc bien le rôle central qu'il a joué a travers les siècles. Et l'on imagine à quel point cela a du entraîner les fidèles dans des abîmes de perplexité que de constater que leurs directeurs spirituels en arrivaient ainsi à tremper les mains dans les manœuvres politiques abjectes.
Et bien ce problème ne s'est jamais posé à travers les siècles dans les pays musulmans, d'une part parce que l'autorité du calife-imam a cessé de se confondre avec l'ensemble des territoires musulmans dès le second siècle de l'Hégire, ensuite parce que les souverains, s'ils ont tenu à obtenir la soumission ou du moins la bienveillance des savants, n'ont jamais eu besoin pour se faire de contrôler leurs nominations. Parce que les savants ne possédaient moins une charge en tant que telle qu'une autorité qui ne dépendait quant à elle que de la qualité de leur enseignement.