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 Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?

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bounous
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MessageSujet: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Mar 7 Nov - 16:32

Salam

Il existe un livre écrit par Mahmoud At-Tahhan intitulé "Précis des Sciences du Hadith". Il explique très précisément les terminologies utilisées par nos prédecesseurs en matière de science du hadith et la méthode qu'ils ont utilisée pour les classifier.
Mais n'est-il pas gênant de lire aujourd'hui cette classification sans qu'elle soit remise en question ? Y a-t-il à l'heure actuelle des travaux méthodologiques qui reformulent les terminologies en fonction de nos besoins actuels ou pense-t-on qu'une classification scientifique est immuable dans le temps ?
Bref, ne serait-il pas temps de réviser tous ces travaux qui ont été établis par des hommes et pas par Dieu ?
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Haz
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Mar 7 Nov - 18:49

Salam alikoum

Excellent sujet !!! Décidément bounous, tu ne cesses de me surprendre jour après jour Smile

Bien sûr ! Oui bien sûr que cette question de l'actualisation des sciences islamiques se pose ! Bien sûr qu'il est fondamental de remettre en question les anciennes méthodes pour en estimer les limites et les pertinences actuelles.

Et bien sûr oui bien sûr que dans le domaine du hadith, la question se pose et doit se poser encore plus clairement. Y a-t-il une réforme dans le monde musulman qui permette la critique constructive des sciences du hadith ? Nous pouvons déjà discuter de deux points de cette vaste question : les hadiths mutawatir et les termes du hadith.

Les mutawatir sont les hadiths que l'on dit authentiques sur la base d'un argument assez simple finalement : plus le hadith est relaté par un grand nombre de personnes et plus il y a de chances qu'il soit vrai. Il faut bien admettre que cette façon de procéder est aujourd'hui jugée désuète tant le jugement majoritaire ne peut être le reflet des vérités d'un discours. En l'occurrence, il est intéressant d'analyser les hadiths dits mutawatir à la lumière de leur cohérence avec le Coran (ce dont je ne doute pas) mais aussi du contexte de leur retranscription, ce qui est déjà moins évident.

Autre point fondamental dans l'étude moderne du hadith, c'est la prise en compte des terminologies contenues dans le hadith meme. Les termes utilisés dans les retranscriptions permettent bien souvent de savoir si le hadith est apocryphe ou non. Notons bien que cette procédure analytique éloigne totalement l'idée de vérification du hadith par la chaine de transmission qui, dans les sciences modernes, ne sont pas suffisantes pour vérifier l'authenticité du matn.

Voilà déjà deux points qu'il serait bien utile de mettre en débat. Qu'en pensez-vous sabyliens ?
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Ragondin
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Mer 8 Nov - 1:06

Allez je remonte ce fil, y en a qui veulent travailler dur n'est-ce pas HAZ ?!!! study
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karimc
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Mer 8 Nov - 11:52

salam alikoum

moi aussi je suis intéressé, mais je nepourrais pas répondre. J'ai juste une question que pensez vous de la compilation d'al boukhari ? devrait-on la remettre en question sachant quel homme pieu il était .....
quel méthodologie a-til utilisé
moi je pense que sa compilation est un petit miracle

wa salam alikoum
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Islamways
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Jeu 9 Nov - 0:26

Assalamu alaykum

La compilation d'Al-Bukhârî a été critiqué très tôt dans l'histoire des sciences religieuses. La première critique vient d'Al-Daraqutni, rédigée dans son livre At-Tattabu (4H). Il y dit que le sahih d'Al-Bukhâri comporte 78 hadiths faibles. De son côté Adh-Dhahabi a estimé que tous les hadiths cités par Boukhari sont sahih mais à divers degrés. Plus récemment, c'est Al-Albani qui a remis en question seulement une dizaine de ces hadiths estimant trop sévère le chiffre de 78 donné par Al-Daraqutni.
Le problème actuel c'est que c'est très difficile de savoir comment ces auteurs en sont venus à ces chiffres. Je n'ai rien trouvé à ce niveau. Quelles sont leurs méthodes pour valider la légitimité d'un hadith ? Aujourd'hui, on n'est peut-être pas encore sorti des considérations classiques de cette méthode.

Pour une étude plus moderne et non partisane islamiquement parlant, il y a bien Ignaz Goldziher dans Muhammedanischen Studien qui s'en charge mais allez savoir ce que l'étude d'un orientaliste peut valoir.
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Abd95
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Jeu 9 Nov - 22:47

Haz a écrit:

Les mutawatir sont les hadiths que l'on dit authentiques sur la base d'un argument assez simple finalement : plus le hadith est relaté par un grand nombre de personnes et plus il y a de chances qu'il soit vrai. Il faut bien admettre que cette façon de procéder est aujourd'hui jugée désuète tant le jugement majoritaire ne peut être le reflet des vérités d'un discours. En l'occurrence, il est intéressant d'analyser les hadiths dits mutawatir à la lumière de leur cohérence avec le Coran (ce dont je ne doute pas) mais aussi du contexte de leur retranscription, ce qui est déjà moins évident.
?


As salam aleykum

Je crois savoir que le hadith, pour être déclaré mutawwatir ne doit pas seulement être "pris" de plusieurs personnes, mais d'un grand nombre de personnes (plus de 10) recontrées à des endroits différents, ce qui lui donne déjà plus de poids, tandis que le sahih peut n'être transmis que par une seule personne (hadith ahad) à partir du moment où son isnad est jugé sûr.

Le Kur'an tout entier est mutawwatir parce que justement la retranscription des révélations a été faite par tout un groupe et non par un seul homme.

Je sais que l'imam Suyuti a rédigé deux ouvrages rassemblant les ahadith mutawwatir (dont l'un s'intitule Katf al-azhar) mais je ne les ais jamais vu hélas, c'est dommage.
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Mustapha
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Lun 13 Nov - 0:56

Salamau 'alaykum

Barakallahufik Abd95 d'avoir recadré la définition de la soeur Haz qui décidément aime bien surfer sur des pentes glissantes. Haz, n'entreprends pas des études que tu ne peux pas maitriser. Les sciences du hadîth ont été faites par des gens pieux et pas par des décortiqueurs de mots. Ils ont donné leur humilité et leur sincérité à leur tâche, pas à discuter pour discuter. Leur classification dépasse le petit livre de At-Tahhan, améliore d'abord ton arabe pour accéder aux nombreux volumes classiques avant de vouloir jouer les profs.
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AHMED_AMINE
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Mar 27 Fév - 20:00

Salam Wa Aleikoum

Sujet très intéressant, je pense qu'il est effectivement indispensable voir urgent de reformuler les sciences du Hadith, c'est le terme à un sens

J'aimerais bien apporter ma petite contribution par un certains nombre d'interrogations, parcequ'on parle de science qui exigerait entre autres? objectivité et impartialité:

Q1/ Que doit on placer en premier le raisonnement ou la transmission pour juger un récit ? autrement dit: c'est la raison et la logique qui tranche ou la piété des transmitteurs ?

Q2/ la science de la critique et des éloges (Al Djrouh Wa Ata'dil) doit être appliquée sur toute la chaine jusqu'au Prophète saws ou non ?

autrement dit : peut on soumettre les compagnons à la même science et ses règles ou non ? et si la réponse est non: les compagnons seront ils infaillibles comme les prophètes ?


Q3/ Peut on critiquer le contenu des Hadiths même s'ils sont de transmission jugée correcte (selon les règles actuelles) ?

Paix sr vous
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Talib
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Mar 27 Fév - 21:57

Essalem Aleikom


Dans un premier temps, la seule chose qui tranche, c'est l'adéquation entre le texte du hadîth et le texte coranique. La moindre contradiction ou abrogation du texte coranique par le hadîth doit être analysée avec précaution. Ce premier exercice est déjà très difficile.

A partir de là, n'importe quel hadîth même faible, même apocryphe peut être considéré comme valide. Car ce que nous recherchons, ce n'est pas la validation historique ou historiciste du hadîth, c'est son adéquation à l'éthique musulmane. Nous devons donc travailler à faire coïncider l'interprétation des hadîths avec une interprétation éthique du Coran. Cette recherche est bien différente de celle que propose un chercheur historien pour lequel ne compteront que les arguments visant à déconstruire la logique scientifique musulmane classique. En tant que chercheur musulman, nous devons placer le débat à un autre niveau que celui de la véracité ou non du mode de transmission du hadïth.

Nous devons donc littéralement sortir du débat historique sur les compagnons et transmetteurs. Nous devons du moins en introduction de cette recherche exprimer les griefs que l'on peut avoir concernant la volonté des spécialistes du hadith à vouloir prouver la validité des corpus actuels à la lumière d'un travail historique rigoureux réalisé par nos ancêtres. Nous ne pouvons plus nous contenter de ces corpus tels qu'ils sont présentés actuellement et surtout tels qu'ils sont publiés, sans aucune pédagogie. La nouvelle méthode de transmission des hadiths aux musulmans doit passer par l'explication intriductive de la remise en question du schéma classique et par l'explication méthodologique de l'approche du hadith par la seule éthique coranique.
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AHMED_AMINE
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Mar 27 Fév - 23:04

Talib a écrit:
Essalem Aleikom


Wa Aleikoim Assalam Wa rahmatou Allah Wa Barakatou
Baraka Allah Fikoum Pour cette approche constructive et pleine de mesure , mais qui manque juste un peu d'audace vis-à-vis un thème que j'avoue compliqué, non pas par son contenu, mais par la symbolique que renferme la mémoire collective de la communauté musulmane.

Citation:

Dans un premier temps, la seule chose qui tranche, c'est l'adéquation entre le texte du hadîth et le texte coranique. La moindre contradiction ou abrogation du texte coranique par le hadîth doit être analysée avec précaution. Ce premier exercice est déjà très difficile.


POURQUOI LA PRECAUTION CA RESTE SACRE MEME SI CA CONTREDIT LE SACRE? POURQUOI NE PAS LE REJETER TOUT SIMPLEMENT


Citation:
A partir de là, n'importe quel hadîth même faible, même apocryphe peut être considéré comme valide. Car ce que nous recherchons, ce n'est pas la validation historique ou historiciste du hadîth, c'est son adéquation à l'éthique musulmane. Nous devons donc travailler à faire coïncider l'interprétation des hadîths avec une interprétation éthique du Coran. Cette recherche est bien différente de celle que propose un chercheur historien pour lequel ne compteront que les arguments visant à déconstruire la logique scientifique musulmane classique.


LA SCIENCE DOIT-ELLE SE BASER SUR DES APRIORIS ET CHOISIR UN CAMP D'AVANCE ?

UNE VERTIBALE SCIENCE HISTORIQUE NE DOIT PAS CHERCHER A CONSTRUIRE OU AU CONTRAIRE A DECONSTRUIRE UN SYSTEME QUELQUENCE, SI ELLE EST ORIENTEE D'AVANCE CE N'EST PAS DE LA SCIENCE.

En tant que chercheur musulman, nous devons placer le débat à un autre niveau que celui de la véracité ou non du mode de transmission du hadïth.

Nous devons donc littéralement sortir du débat historique sur les compagnons et transmetteurs.

POURQUOI ? TOUTE VERITE ( au sujet des compagons) N'EST PAS BONNE A DIRE....?

Si le monde musulman aspire à cette âge d'or de l'islam est doit correspondre dans la meilleurs des cas à la période des Califes, pourquoi ne pas aborder la question d'un point de vu objectif et donc Historique ?

Nous devons du moins en introduction de cette recherche exprimer les griefs que l'on peut avoir concernant la volonté des spécialistes du hadith à vouloir prouver la validité des corpus actuels à la lumière d'un travail historique rigoureux réalisé par nos ancêtres. Nous ne pouvons plus nous contenter de ces corpus tels qu'ils sont présentés actuellement et surtout tels qu'ils sont publiés, sans aucune pédagogie. La nouvelle méthode de transmission des hadiths aux musulmans doit passer par l'explication intriductive de la remise en question du schéma classique et par l'explication méthodologique de l'approche du hadith par la seule éthique coranique.

Là je partage entièrement votre avis

au plaisir de vous lire
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Talib
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Mer 28 Fév - 0:09

Essalem Aleikom

Citation:
POURQUOI LA PRECAUTION CA RESTE SACRE MEME SI CA CONTREDIT LE SACRE? POURQUOI NE PAS LE REJETER TOUT SIMPLEMENT


Ce n'est pas de l'ordre du sacré que se situe la question. On ne peut pas entrer dans une étude exhaustive des hadîths en fonction du Coran sans d'abord, préalablement, faire une étude exhaustive du Coran. Avant même de reformuler les sciences du hadith, ce sont les sciences du Coran qu'il faut analyser. Se donner une base de travail parce que mettre en comparaison un hadiths en fonction des versets coraniques sans offrir une interprétation au plus juste de ces derniers, cela revient à commettre inéluctablement des erreurs.

Je vais te citer un exemple que je tiens de la soeur Haz qui a eu la bienveillance de mefaire un compte-rendu de la journée de formation à laquelle elle s'est rendue ce samedi à l'IIIT. Tu vas voir que ce qu'elle dit est très pertinent.

Dans la conférence, d'après ses dires, l'intervenant a comparé un hadith qui rapporte ces propos du prophète à propos de l'endroit où se trouvent ses parents dans l'Au-Dela : "Mon père et le tien sont en enfer" avec un verset du Coran, je ne saurai dire lequel exactement rapportant que les gens de la fitra, ceux qui n'ont pas reçu de messager, ne seraient pas punis dans l'Au-Dela. L'intervenant disait, je rapporte toujours les propos de Haz et j'espère qu'elle viendra me corriger si je me trompe, que la comparaison de ces deux versets montraient que le père du prophète ne pouvait donc pas être en enfer et que le hadith désignait sans doute une autre parentèle sous le nom de "'ab".

Cette dernière interprétation est déjà très mauvaise car le système de parenté soudanais auquel appartient le système arabe montre que le père et son père ne sont pas désignés de cette façon-là avec le même terme. Je fais confiance à la soeur quand elle me dit qu'anthropologiquement, cette désignation de parentèle ne correspond pas à la réalité et que de fait, ce terme de "'ab" désigne bien le père de Muhammad. Mais c'est une parenthèse.

Ce qui est fondamental, c'est que cette comparaison entre le hadith et le verset coranique choisi sur les gens de la fitra est insuffisante. Elle montre que l'interprétant a déjà décidé préalablement que le père du prophète faisait partie des gens de la fitra. Or cette question de la désignation des Arabes pré-islamiques aux gens de la fitra reste à déterminer d'un point de vue historique et théologique.

Voilà un exemple de ce que l'on ne peut pas comparer n'importe quel hadîth à n'importe quel verset et que le processus même de comparaison suit un choix prédéterminé en fonction de la façon dont on a interprété les versets coraniques. Tu vois tout le travail qui nous attend ? La précaution s'impose à ce niveau-là.


Citation:
LA SCIENCE DOIT-ELLE SE BASER SUR DES APRIORIS ET CHOISIR UN CAMP D'AVANCE ?

UNE VERTIBALE SCIENCE HISTORIQUE NE DOIT PAS CHERCHER A CONSTRUIRE OU AU CONTRAIRE A DECONSTRUIRE UN SYSTEME QUELQUENCE, SI ELLE EST ORIENTEE D'AVANCE CE N'EST PAS DE LA SCIENCE.


Je suis bien d'accord avec toi. Normalement, la recherche historique devrait se rendre exempte de tout schéma pré-établi. La réalité du monde universitaire montre que cet idéal est difficile à obtenir. Quand on ouvre la page historique relative aux hadiths, on le fait pour une raison et pas au hasard. Toute enquête menée est le fruit d'a-prioris hélas mais c'est presque naturel et on échappe difficilement à cela. Quand un réformateur veut donner des théories nouvelles sur le Coran, il le fait avec un but précis, c'est qu'il n'est pas satisfait de ce qui existe et qu'il a une autre idée de la façon dont on peut approcher le texte.

Donc la science, l'histoire part de théories posées, qui peuvent s'auto-détruire au contact de l'objet ou au contraire se renforcer. Une bonne méthode pour éviter les travers de l'archarnement théorique, c'est-à-dire de ce qui nous force à tout interpréter en fonction de la théorie et non de l'objet observé, c'est de travailler sur des corpus existants et de les comparer entre eux et de s'y attacher profondément avant de dégager quelque théorie que ce soit.

Citation:
POURQUOI ? TOUTE VERITE ( au sujet des compagons) N'EST PAS BONNE A DIRE....?

Si le monde musulman aspire à cette âge d'or de l'islam est doit correspondre dans la meilleurs des cas à la période des Califes, pourquoi ne pas aborder la question d'un point de vu objectif et donc Historique ?


Mon frère, c'est tout mon travail que tu décris Smile. Je revisite aujourd'hui en historien cette première période idéale de l'Islam et malgré toutes mes réticences, je vois bien que cette revisite est nécessaire, que cette histoire idéale est une construction mythologique avant d'être une réalité empirique. Nous avons un devoir à ce niveau-là, un travail de mémoire, de déconstruction mais pas de saque parce qu'un historien ne recherche pas la Vérité, il recherche une réalité empirique et non symbolique.

C'est peut-être cela que la communauté musulmane n'est pas encore prête à entendre, que revisiter une période historique pour lui donner un sens empirique ne revient pas au même que traiter les historiens musulmans de menteurs. L'ethos, encore une référence à Haz dont j'admire les écrits, montre que les hommes ont une vision du monde différente d'une époque à une autre et que l'on peut visiter le passé sans traiter les gens qui ont fait cette histoire de mensonge. Elle prévoyait il y a quelques temps d'écrire quelques mots sur le concept de mythologie, j'attends grandement qu'elle nous en fasse part.

Enfin ce travail est nécessaire pour la mémoire mais dans le cas des transmetteurs, il est utile en guise d'introduction à une refonte des sciences du hadith sans en être un moteur essentiel. La raison, je l'ai donné plus haut. Qu'un hadith soit apocryphe ou faible ou jugé authentique, du moment qu'il correspond à la définition de l'athique musulmane, nous n'avons pas de raison de le bannir sous prétexte que la science de l'isnad est complkètement vétuste. Ce quer je te propose est assez simple, il s'agit de reclasser les hadiths en fonction de nouveaux critères basés sur le rapport de légitimité au Coran et à l'éthique générale musulmane. C'est une travail de fond, immense mais nécessaire et dont on doit fournir des éléments progressivement et non d'un coup. C'est un travail de publication tout à fait utile qui nous changerait de ces compilations dont nous disposons actuellement et qui ne sont que des vulgarisations favorisant le littéralisme.

J'ai eu l'occasion de visiter ton site de réforme religieuse, c'est un bon travail et si tu souhaites à travers ce forum que nous échangions plus, dans le cadre d'un groupe ou d'un atelier de travail quelques thèmes liés à l'histoire idéale de l'Islam, ce serait avec plaisir.
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AHMED_AMINE
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Mer 28 Fév - 0:44

Citation:


Mon frère, c'est tout mon travail que tu décris Smile. Je revisite aujourd'hui en historien cette première période idéale de l'Islam et malgré toutes mes réticences, je vois bien que cette revisite est nécessaire, que cette histoire idéale est une construction mythologique avant d'être une réalité empirique. Nous avons un devoir à ce niveau-là, un travail de mémoire, de déconstruction mais pas de saque parce qu'un historien ne recherche pas la Vérité, il recherche une réalité empirique et non symbolique.



J'ai eu l'occasion de visiter ton site de réforme religieuse, c'est un bon travail et si tu souhaites à travers ce forum que nous échangions plus, dans le cadre d'un groupe ou d'un atelier de travail quelques thèmes liés à l'histoire idéale de l'Islam, ce serait avec plaisir.


Paix sur vous Talib

C'est avec un grand plaisir de travailler avec vous sur des sujets qui me tienne à Coeur, je voudrais juste signaler que je suis à la base arabophone et donc je m'excuse par avance pour mes écrits tant pour mon orthographe que pour mon style.

D'autre part j'avoue que de part mon métier de Médecin diplômé hors union européenne, qui fait que je dois fournir encore plus de travail et d'examens à passer afin d'acceder à la plénitude d'exercice en France,
me limite un petit peu dans ce travail, en même temps voir l'état de notre communauté me chagrine au point de songer parfois à changer de métier et me consacrer à un travail de recherche purement théologique.

Baraka Allah Fikoum
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Talib
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Mer 28 Fév - 0:51

Essalem aleikom

Les talents viennent de partout akhi, des historiens, des médecins, des profs, des curieux, des bouchers, tout le monde a quelque chose à apporter. Ne t'excuse surtout pas, nous allons faire de belles choses Inshallah ensemble. Rien que ce travail de redistribution des hadiths est important et il faudra bien un jour qu'un groupe s'y colle sérieusement et ne se contente pas de dire qu'il faut le faire. Je pense que nous sommes dans une interface propice à ce travail et que nous pouvons nous en servir pour lancer cette redistribution.
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al-shajara
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Mer 28 Fév - 17:08

Paix sur vous Talib,

Je suis pleinement d’accord avec vous sur ce fait : il faut juger les hadith en fonction du Coran. S’ils confirment le Coran, on peut les accepter. Sinon, on les rejette (ou, à la rigueur, on les interprète autrement).
Cela m’a fait plaisir de voir ce principe énoncé par un autre que moi (de même que cela m’a fait plaisir de voir le frère ahmed_amine s’y retrouver).

Cela dit, vous m’avez surpris, puisque je pensais votre démarche uniquement scientifique. J’aurais pensé que, pour vous, la véracité d’un hadith n’aurait dépendu que des conclusions d’une analyse historique idéologiquement neutre.
En êtes-vous arrivé à la conclusion qu’une telle approche ne permettait d’en valider aucun, et que, par conséquent, seule une approche idéologique (fondée sur le Coran) pouvait permettre de faire de tri ?

Soit.
Il y a une autre difficulté à laquelle, dans le cadre de cette démarche, nous allons être très rapidement confrontés. C’est le fait que la plupart des interprétations du Coran sont fondées sur des hadiths. Par conséquent, si on veut trouver l’interprétation la plus fidèle possible du Coran, il faudra l’étudier avec un minimum de données exogènes, et en s’appuyant au maximum sur les autres versets du Coran. On constatera vite qu’on aboutit souvent à des interprétations différentes de ce qui est traditionnellement admis.
Et ce n’est qu’une fois ce travail de réinterprétation effectué qu’on sera en mesure de s’intéresser de nouveau aux hadith, en retenant comme potentiellement acceptables ceux qui vont dans le sens du Coran après réinterprétation, et en rejetant les autres.

En ce qui concerne l’analyse historique, il y aurait aussi moyen de faire quelque chose.
En fait, il faudrait rassembler tous les hadiths existants dans une grande base de données. Avec l’original en Arabe et si possible une traduction en anglais. Il faut y mettre tous les hadiths, y-compris ceux qui font partie des compilations qui ont été rejetées, ou ceux qu’on peut trouver dans les ouvrages de Suyuti ou autres. Il ne faut pas oublier d’y inclure ceux qui ont été récupérés par des historiens comme Tabari.
Il faut associer à chaque hadith sa chaine de narration. Il faut qu’on puisse, en interrogeant la base, connaitre tous les hadiths transmis par tel narrateur, ainsi que les compilations dans lesquelles on les retrouve. Il faut aussi créer un concept de nouvelle, car une même nouvelle peut figurer dans plusieurs hadith, avec des détails différents. Il faut aussi associer à chaque hadith les commentaires qui lui ont été faits par les traditionnistes. Et plein d’autres choses…
Et il faut mettre cela à disposition de tout le monde via internet, afin que tous les chercheurs puissent interroger cette base et travailler dessus.
Ce genre d’outils permettrait, a mon avis, de relancer véritablement la science du hadith, et cela mettrait fin aux divisions entre les salafis (qui utilisent les travaux d’Albani) et les autres.

Paix
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Haz
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Mer 28 Fév - 21:21

Salam alikoum

"Faut qu'on.. n'y a qu'à..." Al-shajara Razz

Plus sérieusement, on ne peut pas écarter l'histoire des transmetteurs. C'est bien souvent cette histoire qui explique le hadith en lui-même. La longueur des chaînes, le nom des transmetteurs, leur localisation géographique et l'écart chronologique de retranscription sont autant d'éléments inévitables dans la refonte d'une science des hadiths.

Je suis d'accord avec le principe énoncé, une science "idéologisée" du hadîth en fonction du Coran et de l'éthique musulmane mais songez bien à cet "éthos" ! Songez bien que si l'on applique aujourd'hui et ici une grille de lecture sur la perception que l'on a ou la défintion que l'on donne à l'éthique musulmane, à l'interprétation des versets du Coran, dans à peine dis ans ou à 10000km d'ici, elle sera balayée par une autre idéologie et par une autre interprétation.

D'autre part, chercher absolument la cohésion entre un hadith et un verset coranique en fonction donc d'une interprétation fixée du hadith et du verset en question, comment appelez-vous cela sinon du littéralisme ? Comment peut-on mettre fin au littéralisme tout en prônant une lecture qui s'avère être littéraliste. On laisse tomber le modelage et on s'attache au texte ? Ca n'a pas de sens ? C'est tout aussi dangereux que la vulgarisation actuelle parce que vous pensez bien qu'il n'y aura pas canonisation de votre grille de lecture et que sans doute, les ethos différents de chercheurs différents conduiront à l'établissement de différents corpus avec différents types de cohésion sémantique entre coran et hadïth. Vous voyez tout le problème ?

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Le savoir est un coffre dont la clé est la question - Imam Al-Zuhri
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Talib
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Ven 2 Mar - 20:08

Essalem aleikom

Citation:
Cela dit, vous m’avez surpris, puisque je pensais votre démarche uniquement scientifique. J’aurais pensé que, pour vous, la véracité d’un hadith n’aurait dépendu que des conclusions d’une analyse historique idéologiquement neutre.
En êtes-vous arrivé à la conclusion qu’une telle approche ne permettait d’en valider aucun, et que, par conséquent, seule une approche idéologique (fondée sur le Coran) pouvait permettre de faire de tri ?


Ce n'est pas une conclusion d'une démarche réflexive préalable. C'est une pensée qui s'impose à tout musulman. Il y a l'histoire et il y a la croyance. Entre les deux il y a une communauté et elle a besoin de réponses. Le travail des transmetteurs durant la période islamique médiévale ne répondait qu'à la volonté de donner une satisfaction aux musulmans qui cherchaient des réponses en adéquation avec leurs valeurs religieuses. L'Islam est une religion globale, sociale et spirituelle donc la communauté musulmane se fixe sur une recherche scientifique qui admette ses trois fondements. Les hadiths ont fait la norme religieuse dont les croyants avaient besoin pourallier leur appartenance à la religion et à la vie sociale. De nos jours, ces considérations sont les mêmes. Du boucher au médecin, de la ménagère à la directrice d'un établissement scolaire, les musulmans, où qu'ils vivent ont besoin de ces normes socio-religieuses parce qu'elles sont à la base de leur identité.

Etudier les chaînes de transmission pour valider ou invalider un hadith a déjà été fait par nos précurseurs médiévaux. Ils l'ont fait ainsi parce que, à leur époque, la définition de la displine des sciences s'inscrit dans ce paradigme et pas dans un autre. De nos jours, ce paradigme est insuffisant et nous devons réévaluer les hadîths selon de nouvelles normes de cohabitation des croyants avec des non-croyants dans un espace appelé généralement la mondialisation. Cette question-là ne se posait pas ainsi à nos précurseurs mais aujourd'hui nous nous la posons et nous avons besoin de valeurs sûres, quand je dis "valeurs sûres", je parle de valeurs qui associent l'identité sociale à l'identité religieuse. La question des transmetteurs ets un domaine profane, peu intéressant pour le croyant ordinaire qui cherche à concilier dans sa vie des éléments culturellement antagonistes.

Je cite un exemple, cela aidera peut-être : plusieurs hadiths louent les mérites de la pauvreté, de la misère parce qu'elle oblige à se tourner vers Dieu et que paradoxalement elle éloigne de la cupidité et des mauvais sentiments terrestres. Etre pauvre en étant musulman, cela pouvait être une fierté et longtemps les entrepreneurs musulmans étaient vus comme des profiteurs, des gens loin de la religion. Exclus de la dimension de l'humilité et de la sagesse inhérentes à la pauvreté, ils ont flirté avec le Diable et cela n'est pas étrnger en tant que cause à la propagation de la corruption et des mauvais usages de l'argent dans le monde arabo-musulman. C'est une étude à faire, une problématique à poser.

Revisiter les hadiths qui corroborent cette promotion de la pauvreté au détriment de la richesse a permis de comprendre qu'un musulman riche n'était pas un apostat avéré et que le domaine de l'économie pouvait au contraire aider les musulmans à reconquérir ce qu'ils ont perdu. Les hadiths en question vont donc être réhabilités dans de nouvelles interprétations et l'on va faire la promotion des hadiths qui imposent à l'homme de travailler pour créer sa richesse et la rendre à Dieu par des actions religieuses. Voilà, cet exemple montre que les hadiths s'adaptent à nos besoins et qu'on en fait un peu ce qu'on veut parce qu'on n'a pas élaboré un canon du hadith qui le protège de ces manipulations. C'est cela que nous devons faire.

Citation:
C’est le fait que la plupart des interprétations du Coran sont fondées sur des hadiths. Par conséquent, si on veut trouver l’interprétation la plus fidèle possible du Coran, il faudra l’étudier avec un minimum de données exogènes, et en s’appuyant au maximum sur les autres versets du Coran.


Voilà justement pourquoi le commentaire du Coran s'impose avant la reformulation des sciences du hadith. Ce n'est pas un groupe d'hommes qui travaillera là-dessus, ce sont des générations auxquelles il faut attribuer un point de départ concret.

Citation:
En fait, il faudrait rassembler tous les hadiths existants dans une grande base de données. Avec l’original en Arabe et si possible une traduction en anglais. Il faut y mettre tous les hadiths, y-compris ceux qui font partie des compilations qui ont été rejetées, ou ceux qu’on peut trouver dans les ouvrages de Suyuti ou autres. Il ne faut pas oublier d’y inclure ceux qui ont été récupérés par des historiens comme Tabari.
Il faut associer à chaque hadith sa chaine de narration. Il faut qu’on puisse, en interrogeant la base, connaitre tous les hadiths transmis par tel narrateur, ainsi que les compilations dans lesquelles on les retrouve. Il faut aussi créer un concept de nouvelle, car une même nouvelle peut figurer dans plusieurs hadith, avec des détails différents. Il faut aussi associer à chaque hadith les commentaires qui lui ont été faits par les traditionnistes. Et plein d’autres choses…
Et il faut mettre cela à disposition de tout le monde via internet, afin que tous les chercheurs puissent interroger cette base et travailler dessus.


Oui, pour faire tout cela, il faut trouver des investisseurs car personne n'acceptera de le faire bénévolement en surplus de son propre travail. Trop long, trop complexe, c'est un travail à temps plein. Pour avoir un investisseur, il faut évaluer un budget et puis surtout recruter des personnes pour le faire à temps plein. S'il pouvait exister une structure qui n'accomplirait que ce travail, ce serait une bonne chose mais nous sommes loin d'y être parce qu'il faut définir les nouveaux canons sur lesquels vont se baser les méthodologies employées, que toutes les personnes qui s'associeront pour le faire devront discuter très longtemps avant de tomber d'accord sur ce critère méthodologique. mais il faut le faire en effet.
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Ven 2 Mar - 22:32

Salaam

[quote=Talib]
L'Islam est une religion globale, sociale et spirituelle donc la communauté musulmane se fixe sur une recherche scientifique qui admette ses trois fondements. Les hadiths ont fait la norme religieuse dont les croyants avaient besoin pour allier leur appartenance à la religion et à la vie sociale. De nos jours, ces considérations sont les mêmes. Du boucher au médecin, de la ménagère à la directrice d'un établissement scolaire, les musulmans, où qu'ils vivent ont besoin de ces normes socio-religieuses parce qu'elles sont à la base de leur identité.
[/quote]

Dans ce paragraphes les normes socioreligieuses et le role et places qu'y occupe les hadihs ne sont pas suffisement distingués a mon sens.
Que les Hadiths ait effectivement été utilisé et qu'il se soit imposé pour faire cette norme est un fait historique. Mais j'ai l'impression que ce fut le résultat d'une histoire post-prophetique. Je veux dire qu'on aurait bien pu hérité d'un role beaucoup plus humble des hadiths dans la définition de ces normes.

Je comprend qu'on considére acquis que Les normes socioreligieuses soient a la base des identités des sociétés musulmanes d'hier, d'aujourd'hui voir dans un court avenir.

Mais je ne suis pas sûr de la pérénité du role des hadiths dans la définition de ces normes.

De là j'introduit ma question à al-shajara (qui habituellement centre ses interventions et recherches sur le Coran) suite a sa proposition : A quelle fin devrait servir ces recherches et investissement dans les bases de données des hadiths ? Distinguer avec plus de certitude les hadiths historiquement authentique des autres ? Et puis aprés ? concretement ces paroles prononcées par le prophetes a quoi vont elles servire aujourd'hui selon toi ? Qu'est-ce qui change en définitive dans le rôle des hadtihs si ce n'est un nouveau corpus ?


[quote=Haz]
Je suis d'accord avec le principe énoncé, une science "idéologisée" du hadîth en fonction du Coran et de l'éthique musulmane mais songez bien à cet "éthos" ! Songez bien que si l'on applique aujourd'hui et ici une grille de lecture sur la perception que l'on a ou la défintion que l'on donne à l'éthique musulmane, à l'interprétation des versets du Coran, dans à peine dis ans ou à 10000km d'ici, elle sera balayée par une autre idéologie et par une autre interprétation.
[/quote]

Personnellement je considére ce phénoméne que tu décris comme un avantage. Dans le sens qu'une lecture supposément finalisée et définitive (ce serait le cas de celle qui affirme être indépendante de toute grille de lecture) fait courir le risque a la religion en entier d'etre balayée et non pas uniquement cette lecture.


Salaam
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Lun 5 Mar - 13:34

...................


Dernière édition par le Lun 5 Mar - 13:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Lun 5 Mar - 13:35

karimc a écrit:
Talib a écrit:
Essalem Aleikom


Dans un premier temps, la seule chose qui tranche, c'est l'adéquation entre le texte du hadîth et le texte coranique. La moindre contradiction ou abrogation du texte coranique par le hadîth doit être analysée avec précaution. Ce premier exercice est déjà très difficile.

A partir de là, n'importe quel hadîth même faible, même apocryphe peut être considéré comme valide. Car ce que nous recherchons, ce n'est pas la validation historique ou historiciste du hadîth, c'est son adéquation à l'éthique musulmane.


salam alikoum

A moins de ne pas avoir bien compris ce que tu dis, le passage que j'ai cité me choque énormèment, avec tout le respect que je te dois, je me permets de te dire en tout humilité que tout les récits apocryphe ne doivent pas être attribués au prophète car ce sont des paroles qui ne sont pas de lui meme si ces paroles correspondent à l'éthique musulmane, les utiliser comme paroles de sagesse dans un but spirituel ok mais ne pas les attribuer au prophète car c'est un mensonge et c'est contre l'éthique musulmane. La redéfinition des sciences du hadiths devrait justement à justement leur enlever leur "titre de hadith" sans pour autant les éliminer de la tradition musulmane.

Autre point mais peut être que je me trompe aussi allah aalam veuillez me reprendre si c'est le cas mirci, d'apres mes connaissances (extremement et malheuresement limitées)le hadith n'abroge pas les versets du coran il vient les expliquer ou les completer si les souvenir sont bon il y'a une parole prophètique qui dit que si un hadith et un verset sont en contraditcion alors il faut délaisser le hadith. Je sais que je ne fais vraiment pas le poidsmais cela me tenait trop à coeur pour pouvoir ignorer ce passage. ( c'est avec plaisir que j'attends que l'on m'explique si je me suis trompé et que l'on m'éclaircisse
.
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Talib
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Lun 12 Mar - 0:16

Citation:
Dans ce paragraphes les normes socioreligieuses et le role et places qu'y occupe les hadihs ne sont pas suffisement distingués a mon sens.
Que les Hadiths ait effectivement été utilisé et qu'il se soit imposé pour faire cette norme est un fait historique. Mais j'ai l'impression que ce fut le résultat d'une histoire post-prophetique. Je veux dire qu'on aurait bien pu hérité d'un role beaucoup plus humble des hadiths dans la définition de ces normes.

Je comprend qu'on considére acquis que Les normes socioreligieuses soient a la base des identités des sociétés musulmanes d'hier, d'aujourd'hui voir dans un court avenir.

Mais je ne suis pas sûr de la pérénité du role des hadiths dans la définition de ces normes.



On peut tenter de penser la chose en question et dire que les hadiths sont à bannir de la vie socio-religieuse des musulmans, pourquoi pas ? Mais c'est une utopie. Ce n'est pas de savoir ce que les musulmans font des hadiths qui est important, c'est de savoir comment les hadiths arrivent à eux et le plus généralement, cette transmission se fait par des canaux indirects : les sermons des imam-s dans les mosquées, les émissions télévisées arabophones sur Iqra et d'autres chaînes, les livres de vulgarisation religieuse, les attitudes respectives des musulmans qu'on cotoie et d'autres canaux encore. Le hadith imprègne la vie du croyant sans que le croyant ne soit forcément véritablement conscient de cette imprégnation. Le ban des hadiths semble difficile à envisager dans un contexte de si forte imprégnation. De là vient le principe de réforme des sciences du hadiths en fonction d'une éthique musulmane la plus générale possible. Bien sûr, Haz n'a pas tort, il n'y aura pas qu'une seule grille de lecture, il y en aura toujours plusieurs. Nous n'avons qu'un rôle parmi d'autres mais jusqu'à présent, nous refusons de le tenir si bien qu'un vide réflexif se crée et par la même occasion, un vide d'idéal de lecture des hadiths par les musulmans auprès desquels nous avons tous une responsabilité.
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Lun 12 Mar - 0:19

Citation:
salam alikoum

A moins de ne pas avoir bien compris ce que tu dis, le passage que j'ai cité me choque énormèment, avec tout le respect que je te dois, je me permets de te dire en tout humilité que tout les récits apocryphe ne doivent pas être attribués au prophète car ce sont des paroles qui ne sont pas de lui meme si ces paroles correspondent à l'éthique musulmane, les utiliser comme paroles de sagesse dans un but spirituel ok mais ne pas les attribuer au prophète car c'est un mensonge et c'est contre l'éthique musulmane. La redéfinition des sciences du hadiths devrait justement à justement leur enlever leur "titre de hadith" sans pour autant les éliminer de la tradition musulmane.


Oui, c'est un bon point.

Citation:
Autre point mais peut être que je me trompe aussi allah aalam veuillez me reprendre si c'est le cas mirci, d'apres mes connaissances (extremement et malheuresement limitées)le hadith n'abroge pas les versets du coran il vient les expliquer ou les completer si les souvenir sont bon il y'a une parole prophètique qui dit que si un hadith et un verset sont en contraditcion alors il faut délaisser le hadith. Je sais que je ne fais vraiment pas le poidsmais cela me tenait trop à coeur pour pouvoir ignorer ce passage. ( c'est avec plaisir que j'attends que l'on m'explique si je me suis trompé et que l'on m'éclaircisse
.


Sur une somme de 180 000 hadiths, difficile de penser qu'aucun, absolument aucun ne contredise le coran directement ou indirectement. la classification des savants entraîne une déperdition de l'information mais un hadith faible est véhiculé et en général, il ne suit pas le texte coranique. Cependant, onl'accepte même dans sa faiblesse parce que le principe des sciences du hadith est de n'en rejeter aucun absolument. Le bénéfice du doute est toujours accordé, ce qui explique cette somme monumentale qui nous est parvenue.
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Mar 13 Mar - 18:16

Salaam

Haz a écrit:

Autre point fondamental dans l'étude moderne du hadith, c'est la prise en compte des terminologies contenues dans le hadith meme. Les termes utilisés dans les retranscriptions permettent bien souvent de savoir si le hadith est apocryphe ou non. Notons bien que cette procédure analytique éloigne totalement l'idée de vérification du hadith par la chaine de transmission qui, dans les sciences modernes, ne sont pas suffisantes pour vérifier l'authenticité du matn.

Voilà déjà deux points qu'il serait bien utile de mettre en débat. Qu'en pensez-vous sabyliens ?


A ma connaissance il est admis qu'une large portion des Hadiths véhiculés et transcrits dans les recueils ne l'est pas selon les termes originaux du prophéte. Si je ne m'abuses, on appel cela la transmission par le sens du propos (an-naql bilma3na) et avec la formulation du transmetteur. Trés peut d'écoles classique à ma connaissance ont soulevé des réserves pour ce genre de transmission.
Par contre on rapporte que Abu Hanifa refusait d'user de ce genre de récits pour dériver des regles du Fiqh.
C'est aussi pour cette raison que certains exige que le transmetteur soit un Faqih (un fin lettré qui posséde l'intélligence des Textes). Pour justement minimiser le risque qu'il travestisse le sens voulu par la source (le prophete) en reformulant a sa guise le propos entendu.
Je croit que ce genre de hadiths sont trés répondus et il est trés difficile de les distinguer des autres (rapportés verbatim). C'est surement pour cela que les linguistes (qui ont définit le nahw et la balagha) usent volontier de la poésie préislamique (et biensur du Coran) mais jamais des Hadiths quelque soit leur origine.

Bref c'est juste pour dire qu'une telle méthode risque de faire des coupes franches dans les Hadiths reconnus de nos jours.

Salaam
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al-shajara
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Jeu 15 Mar - 18:19

Haz a écrit:


Je suis d'accord avec le principe énoncé, une science "idéologisée" du hadîth en fonction du Coran et de l'éthique musulmane mais songez bien à cet "éthos" ! Songez bien que si l'on applique aujourd'hui et ici une grille de lecture sur la perception que l'on a ou la défintion que l'on donne à l'éthique musulmane, à l'interprétation des versets du Coran, dans à peine dis ans ou à 10000km d'ici, elle sera balayée par une autre idéologie et par une autre interprétation.

D'autre part, chercher absolument la cohésion entre un hadith et un verset coranique en fonction donc d'une interprétation fixée du hadith et du verset en question, comment appelez-vous cela sinon du littéralisme ? Comment peut-on mettre fin au littéralisme tout en prônant une lecture qui s'avère être littéraliste. On laisse tomber le modelage et on s'attache au texte ? Ca n'a pas de sens ? C'est tout aussi dangereux que la vulgarisation actuelle parce que vous pensez bien qu'il n'y aura pas canonisation de votre grille de lecture et que sans doute, les ethos différents de chercheurs différents conduiront à l'établissement de différents corpus avec différents types de cohésion sémantique entre coran et hadïth. Vous voyez tout le problème ?


Oui, aujourd’hui, l’ethos, les valeurs, l’esprit, les finalités (maqasid) du Coran, tout cela est très mal défini. Il y a eu très peu de travaux approfondis là-dessus, et le thème n’est pas très populaire.

La raison de cela, a mon avis, est que le fait d’ajouter, en tant que sources de l‘Islam, au Coran de multiples hadith qui n’en corroborent pas forcément le message, a rendu le sens profond du Coran très difficile à décrypter. Les hadith ont apporté tellement de confusion qu’il est maintenant difficile d’y voir clair quant aux finalités de l’Islam. Le discernement des musulmans a été complètement perturbé, et ils sont nombreux aujourd’hui à ne pas savoir faire la différence entre l’eternel et le traditionnel, entre l’essentiel et l’accessoire.

C’est pourquoi il faut, pour se libérer de toutes les déformations apportées par le temps, s’efforcer de repartir de repartir de zéro en réinterprétant le Coran sans utiliser les hadith.

Alors, évidemment, ce faisant, on ouvre un peu la boite de Pandore. Certaines conceptions dont on avait appris à se satisfaire seront sans doute remises en question. Il y aura des débats peut-être inattendus sur les sens de mots tels que iman, muslim, deen, masjid, salat, jinn, malaika, taqdir, riba, etc..…

Mais cette voie est, a mon avis, la seule possible pour retrouver le véritable sens du Coran, et finalement, se mettre en position de se réformer soi-même, puis de réformer le monde dans la voie de Dieu (cf http://www.quraninstitute.org/archives/2005/04/empowerment_thr.html).

Paix sur vous
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Ven 16 Mar - 17:11

Salam Talib,

Talib a écrit:

Je cite un exemple, cela aidera peut-être : plusieurs hadiths louent les mérites de la pauvreté, de la misère parce qu'elle oblige à se tourner vers Dieu et que paradoxalement elle éloigne de la cupidité et des mauvais sentiments terrestres. Etre pauvre en étant musulman, cela pouvait être une fierté et longtemps les entrepreneurs musulmans étaient vus comme des profiteurs, des gens loin de la religion. Exclus de la dimension de l'humilité et de la sagesse inhérentes à la pauvreté, ils ont flirté avec le Diable et cela n'est pas étrnger en tant que cause à la propagation de la corruption et des mauvais usages de l'argent dans le monde arabo-musulman. C'est une étude à faire, une problématique à poser.

Revisiter les hadiths qui corroborent cette promotion de la pauvreté au détriment de la richesse a permis de comprendre qu'un musulman riche n'était pas un apostat avéré et que le domaine de l'économie pouvait au contraire aider les musulmans à reconquérir ce qu'ils ont perdu. Les hadiths en question vont donc être réhabilités dans de nouvelles interprétations et l'on va faire la promotion des hadiths qui imposent à l'homme de travailler pour créer sa richesse et la rendre à Dieu par des actions religieuses. Voilà, cet exemple montre que les hadiths s'adaptent à nos besoins et qu'on en fait un peu ce qu'on veut parce qu'on n'a pas élaboré un canon du hadith qui le protège de ces manipulations. C'est cela que nous devons faire.



Il se pourrait que je ne sois pas totalement dans le sujet mais en lisant ce passage je me suis posé une question. Ne pourrions-nous pas dire finalement que, à l'image d'une grammaire, les hadiths n'ont de sens qu'en tant qu'ils s'inscrivent dans un système? C'est ainsi qu'ils trouvent une légitimité au sein même de ce réseau de signification. Les hadiths entrent dés lors dans un rapport de perpétuelle régulation de façon à ce que chacun fasse contre-poid par rapport aux autres. C'est peut-être après uniquement le contexte socio-historique du milieu, voire psyhologique de la personne, qui poussera à polariser ce système vers tel ou tel hadith. C'est-à-dire, primauté de X mais n'oublions pas que Y, et dans un autre temps et autre contexte, primauté de Y mais n'oublions pas que X.

Si le droit est une forme de syntaxe corporelle, chaque hadith fonctionne alors comme une règle de grammaire n'ayant de sens que dans la marge de relativisation nécessaire du aux autres règles, cette auto-régulation du corps d'enseignements assurant alors l'équilibre du tout. Dés lors, ce qu'on pourrait appeler des contradictions entre les hadiths assurent selon moi cette régulation, qui empêche le tout de se figer de façon dogmatique. Il faudrait peut-être alors aborder les hadiths moins comme une doctrine fermée sur elle-même que comme un processus de perpétuelle remise en question de soi.

D'ailleurs, on retrouve ces mêmes procédés de relativisation et de contre-poid dans le Coran, non pas au sein du système mais sous forme de relativisation même de ce système qu'est le dogme. Le Coran décrira longuement tous les délices du paradis de façon à ce que tout cela fasse sens. Mais il rappelera presque de façon anodine que tout cela reste inimaginable, inconcevable, empêchant alors la dogmatisation de ces descriptions. De même le Coran décrira longuement que certaines choses sont bien et d'autres mal, en rappelant rapidement qu'avec le bien est le mal et qu'avec le mal est le bien. Souvent le Coran crée un système qui semble autonome et cohérent pour ensuite le relativiser par une forme de contre-pieds...

D'ailleurs en parlant du Coran, je pensais à autre chose. On lit souvent qu'un critères d'authentification des hadiths est de voir s'ils ne sont pas en contradiction avec le Coran. Cet idée me semble un peu redondante dans la mesure où l'idée même de la nécessité des hadiths vient du fait que le Coran demeure vague voire ambigu sur de nombreuses questions, sans parler de l'idée de niveaux de sens cachés... Il ne me semble pas très cohérent de dire qu'un hadith doit être conforme au Coran pour être accepté alors que justement le hadith est sensé dire ce que le Coran ne dit pas ouvertement.

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al-shajara
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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Lun 19 Mar - 16:49

Talib a écrit:

Essalem aleikom

Citation:
Cela dit, vous m’avez surpris, puisque je pensais votre démarche uniquement scientifique. J’aurais pensé que, pour vous, la véracité d’un hadith n’aurait dépendu que des conclusions d’une analyse historique idéologiquement neutre.
En êtes-vous arrivé à la conclusion qu’une telle approche ne permettait d’en valider aucun, et que, par conséquent, seule une approche idéologique (fondée sur le Coran) pouvait permettre de faire de tri ?


Ce n'est pas une conclusion d'une démarche réflexive préalable. C'est une pensée qui s'impose à tout musulman. Il y a l'histoire et il y a la croyance. Entre les deux il y a une communauté et elle a besoin de réponses. Le travail des transmetteurs durant la période islamique médiévale ne répondait qu'à la volonté de donner une satisfaction aux musulmans qui cherchaient des réponses en adéquation avec leurs valeurs religieuses. L'Islam est une religion globale, sociale et spirituelle donc la communauté musulmane se fixe sur une recherche scientifique qui admette ses trois fondements. Les hadiths ont fait la norme religieuse dont les croyants avaient besoin pourallier leur appartenance à la religion et à la vie sociale. De nos jours, ces considérations sont les mêmes. Du boucher au médecin, de la ménagère à la directrice d'un établissement scolaire, les musulmans, où qu'ils vivent ont besoin de ces normes socio-religieuses parce qu'elles sont à la base de leur identité.

Ils peuvent très bien avoir "besoin" de hadiths comme d’autres auraient "besoin" d’opium, cela ne suffit pas à établir que la satisfaction de leur besoin de repères ait légitimité à être effectuée par des hadiths.
Le besoin en question pourrait très bien être satisfait par les travaux d’une nouvelle génération de oulamas (sages / savants / scientifiques / philosophes) qui auraient réfléchi en profondeur au sens profond et aux finalités du message divin.
Talib a écrit:


Etudier les chaînes de transmission pour valider ou invalider un hadith a déjà été fait par nos précurseurs médiévaux. Ils l'ont fait ainsi parce que, à leur époque, la définition de la displine des sciences s'inscrit dans ce paradigme et pas dans un autre.

Oui, mais l’ont-ils fait correctement ?
J’en doute, dans la mesure où, par manque d’informations (ils n’avaient pas le net !), ils ne pouvaient pas tout connaitre.
En outre, le jugement de l’authenticité des hadiths est souvent basé sur le jugement de la fiabilité de ses transmetteurs (celui-ci est pieux, OK ; celui-là est un menteur, pas OK), ce qui est pour le moins subjectif.
Talib a écrit:

De nos jours, ce paradigme est insuffisant et nous devons réévaluer les hadîths selon de nouvelles normes de cohabitation des croyants avec des non-croyants dans un espace appelé généralement la mondialisation.

Alors là, je crois bien que vous mélangez tout.

Oui, nous vivons aujourd’hui dans un contexte totalement différent de celui dans lequel a vécu le prophète Muhammad il y a 15 siècles.

On voit bien que le Coran est ancré dans son contexte historique. Il apporte des réponses aux problèmes de son temps. On en a un bon exemple avec le verset [2 :282]. Il y est question des transactions telles qu’elles étaient pratiquées à l’époque. Aujourd’hui, les transactions sont beaucoup plus diverses et complexes.

Finalement, si on note
- Hm = le contexte historique de l’époque de Muhammad
- M = le message divin, dont un muslim croit à l’intemporalité et à l’universalité
- Rm = le message révélé à Muhammad, le Coran
Alors on peut écrire :
Rm = Hm * M

De la même façon, avec
- Hj = le contexte historique de l’époque de Jésus
- Rj = le message révélé a Jésus
On devrait pouvoir écrire :
Rj = Hj * M

La première difficulté est de séparer, au sein du Coran, Hm et M, c’est-a-dire, y séparer le contexte historique Hm, et les normes divines, intemporelles et universelles (M), qui y sont appliquées.

Pour Hm, dans le cas de [2 :282], il faudrait décrire précisément quel était le type de contrat que les gens passaient entre eux, quels étaient les renseignements portés par écrit, ou qui étaient les scribes …
C’est le travail des historiens ; ils peuvent s’appuyer pour cela sur les hadith, à condition d’être aussi prudents que possible, mais aussi et surtout sur des parchemins retrouvés par des archéologues, ou sur les reconstructions effectuées par les anthropologues sociaux de la vie à l’époque.
De là, M, ce sont les normes divines : le fait qu’il faille solliciter un scribe pour mettre à l’écrit la transaction, le fait d’appeler des témoins, etc…

Ensuite, il faut, afin de simplifier la lecture de M, c’est-à-dire, en mettre en évidence les composantes principales. Je ne vais pas me hasarder à l’écrire mathématiquement, mais, en gros, il s’agit de mettre en exergue les différentes valeurs portées par le message divin. Dans le cas du verset en question, je pense que les soucis d’équité et d’honnêteté sont prépondérants ; il y a aussi le principe visant à mettre par écrit les choses devant témoin afin d’éviter les contestations.

Je vais aussi montrer pourquoi le fait de ne se baser que sur le Coran est fondamental pour ne pas faire dériver du Coran de mauvais principes.
Ici, si on utilise les hadith, on déduira du fait qu’il faut 2 témoins femmes le principe selon lequel la femme est inférieure en intelligence. (cf ici et ).
Mais par contre, si on se base sur le Coran uniquement, alors on ne pourra accepter ce principe dégradant pour les femmes (dans les versets [24 :6-9], le témoignage d’un homme est strictement égal au témoignage de la femme), et on cherchera d’autres explications ; du type :
- la femme devant généralement jouer le rôle de mère de famille, elle est susceptible d’avoir moins d’expérience dans les transactions commerciales ou financières, et donc, de se tromper plus facilement qu’un homme dans les modalités techniques du contrat ;
- ou encore, l’une des femmes pourrait par la suite devenir l’épouse de l’une des contreparties, et par conséquent, ne plus être neutre dans son jugement.

Enfin, une fois qu’on correctement réinterprété le Coran, et qu’on a mené une réflexion de fond sur les valeurs qui y sont prônées, alors on est capable d’appliquer ces valeurs dans notre vie de toutes les jours, et de contribuer à les défendre dans la société dans laquelle on vit.

Les hadiths ne doivent pas servir dans ce processus. L’intérêt des hadiths est de nous informer sur l’histoire du prophète Muhammad et de ses successeurs. Il faut sélectionner parmi ces hadiths ceux qui sont compatibles avec le message du Coran tel qu’on vient de le réinterpréter.
Typiquement, si un hadith nous présente le prophète entrain de décrire les femmes comme étant inférieures en intelligence et en religion, alors il faut le rejeter. Il faut se dire que ce hadith a dû être inventé par des hommes qui auraient préféré que le Coran ne donne pas autant de dignité et de respectabilité aux femmes.

Mais, cette sélection étant faite, il est important de noter que les hadiths n’ont pas de valeur ajoutée (en termes d’aide au discernement) par rapport au Coran, dans la mesure où ils le corroborent totalement.

Talib a écrit:

Cette question-là ne se posait pas ainsi à nos précurseurs mais aujourd'hui nous nous la posons et nous avons besoin de valeurs sûres, quand je dis "valeurs sûres", je parle de valeurs qui associent l'identité sociale à l'identité religieuse. La question des transmetteurs ets un domaine profane, peu intéressant pour le croyant ordinaire qui cherche à concilier dans sa vie des éléments culturellement antagonistes.

Je cite un exemple, cela aidera peut-être : plusieurs hadiths louent les mérites de la pauvreté, de la misère parce qu'elle oblige à se tourner vers Dieu et que paradoxalement elle éloigne de la cupidité et des mauvais sentiments terrestres. Etre pauvre en étant musulman, cela pouvait être une fierté et longtemps les entrepreneurs musulmans étaient vus comme des profiteurs, des gens loin de la religion. Exclus de la dimension de l'humilité et de la sagesse inhérentes à la pauvreté, ils ont flirté avec le Diable et cela n'est pas étrnger en tant que cause à la propagation de la corruption et des mauvais usages de l'argent dans le monde arabo-musulman. C'est une étude à faire, une problématique à poser.

Revisiter les hadiths qui corroborent cette promotion de la pauvreté au détriment de la richesse a permis de comprendre qu'un musulman riche n'était pas un apostat avéré et que le domaine de l'économie pouvait au contraire aider les musulmans à reconquérir ce qu'ils ont perdu. Les hadiths en question vont donc être réhabilités dans de nouvelles interprétations et l'on va faire la promotion des hadiths qui imposent à l'homme de travailler pour créer sa richesse et la rendre à Dieu par des actions religieuses. Voilà, cet exemple montre que les hadiths s'adaptent à nos besoins et qu'on en fait un peu ce qu'on veut parce qu'on n'a pas élaboré un canon du hadith qui le protège de ces manipulations. C'est cela que nous devons faire.

Ici, vous posez une problématique intéressante.

Le Coran demande aux musulmans ne se pas se laisser dominer par les autres et de se défendre. Mais quel sens donner à cela dans le contexte d’une guerre économique ?

Faut-il jouer le jeu de l’occident, au risque de tomber dans le piège du matérialisme et de l’individualisme ?
Ou faut-il maintenir la tradition quitte à se faire "bouffer" par les autres ?
Existe-t-il une "troisième voie" ?

On est là en face d’une problématique des plus intéressantes…
Talib a écrit:


Citation:
C’est le fait que la plupart des interprétations du Coran sont fondées sur des hadiths. Par conséquent, si on veut trouver l’interprétation la plus fidèle possible du Coran, il faudra l’étudier avec un minimum de données exogènes, et en s’appuyant au maximum sur les autres versets du Coran.


Voilà justement pourquoi le commentaire du Coran s'impose avant la reformulation des sciences du hadith. Ce n'est pas un groupe d'hommes qui travaillera là-dessus, ce sont des générations auxquelles il faut attribuer un point de départ concret.


OK.
Mais rassurez-vous, il y a déjà du monde qui travaille dessus…
Talib a écrit:


Citation:
En fait, il faudrait rassembler tous les hadiths existants dans une grande base de données. Avec l’original en Arabe et si possible une traduction en anglais. Il faut y mettre tous les hadiths, y-compris ceux qui font partie des compilations qui ont été rejetées, ou ceux qu’on peut trouver dans les ouvrages de Suyuti ou autres. Il ne faut pas oublier d’y inclure ceux qui ont été récupérés par des historiens comme Tabari.
Il faut associer à chaque hadith sa chaine de narration. Il faut qu’on puisse, en interrogeant la base, connaitre tous les hadiths transmis par tel narrateur, ainsi que les compilations dans lesquelles on les retrouve. Il faut aussi créer un concept de nouvelle, car une même nouvelle peut figurer dans plusieurs hadith, avec des détails différents. Il faut aussi associer à chaque hadith les commentaires qui lui ont été faits par les traditionnistes. Et plein d’autres choses…
Et il faut mettre cela à disposition de tout le monde via internet, afin que tous les chercheurs puissent interroger cette base et travailler dessus.


Oui, pour faire tout cela, il faut trouver des investisseurs car personne n'acceptera de le faire bénévolement en surplus de son propre travail. Trop long, trop complexe, c'est un travail à temps plein. Pour avoir un investisseur, il faut évaluer un budget et puis surtout recruter des personnes pour le faire à temps plein. S'il pouvait exister une structure qui n'accomplirait que ce travail, ce serait une bonne chose mais nous sommes loin d'y être parce qu'il faut définir les nouveaux canons sur lesquels vont se baser les méthodologies employées, que toutes les personnes qui s'associeront pour le faire devront discuter très longtemps avant de tomber d'accord sur ce critère méthodologique. mais il faut le faire en effet.

OK.
En ce qui concerne la méthodologie, il faut modéliser la base de manière à ce que chacun puisse travailler suivant ses propres critères.

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MessageSujet: Re: Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?   Mar 20 Mar - 0:47

Bonsoir,

Les hadiths sont vraisemblablement propres au contexte historique du 7ième siècle. Le Message divin est universel et dépasse les cultures dans le sens où Il ne doit pas être une contrainte à la diversité des cultures...au vivre ensemble.
Nous avons ici en France l'opportunité, grace notamment à la promotion d'un modèle Laique et donc de neutralité sur toute distinction à caractère communautaire, de contribuer à l'instauration du Message divin du vivre ensemble, non pas par la distinction vestimentaire mais par l'élévation de l'humain (l'éducation spirituelle et l'apprentissage du savoir être), l'engagement (l'action) qui permet à l'être humain d'acquérir de l'expérience et donc tirer profit de ses echecs et ses succès pour ainsi gouter au sagesses du Divin pour le bonheur de la seule communauté qui est celle de l'être humain...
j'ai comme même les pieds sur terre en me disant que ce n'est certainement pas notre génération ni même celles de nos enfants qui verront le fruit d'un système (deen) où black, blancs, beur "juifs, chretiens et musulmans" travailleront ensemble vers la même et seule direction (qibla), c'est à dire Dieu, bien que Lui seul sait...

D'ailleurs ne vous-êtes vous jamais posé la question pourquoi depuis des milliers d'années ce système n'a jamais été appliqué et illuminé le monde?

Le Message d'Abraham, de Jesus et de Mohammed (pour ne citer qu'eux) est le même. Le défi qui est le notre est de le faire ressortir des influences contextuelles et de le rendre harmonieux à la mondialisation et tout ce que cela implique tout en prenant soin de conserver en intégralité l'authenticité du Message, c'est à dire sans Le trahir.

Mais là où il faut creuser, me semble-t-il, c'est dans la restauration du Message divin (Lois et Normes divines) en faisant une distinction entre les versets qui "nous parlent pas directement à nous" c'est à dire qui étaient propre aux contemporains de Mohammed et ceux qui sont des signes du Vivant, de l'Eternel.

La paix soit sur vous!
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Doit-on reformuler la définitiondes sciences du hadith ?

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