As salam aleykum
Il est vraiment étonnant de constater qu'à l'époque de Jésus, le judaïsme était représenté par trois grands maîtres, tenant chacun d'une école d'interprétation particulière :
Pour Philon d'Alexandrie, juif hellénisé, la Bible n'était pas à prendre au pied de la lettre, elle était au contraire pleine d'allégories. De fait Philon voulait parvenir à concilier sa foi juive avec sa culture philosophique grecque. Ses travaux seront repris par les théologiens chrétiens.
Pour le rabbi Shammaî, partisan de l'application stricte de la Loi religieuse, toute interprétation humaine était à bannir. Les commandements du Deutéronome étaient clairs, évidents par eux-mêmes, le contexte n'avait pas d'importance, il fallait les mettre en pratique, sans quoi Dieu retirerait son Alliance avec les Fils d'Israël.
Pour le rabbi Hillel, son contemporain, l'important était de privilégier les intérêts de la Communauté juive, et de concilier le respect des rites sacrés avec la situation politique et sociale.
De fait, ces trois attitudes sont demeurées à travers le temps les trois attitudes que l'homme peut avoir en face du texte. Lorsque l'on observe les arguments de Philon, de Shammaï et de Hillel, on a l'impression de voir, à deux mille ans de distance, des désaccords qui sépareraient par exemple un Fazlur Rahman, d'un Ibn Baz ou d'un Karadawi. A chaque fois le moderniste, le littéraliste et le partisan du compromis ...
Peut-il d'ailleurs en être autrement ?