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 Pourquoi prier et invoquer en arabe ?

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Agone
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MessageSujet: Pourquoi prier et invoquer en arabe ?   Mer 6 Déc - 0:31

Que la paix soit sur vous !

Tout est dans le titre ! (Et c'est un bon moyen de poursuivre notre discussion sur l'universalité du message divin...)
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Safiyya
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MessageSujet: Re: Pourquoi prier et invoquer en arabe ?   Mer 6 Déc - 6:49

assalam 'aleykoum

je me pose également la question quant à l'obligation de l'arabe, mais j'aime cette langue, et je me dis surtout que de traduire le Coran comporte des risques d'erreurs importants, et donc p-ê une prière invalide, etc.

Je sais aussi que nos savants musulmans ont évoqués plusieurs raisons (que je n'ai pas sousla main). Je tacherai d'apporter + de réponses demain inchaAllah.

assalam 'aleykoum

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J'ai laissé mes armes à l'entrée....
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inji
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MessageSujet: Re: Pourquoi prier et invoquer en arabe ?   Mer 6 Déc - 13:32

Agone a écrit:
Que la paix soit sur vous !

Tout est dans le titre ! (Et c'est un bon moyen de poursuivre notre discussion sur l'universalité du message divin...)


Salam,

Cette question me vient souvent à l'esprit en ce moment. C'est intéressant de parler de ça, merci.
Je pense que ça renvoye au statut de la langue arabe.

Il faudrait dans un premier temps distinguer la prière de l'invocation dans ce questionnement, même si la prière est une forme d'invocation "ritualisée" (j'entends par là, avec ses règles propres)

La prière en tant que pilier de l'islam - les 5 piliers étant les seuls éléments du culte sur lesquels tous les musulmans sont d'accord unanimement - est faite en arabe obligatoirement, partout et pour tous, à ma connaissance (je serais vachement étonnée si c'est pas le cas à un certain endroit, mais je compte sur vous pour le dire, ce serait intéressant). Est-ce qu'il y a eu des discussions là-dessus ? (Je pense qu'en fait, c'est ça ta question) Je n'en sais rien, il faudrait faire une histoire de la traduction du Coran silent pour répondre. En tout cas, le Coran et la tradition prophétique sont clairs sur l'utilisation de la langue arabe dans le culte (je détaille plus bas); ça ne signifie pas pour autant - je pense - qu'il faille accorder une valeur primordiale à la langue arabe de manière générale, c'est cette absence de nuance qui pose vraiment problème je pense, qui fait par exemple qu'on en vient à se demander si le Coran ne s'adresse pas uniquement aux Arabes, qu'on met en avant son "arabité" en tant que musulman en oubliant par exemple que les 6 principaux rapporteurs de ahâdîth (Al-Boukhâri, Muslim, Abou Daoud, At-Tirmîdhi, Ibn Majah, An-Nassâ'î) ne sont pas Arabes.
Evidemment, avec le temps et la diffusion de l'islam, la langue arabe a acquis une sacralité plus forte, à tel point qu'on met en avant la suprématie de cette langue par rapport aux autres (exemples : pour certains, l'arabe sera la langue parlée au Paradis, l'utilisation de termes arabes par des musulmans non-arabophones est devenue une nécessité, du moins une préférence, on ne sait trop sur quelles bases textuelles est fondé ce raisonnement, etc...)

L'invocation en revanche peut tout à fait être dite dans une autre langue, même si sa probable "institutionnalisation" progressive (dont je parlais dans un autre fil) a crée des divergences sur le fait qu'il serait plutôt préférable d'invoquer Dieu en arabe (langue sacrée car langue du Coran), notamment (a fortiori) lorsque l'invocation est une "formule" issue du Coran (les 52 rabbanâ cf sur cette page ou les invocations des prophètes rapportées dans le Livre) ou même d'une tradition prophétique (cf fil sur les invocations dans Spiritualités).

Pour ce qui est de la prière, je ne sais pas trop ce que les théologiens disent là-dessus, donc cette réponse n'engage que moi.

A plusieurs reprises dans le Coran, il est écrit que le Livre a été révélé en langue arabe pour différentes raisons : unifier le message, ne pas en complexifier davantage la compréhension et puisque le Messager est ici arabe (comment pourrait-il sinon être compris par son peuple ?) :

"Nous l'avons révélé en [langue] arabe, afin que vous puissiez le comprendre" (S12/V2)
cf note dans l'essai de traduction de M.Chiadmi

"Ainsi, Nous t'avons révélé en ce Coran un code de sagesse en langue arabe. Si tu cèdes à leurs chimères, après la science que tu as reçue, tu ne trouveras plus ni soutien ni protecteur contre ton Seigneur" (S13/V37)

"Nous savons bien que les négateurs disent : "C'est un simple mortel qui l'instruit !". Mais celui qu'ils visent parle une langue étrangère, alors que ce Coran est en langue arabe bien claire" (S16/V103) cf note dans l'essai de M.Chiadmi

"C'est une révélation en langue arabe très claire * qui se trouvait déjà énoncée dans les anciennes Ecritures" (S26/V195-196)

"Révélé en langue arabe, ce Coran ne contient aucune équivoque. Peut-être seront-ils amenés à craindre le Seigneur" (S39/V28)

"Si Nous avions révélé ce Coran en une langue étrangère, on aurait objecté: "si au moins ces versets étaient clairs et intelligibles ! Comment ? Un Coran en (langue) étrangère pour un peuple arabe ?". Réponds-leur : "Ce Coran est un guide et un baume pour les croyants; seuls les négateurs quand il s'agit de ce Livre, font la sourde oreille et simulent l'aveuglement. C'est comme si l'appel qu'on leur lance venait de trop loin pour être entendu" (S41/V44)

"Avant ce Coran, il y a eu l'Ecriture de Moïse qui fut tout à la fois guide et une bénédiction. Et ce Coran confirme en langue arabe les Ecritures anciennes et constituent un avertissement ceux qui font preuve d'injustice et une bonne nouvelle pour les bienfaisants" (S46/V12)

Je m'arrête là, il y en a d'autres encore. Alors évidemment, lancés comme ça, ces versets semblent ne s'appliquer qu'au peuple du Messager. Mais ils sont en fait à mettre en relation avec d'autres versets, je pense notamment à ceux qui affirment que l'islam (au sens de "s'en remettre à la Volonté de Dieu") est la religion agréée par Dieu pour l'homme, que le Coran et le Messager de l'islam sont une miséricorde pour l'humanité toute entière (al-'âlamîn), etc...


D'autres versets montrent que le Coran est non seulement fait pour être compris, étudié, médité, mais aussi récité :

"Ton Seigneur sait, certes, que tu (Muhammad) te tiens debout moins de deux tiers de la nuit, ou sa moitié, ou son tiers. De même qu'une partie de ceux qui sont avec toi. Allah détermine la nuit et le jour. Il sait que vous ne saurez jamais passer toute la nuit en prière. Il a usé envers vous avec indulgence. Récitez donc ce qui [vous] est possible du Coran. Il sait qu'il y aura parmi vous des malades, et d'autres qui voyageront sur la terre, en quête de la grâce d'Allah, et d'autres encore qui combattront dans le chemin d'Allah. Récitez-en donc ce qui [vous] sera possible. Accomplissez la Salat, acquittez la Zakat, et faites à Allah un prêt sincère. Tout bien que vous vous préparez, vous le retrouverez auprès d'Allah, meilleur et plus grand en fait de récompense. Et implorez le pardon d'Allah. Car Allah est Pardonneur et Très Miséricordieux" (S73/V20)

"Et les négateurs de dire encore : "Pourquoi le Coran n'a t-il pas été révélé au Prophète d'une seule traite ?". Nous l'avons révélé ainsi pour raffermir ton coeur et afin qu'il soit soigneusement récité, * et de manière à ce qu'aucune question ne te soit posée par les impies sans que Nous t'en fournissions la vraie réponse et la meilleure explication" (S25/V33)

Ces versets sont à relier à ceux qui commandent la prière aux croyants. Je ne cite pas les versets en question, la prière est évoquée de nombreuses fois dans le Coran. Mais à part la direction, une petite description des ablutions, la posture de prosternation (As-Soujoûd) et la posture debout (Al-Qiyâm) - corrigez-moi si jme plante - sa mise en forme complète est précisée par la tradition prophétique (avec bien entendu des divergences sur des points de détails qui ont émergé avec le temps, notamment entre les écoles de jurisprudence)

Il y a en gros deux aspects dans le Coran, qui ne se contredisent pas d'ailleurs (même si on insiste trop souvent sur l'un en négligeant l'autre) : d'une part, une parole sacrée/sacralisée, la parole de Dieu universelle (et c'est cet aspect-là des anciennes Ecritures - Thora, Evangiles, etc... - en lequel le musulman croit aussi, il ne faut pas l'oublier) et d'autre part, une parole "mise sur papier" (le Livre en tant que livre quoi) à travers le dispositif langagier d'un être humain (et donc aussi mais dans une autre mesure un contexte historique, politique, social, etc...), le Prophète (ça n'est donc pas universel au sens où tu l'expliquais dans l'autre fil, mais est-il de toute façon humainement possible de faire autrement ? Je crois que non comme disait Bounous. Le Coran reste malgré tout - selon moi - universalisant). La prière (comme pilier du culte) en langue arabe confond les deux aspects. Et en cela, la littérarité spécifique du texte coranique (syntaxe, "rimes", métrique, etc...en tant que texte 'incantatoire', sacré) - qu'on ne retrouverait pas si l'arabe était traduit dans une autre langue bien entendu mais ce serait pareil si le Coran avait été révélé en français - joue un rôle important dans l'uniformisation du culte.

Bon...je ne réponds pas vraiment à la question avec tout ça Rolling Eyes mais ces digressions sont importantes je trouve.

C'est fouilli, désolée, mais j'ai speedé.
Qu'en pensez-vous ? Je ne fais que chercher. Jpense que ma réponse va créer une tonne de questions...ou de coups de bâtons Embarassed

salam


Dernière édition par le Jeu 7 Déc - 21:55, édité 2 fois
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itinerant
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MessageSujet: Re: Pourquoi prier et invoquer en arabe ?   Mer 6 Déc - 23:16

Salut

A mon avis il faut distinguer deux parties dans ce débat, particulierement la question de la priere rituelle :

- La récitation rituelle du Coran en langue arabe
- Le reste (les invocations entre autres) de la priere rituellle

Diriger ou restreindre le débat uniqument au premier point, meme s'il est central et constitutif de la priere rituelle, risque de l'amener a des positions/sujets historiquement polémiques. Je rappelle que la langue du Coran et la nature du Coran crée-incrée (de toute eternité) fut la cause de polémiques et débats passionnel dés le début de l'élaboration de la pensée islamique.

Un autre point fondamental que rejoint ce débat (et qui aide à comprendre ou expliquer l'Histoire des avis du Fiqh musulmans quand a cette question) c'est une regle à la base du Fiqh (je ne sait qui l'a élaboré en premier et comment elle devint objet de concensus, semble-t-il, par la suite) qui est a la base de pratiquement tous les avis normatifs fiqhique au sujets du culte. Cette regle divisent les sujets qu'aborde le Mufty en deux catégories : Le Rituel du Culte et le reste des actes (relationnel) du musulmans (Al-'ibadaat versus Al-mu3amalaat). Et précise que pour la catégorie des actes non cultuel, tout est de nature permise à l'origine sauf ce qui fut interdit (Haraam) par un Texte Fondateur (Coran, Sunna). Quand aux actes rituels c'est l'inverse : Tout est interdit (Haraam) sauf ce qui est permit/établit par un Texte Fondateur (Coran, pratique du prophete ou ce qu'il aurait, explicitement ou implicitement, agrée).
Ceci veut dire, dans le cas qui nous interesse, que si le prophete ou ses compagnons n'ont jamais fait la priere rituelle en chinois (ou toute autre langue que l'arabe), les Moufty ne devraient jamais (au vu de cette regle) autoriser une telle priere et la considérer meme comme Haraam/Interdite.

Désolé de passer en coup de vent et de ne pas avoir d'autre élements pour enrichir le débat.

Salut

Ps: Si quelqu'un connait des pistes ou des sources pour connaitre la génése de cette regle fondamentale du Fiqh je le remercie de la donner.
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inji
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MessageSujet: Re: Pourquoi prier et invoquer en arabe ?   Jeu 7 Déc - 22:24

itinerant a écrit:


A mon avis il faut distinguer deux parties dans ce débat, particulierement la question de la priere rituelle :

- La récitation rituelle du Coran en langue arabe
- Le reste (les invocations entre autres) de la priere rituellle



Salam

Cette distinction est importante oui, surtout que les invocations lors de la prière obligatoire font l'objet de divergences entre les écoles de jurisprudence. Petite illustration ici (ça vient du site de M.Patel) :

Citation:
A quel moment peut-on faire des douâs durant la salât ?

Les oulémas sont unanimes pour considérer qu'il est sounnah de faire des invocations (dou'a) après avoir envoyé les salutations sur le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) – as salât 'alan nabiy- et avant de prononcer les salutations finales qui mettent un terme à la salât.

La plupart des savants sont d'avis qu'il est également possible de faire des dou'â durant les prosternations; voir à ce sujet invocations durant les prosternations


*******************



Quel type d'invocation peut-on faire ?

Les hanafites sont d'avis que, durant la salât, seules les invocations rapportées du Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) –al ma'thoûr- doivent être faites à ce moment. Les douâ qui présentent des similitudes avec les propos mondains (comme par exemple "Ô Allah donne moi telle chose comme moyen de subsistance") ou qui portent sur des objets qu'il n'est pas impossible d'obtenir des créatures (comme par exemple "Ô Allah marie moi avec telle femme") ne sont pas autorisés (makroûh tahrîmi), et ce, étant donné que le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit :

"Certes, toute parole mondaine (kalâm oun-nâs) ne sied pas à la salât; celle-ci (ne consiste) qu'en tasbîh (formule de glorification d'Allah), en takbîr (expression de la grandeur divine) et en récitation du Qour'aane."
(Mouslim)

Les hanafites indiquent même que ce genre d'invocations peuvent entraîner (dans certains cas) l'annulation de la salât.

En ce qui concerne les autres savants :

**Pour les invocations lors des soudjoûd :

Les mâlékites sont d'avis qu'il est recommandé de faire toute sorte de douâ à ce moment (pour les besoins de ce monde et de l'Autre, pour soi ou pour autrui…), tandis que les hambalites se limitent aux invocations rapportées du Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) (al ma'thoûr).

**Pour les invocations avant les salutations finales :

Les châféïtes, mâlékites et hambalites s'accordent pour considérer qu'il est qu'il est permis de faire n'importe quelle sorte de douâ pour le bien de ce monde et de l'Autre à ce moment, même s'il est préférable de privilégier les invocations rapportées du Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) ainsi que celles qui ont une portée générale. Il est en effet rapporté dans certaines Tradition que le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit: " (…) qu'il choisisse ensuite (c'est-à-dire après avoir récité la salât 'alan nabiy) les demandes (ou les propos) qu'il désire exprimer."
(Mousnad Ahmad)


********************



En quelle langue les invocations doivent être faites ?

En dehors de la salât, il est permis de faire des douâ dans la langue que l'on désire. Néanmoins, durant la salât, les choses sont différentes : Les hanafites sont d'avis qu'il y est interdit de faire des invocations dans une langue autre que l'arabe. Il semble que cet avis soit celui de la majorité des oulémas.
(Note d'Inji : certains pensent que ce n'est pas nécessaire, ni même préférable, mais je n'ai pas de références sous la main)


Evidemment, tous ces avis sont à replacer dans le contexte de leur énonciation. Le contexte n'est alors pas forcément une explication, mais il permet de situer les opinions émises dans l'espace des choses possibles et pensables à cette époque (quelle valeur était alors accordée à la langue arabe par exemple).

Salam
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Sandokhan
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MessageSujet: Re: Pourquoi prier et invoquer en arabe ?   Ven 12 Jan - 20:34

Salam 'ala man taba'aa l'houda,

Ce post me rappel une anecdote.

Il y avait un homme, (philosophe de formation) qui venait regulierement interpeler le Pr Mohamed Hamidullah (Rahimahou Allah) a ce sujet.

Tous ceux qui ont approchés Mohamed Hamidullah sont unanimes sur la sagesse, la modestie, et la patience de cet homme. Le Pr a longuement expliqué, pourquoi Salat ne peut etre dites autrement qu'en Arabe, mais l'homme en question insistait en ayant a chaque visite qu'il faisait au Cheikh de nouveaux arguments...

Un jour Cheikh Hamidullah en a eu marre! Very Happy il lui a dit écoutez! si vous vous engager a faire vos prieres quotiennement, je vais vous faire une fatawa vous autorisant a prier en Français rien que pour vous! vous etes daccord? Et la, l'homme a tourné les talons et n'est plus jamais revenu importuner le Cheikh.

Les débats entre croyants et athées n'ont jamais convaincu personne. Chacun y vient avec ses certitudes et il en repart comme il est venu.

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inji
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MessageSujet: Re: Pourquoi prier et invoquer en arabe ?   Ven 12 Jan - 23:08

Sandokhan a écrit:
Salam 'ala man taba'aa l'houda,

Ce post me rappel une anecdote.

Il y avait un homme, (philosophe de formation) qui venait regulierement interpeler le Pr Mohamed Hamidullah (Rahimahou Allah) a ce sujet.

Tous ceux qui ont approchés Mohamed Hamidullah sont unanimes sur la sagesse, la modestie, et la patience de cet homme. Le Pr a longuement expliqué, pourquoi Salat ne peut etre dites autrement qu'en Arabe, mais l'homme en question insistait en ayant a chaque visite qu'il faisait au Cheikh de nouveaux arguments...

Un jour Cheikh Hamidullah en a eu marre! Very Happy il lui a dit écoutez! si vous vous engager a faire vos prieres quotiennement, je vais vous faire une fatawa vous autorisant a prier en Français rien que pour vous! vous etes daccord? Et la, l'homme a tourné les talons et n'est plus jamais revenu importuner le Cheikh.

Les débats entre croyants et athées n'ont jamais convaincu personne. Chacun y vient avec ses certitudes et il en repart comme il est venu.



Assalaamou 'alaykoum Sandokhan

Elle est excellente cette anecdote, merci, elle dit beaucoup Smile

Voici un extrait de l'ouvrage de Hamidullah Inititation à l'islam dans lequel figure cette petite histoire :

L’office de prière, pourquoi uniquement en arabe ?

I] Tout le monde sait que, dans leur office de prière, les musulmans se servent uniquement de la langue arabe : ils récitent certains passages du Qor’an, et prononcent certaines formules attestant la sublimité divine et l’humilité humaine. Cela se fait aussi bien par les arabes que par les non arabes, même par des gens qui ne connaissent pas un seul mot de cette langue. Il en fut ainsi du temps du Prophète (salla Lahou alayhi wa salam) et c’est ainsi depuis lors, jusqu’à notre époque, quel que soit le pays ou la langue des musulmans.

II] A première vue, il semblerait normal et même désirable que le croyant adressât sa prière au Seigneur en sorte qu’il fût pleinement conscient de ce qu’il dit. Il va de soi que la langue maternelle serait alors le meilleur moyen d’atteindre ce but, et l’office serait célébré dans autant de langues qu’en parle la communauté musulmane. Mais une considération un peu plus profonde montrera que plusieurs raisons militent puissamment contre cette solution.

III] Il y a d’abord une raison d’ordre mystique ou psychologique. Selon le Qor’an (33/6), les épouses du Prophète (salla Lahou alayhi wa salam) sont les « mères des croyants ». Comme elles ne parlaient que l’arabe, il s’ensuit que l’arabe est la langue maternelle de tous les musulmans. Qui peut donc avoir une objection à célébrer l’office de prière dans sa langue maternelle ?

IV] Peut-être cet argument ne suffirait-il pas pour convaincre tout le monde. Poussant plus loin cette étude, il est à noter que selon la croyance islamique, le Qor’an est la parole de Dieu, sa récitation même est chose méritoire, assure le Qor’an. Cela est évident du point de vue spirituel. Le croyant voyage vers Le Seigneur au moyen de la sainte parole Du Seigneur Lui-même. Sa parole est le chemin vers Lui, quelque chose comme le fil qui conduit le courant électrique qui illumine la lampe. Le voyage vers Le Seigneur est après tout le but ultime que cherche toute âme. Cette parole divine fut à l’origine révélée en arabe : quelle qu’en soit la traduction, celle-ci ne sera jamais qu’une parole humaine, et en tant que telle, elle ne pourra pas servir le but de ce voyage mystique.

V] Pour ceux qui désireraient des arguments plus terre à terre, rappelons d’abord qu’il faut faire une distinction très nette entre la prière de demande (dou’a), et la prière d’adoration (salat), qui est celle d’office. En ce qui concerne la dou’a, c'est-à-dire la prière en général, en dehors de la façon formelle de l’adoration de Dieu, le tête-à-tête avec Le Seigneur (munâhât), personne n’a jamais soulevé une quelconque objection contre la liberté, pour chacun, d’exposer ses besoins, ses requêtes au Seigneur, dans n’importe quelle langue et dans n’importe quelle posture physique que l’individu puisse choisir. Il s’agit d’une affaire personnelle et privée, qui ne concerne que les rapports directs d’une créature avec Son Créateur. Mais la salat est quelque chose de collectif et public, où les besoins et les exigences des autres participants de l’office doivent évidemment être pris en considération. Il mérite d’être expressément mis en relief que la salat doit en principe et de préférence être célébré en commun avec d’autres (jama’a), l’office individuel et isolé est seulement toléré, et n’est jamais recommandé, la préférence allant toujours à la salat en commun. Même quand quelqu’un commence son office seul, il est toujours possible que par la suite quelqu’un d’autre vienne et se joigne à lui en le prenant pour son imam. Voyons maintenant de plus près les divers aspects de cet acte collectif et public qu’est l’office célébré en commun.

VI] Si l’islam était une religion régionale, raciale ou nationale, on aurait certainement employé la langue courante de la région, de la race, de la nation. Mais tout à fait différentes sont les exigences d’une religion universelle, dont les fidèles parlent maintenant des centaines de langues –dont chacune est incompréhensible aux autres- et appartiennent à toutes les races, résidant dans toutes les régions du monde. Notre vie était cosmopolite déjà du vivant du Prophète (salla Lahou alayhi wa salam), et elle l’est encore plus aujourd’hui : et pratiquement chaque ville de la terre, où habitent les musulmans, comporte des fidèles appartenant à plusieurs groupes linguistiques, qu’il s’agisse de touristes en transit et de passage ou de résidents à titre permanent : on a donc le devoir de prendre en considération l’aspect de courtoisie et d’hospitalité vis-à-vis des étrangers. Supposons qu’un français se rende en Chine, sans connaître un mot de la langue chinoise, et supposons qu’il entende dans la rue quelqu’un crier quelque chose comme « tchen tchou tchih chan ». Evidemment, il ne se rendra point compte de ce que cela signifie. Mais si c’est la traduction dans la langue régionale de l’appel à la prière, l’Allâhu Akbar du muezzin, ce musulman français manquera à l’office hebdomadaire du vendredi, où à tout autre office quotidien de prière en commun. (Soit dit en passant, les mosquées de Chine ne ressemblent point ordinairement aux mosquées de France, d’Angleterre, ou d’ailleurs en Orient, et elles n’ont même pas de minarets). Il en sera de même pour un chinois, voyageant dans les pays étrangers : il ne se trouvera rien de commun avec ses coreligionnaires si ces autres célèbrent leurs offices de prière dans la langue locale. Ainsi, une religion universelle a obligatoirement besoin que certaines choses de base soient communes entre tous les fidèles. L’Appel à la prière et les formules à réciter durant l’office font partie de ces choses de base pour la pratique du culte. Remarquons en passant que parfois les mots de deux langues différentes sonnent de façon similaire sans que le sens soit identique : quelquefois, un mot innocent d’une langue signifie quelque chose de ridicule ou d’obscène dans l’autre. Un tel risque est plus grand concernant une langue qu’on ne connaît pas du tout mais qu’on entend pour la première fois, lors d’un voyage par exemple ; Un tel accident sera contre la dignité d’un office de prière pour l’adoration Du Seigneur. Les textes avec lesquels on s’est familiarisé dès l’enfance évitent une telle complication, même si l’individu est non arabe et récite les textes en arabe.

VII] On ne peut pas négliger l’aspect psychologique des êtres humains, qui ont parfois de mesquins préjugés de xénophobie. Des occasions se présentent chaque jour où les frictions politiques (nationales) ou même personnelles et individuelles inciteront par exemple un français à ne pas participer à la célébration de l’office en anglais, en allemand, en russe, ou en toute autre langue. L’arabe, en tant que langue du Qor’an et du Hadith, possède un prestige immuable et une auréole dans l’esprit des musulmans, et on l’emploie non pas comme la langue des arabes, mais comme celle du Prophète (salla Lahou alayhi wa salam), comme celle des « mères des croyants », comme celle que Dieu Lui-même a choisie pour nous révéler Sa dernière parole, Ses derniers commandements.

VIII] On n’insistera jamais trop sur le besoin d’unité et de solidarité entre coreligionnaires. Il faut fabriquer de nouveaux liens chaque jour pour renforcer leurs rapports de fraternité, plutôt que de détruire ceux qui existent déjà.

IX] On peut également citer en exemple les réunions et congrès internationaux. Si par exemple on assiste à une assemblée de l’ONU, on ne peut pas choisir n’importe quelle langue à sa fantaisie, ce qui serait contraire à l’objet même de la réunion, et l’on manquerait le but, qui est de faire comprendre son point de vue aux autres présents : on est dans l’obligation d’employer – ou de faire traduire son discours- dans une des langues officielles de l’ONU, pratiquement le français et l’anglais : et personne ne soulève d’objection contre cet état de choses. Dans l’intérêt général, on a à sacrifier l’intérêt particulier, sinon on risque de perdre à la longue, même l’intérêt particulier.

X] Rappelons à ce propos que pratiquement aucune religion, à l’exception de l’islam, ne possède aujourd’hui intégralement l’original de la révélation divine sur laquelle cette religion est basée, l’original de l’enseignement du fondateur de la religion. Ce sont des traductions ou, au plus, des fragments dont disposent les chrétiens, les juifs, les zoroastriens et autres communautés. Quel bonheur que celui des musulmans de faire exception, et de posséder intégralement le texte original de la révélation du Saint Qor’an.

XII] Ajoutons que le Qor’an, bien qu’une prose, renferme toutes les qualités et le charme de la poésie, comme le rythme, la musique, le style, etc.… et cela au point que l’omission ou l’addition d’une seule lettre dans le texte dérange comme cela dérangerait l’hémistiche d’un vers. Il y a quelque temps, un français, converti à l’islam, et musicien de profession, m’assure un jour que dans la sourate 110 du Qor’an, quelque passage semblait manquer, car on y lit « fî dînillâhi afwâjâ fa-sab-bih… », ce qui est musicalement impossible. Ma petite connaissance de l’art de la récitation psalmodique du Qor’an vient à mon aide, et je lui répondis « Non, la prononciation correcte de ce passage est : « fî dînil-lâhi afwâjan fa-sab-bih… » _ non pas afwâjâ fa-sab-bith, mais afwâjan fa-sabbih, ou même afwâjanv-fa-sab-bih avec un léger son de v après le n avant le f de fa-sabbih _ pour l’enchaîner sans pause avec le mot suivant, fa-sabbib ». Aussitôt, ce frère musicien et chercheur bien-intentionné me répondit : « Je renouvelle ma foi : avec votre explication, il ne reste rien de défectueux, du point de vue musical, et aucun passage ne peut manquer dans cet endroit du qor’an ». La prose du Qor’an est mesurée autant que les vers d’un poème. Qui désirerait remplacer quelque chose de parfait et splendide par quelque chose de comparativement médiocre ?

XIII] On ne doit pas perdre de vue le fait que, dans la totalité de l’office de prière islamique, il n’y a que très peu de formules à réciter. D’abord, il y a l’adhan et l’iqama (appel à la prière et annonce de son commencement). A l’intérieur de l’office lui-même, il y a les formules Allâhu Akbar, subhâna rab-biyal-‘Azîm, subhân rab-biyal-A’lâ la courte sourate al-Fâtiha (comportant 7 versets seulement) et deux autres courtes sourates du Qor’an, puis la prière d’invocation (tachahhud), voilà tout. La totalité de ces textes n’atteint pas une page de dimension moyenne, et la plupart des mots de ces textes sont connus des masses musulmanes et ont pénétré dans les langues des pays musulmans, et cela au point qu’un débutant apprend leur sens sans peine ni difficulté. Or une fois que le sens de ces formules est compris, l’office d’un musulman ne reste plus une récitation mécanique et sans compréhension.

XIV] L’auteur de ces lignes pense personnellement qu’aucun musulman n’aura jamais pour la traduction du qor’an le même respect qu’il a pour l’original révélé par Dieu à Son messager. Car la traduction sera faite par un homme ordinaire, et non par quelqu’un d’infaillible, protégé par Dieu contre l’erreur, comme c’est le cas d’un prophète, désigné par Dieu Lui-même comme Son porte message.

XV] Il y a un aspect de la langue arabe qui mériterait d’être signalé ici. A part ses incomparables qualités musicales, reconnues de tout le monde, la langue même n’a changé depuis quinze siècles, ni en grammaire, ni en vocabulaire, ni en prononciation, ni même en orthographe. Ceux qui comprennent les journaux et les émissions radiophoniques arabes d’aujourd’hui, comprennent aussi parfaitement la langue du Qor’an. Pour une religion, apportée par le dernier des Prophètes et le sceau des Messagers de Dieu, il faut, n’est ce pas, une langue aussi qui ne vieillit jamais ?

XVI] Un jour, un jeune étudiant continua d’insister devant moi sur l’importance de comprendre ce qu’on dit (ou prie), Comme tous mes arguments semblaient ne pouvoir le convaincre, je lui dis : « Bon, si vous me promettez que vous célébrerez régulièrement les cinq offices quotidiens dans votre langue maternelle, je vous autoriserais à le faire ». Immédiatement il interrompit la discussion, et ne revint plus jamais me reparler de la question. En d’autres termes, ceux qui insistent pour régionaliser la foi et le culte sont ceux qui ne les pratiquent pas eux-mêmes. Au moins, tel est le cas de l’immense majorité de ces contestataires. Un croyant n’a pas besoin de leçons ni des conseils de ceux qui ne croient pas ou ni pratiquent pas l’islam.

XVII] Pour terminer, il y a des écrivains qui affirment qu’ils ont l’appui d’une autorité de l’envergure d’Abû Hanîfah pour dire qu’il est permis de réciter une traduction du Qor’an dans l’office de prière. Mais ce n’est pas qu’une demi-vérité. Ces écrivains omettent de mentionner qu’Abû Hanîfah, bien qu’il eût d’abord émis un tel avis, le changea par la suite (comme nous en trouvons la précision expresse dans les meilleurs manuels de droit musulman hanafite comme le Hidâya d’al-Marghînânîy, l’ad-Durr al-mukhtar d’al-Haskafîy, etc…) et qu’Abû Hanîfah se rallia à l’avis de la généralité des théologiens-juristes que, seul le texte arabe peut être employé dans l’office de prière.

XVIII] On verra ainsi qu’il y a à la fois des avantages et des désavantages à employer une langue étrangère dans l’office de prière. Il y en a aussi, pour les membres d’une religion universelle, à employer la langue régionale. Il faut donc choisir, en pesant les avantages et les désavantages. Et l’on voit où se trouve le moindre des deux maux !
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Antony
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MessageSujet: Re: Pourquoi prier et invoquer en arabe ?   Ven 12 Jan - 23:31

Bonsoir

Cette anecdote est très très sympathique !

Itinérant a écrit :

Citation:
Diriger ou restreindre le débat uniqument au premier point, meme s'il est central et constitutif de la priere rituelle, risque de l'amener a des positions/sujets historiquement polémiques.


Oui, et une polémique pas forcémente théologique comme tu dis. Au 20ème siècle, le problème s'est posé concrètement avec la politique d'Ataturk en Turquie. La langue arabe, dominante, a été évincée pour l'institutionnalisation de la langue turque, avec un alphabet turc. Le plus important, bien sûr, c'est l'appel à la prière scandé en turc dans toutes les mosquées du pays.

Accompagné avec des dispositions détruisant les conventions des conservateurs musulmans, le dévoilement des femmes par exemple, l'abandon du tarbouche par les hommes pour les chapeaux européens, et d'autres choses de la même teneur, la turquisation de la langue nationale, c'est un choix nationaliste. La question de la langue arabe se pose en termes de combats complètement inscrits dans la contingence.

Cette contingence qui touche les politiques du Moyen-Orient contemporain n'est pas différente de celle de la période médiévale. Le problème n'était pas le nationalisme en tant que tel mais le rapport à l'islamisation. Il faut savoir par exemple qu'au Maghreb, l'islamisation et l'arabisation des régions n'ont pas été concommitants, la langue arabe s'est imposé sur un très très long terme, ce qui a conduit à un décalage de plus en plus grand et important dans la façon de pratiquer les rites et une incompréhension de plus en plus forte qui a conduit à la marginalisation hétérodoxe de certaines pratiques comme les cultes parallèles, greffés depuis à l'Islam.

Alors, oui, il y a contingence historique et problème d'interprétation sur la façon d'aborder en-dehors du champ théologique la question de la liturgie musulmane.
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Agone
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MessageSujet: Re: Pourquoi prier et invoquer en arabe ?   Mer 17 Jan - 23:57

Salam aleykoum

Je vous remercie pour vos réponses. Juste quelques questions en passant, pas forcément mûries:


Citation:
La prière en tant que pilier de l'islam - les 5 piliers étant les seuls éléments du culte sur lesquels tous les musulmans sont d'accord unanimement - est faite en arabe obligatoirement, partout et pour tous (...)


Est-ce si sûr ? En Indonésie par ex ? En Turquie (je n'ai pas bien compris si Antony affirme que la prière est faite dans la langue nationale ou simplement l'adhan) ?


Citation:
A plusieurs reprises dans le Coran, il est écrit que le Livre a été révélé en langue arabe pour différentes raisons : unifier le message, ne pas en complexifier davantage la compréhension et puisque le Messager est ici arabe (comment pourrait-il sinon être compris par son peuple ?)


J'apprécie que tu relativises le caractère sacré de la langue arabe. Une chose me turlupine en effet : Dieu a "parlé" (les guillemets pour dire qu'il ne s'agit pas vraiment de "parler") aux hommes, partout et toujours(les "signes" de Dieu sont partout). Les hommes lui ont aussi parlé et l'ont prié...en d'autres langues. Nos propres sources nous disent bien que les hommes priaient Dieu depuis longtemps, à sa demande ou non. Abraham par ex. Or, celle-ci ne se faisait pas en langue arabe, et, évidemment, on ne récitait pas ou on n'invoquait pas Dieu selon les termes du Coran.

Tout cela n'a pas de but pratique immédiat ("vouloir tout changer") mais juste essayer de saisir un problème tout simple : puisque Dieu n'est associé ni à une langue donnée ni à un temps donné, etc., est-il si absurde de penser que l'invocation n'a pas à être systématiquement pleinement ritualisée ? Autrement dit : si l'intention y est (celle de s'adresser à Dieu, i.e. de le reconnaître, de se remettre à lui), ne peut-on pas penser que la prière ou l'invocation "simple" (qui engage moins le corps et le groupe, dirons-nous) seront "entendues" (problème qui se pose quotidiennement à beaucoup qui se demandent si leurs invocations seront valides ou entendues) ? Là encore, pas de vocation pratique (je sais que je pourrai être lu comme cela), plutôt une remarque que je me faisais : l'invocation de Dieu n'est-elle pas un acte quasi naturel ? Je veux dire : l'Homme affecté (que ses affects travaillent : souci, inquiètude, joie, etc.) n'a-t-il pas tendance à invoquer quasi spontanément Dieu (selon la désignation qu'on lui donne ici, pas ailleurs sans doute : le monde est grand) ? Ce n'est peut-être pas très clair, mais j'avais prévenu : ce n'est pas spécialement mûri.


Citation:
Ce post me rappel une anecdote.

Il y avait un homme, (philosophe de formation) qui venait regulierement interpeler le Pr Mohamed Hamidullah (Rahimahou Allah) a ce sujet.

Tous ceux qui ont approchés Mohamed Hamidullah sont unanimes sur la sagesse, la modestie, et la patience de cet homme. Le Pr a longuement expliqué, pourquoi Salat ne peut etre dites autrement qu'en Arabe, mais l'homme en question insistait en ayant a chaque visite qu'il faisait au Cheikh de nouveaux arguments...

Un jour Cheikh Hamidullah en a eu marre! il lui a dit écoutez! si vous vous engager a faire vos prieres quotiennement, je vais vous faire une fatawa vous autorisant a prier en Français rien que pour vous! vous etes daccord? Et la, l'homme a tourné les talons et n'est plus jamais revenu importuner le Cheikh.

Les débats entre croyants et athées n'ont jamais convaincu personne. Chacun y vient avec ses certitudes et il en repart comme il est venu.


Savoureuse anecdote Sandokhan ! Smile Mais elle laisse le problème entier : l'essentiel serait donc de prier, la langue étant secondaire ?

Par contre, je ne partage pas ta conclusion très pessimiste. Si la conversion immédiate aux formes de la pensée, du langage, des sentiments musulmans contemporains n'est pas possible de la part de l'athée, susciter l'intérêt, la curiosité voire l'envie peut être un bon début - par la discussion et le comportement. Bref, si la "dénégation" est une sorte d'indifférence (ou d'hostilité), i.e. un trait psychologique forgé par une histoire personnelle et collective, il est assez rare qu'il ne faille pas beaucoup de temps pour être plus "ouvert", plus à même d'"entendre", de "sentir", etc. parce qu'elle est un fait culturel incorporé - or il est difficile de changer ses "habitudes", acquises et appropriées sur une longue période : elles sont l'évidence même.

Citation:
Pour ceux qui désireraient des arguments plus terre à terre, rappelons d’abord qu’il faut faire une distinction très nette entre la prière de demande (dou’a), et la prière d’adoration (salat), qui est celle d’office. En ce qui concerne la dou’a, c'est-à-dire la prière en général, en dehors de la façon formelle de l’adoration de Dieu, le tête-à-tête avec Le Seigneur (munâhât), personne n’a jamais soulevé une quelconque objection contre la liberté, pour chacun, d’exposer ses besoins, ses requêtes au Seigneur, dans n’importe quelle langue et dans n’importe quelle posture physique que l’individu puisse choisir. Il s’agit d’une affaire personnelle et privée, qui ne concerne que les rapports directs d’une créature avec Son Créateur. Mais la salat est quelque chose de collectif et public, où les besoins et les exigences des autres participants de l’office doivent évidemment être pris en considération. Il mérite d’être expressément mis en relief que la salat doit en principe et de préférence être célébré en commun avec d’autres (jama’a), l’office individuel et isolé est seulement toléré, et n’est jamais recommandé, la préférence allant toujours à la salat en commun. Même quand quelqu’un commence son office seul, il est toujours possible que par la suite quelqu’un d’autre vienne et se joigne à lui en le prenant pour son imam.


Je viens de me rendre compte que le Professeur HAMIDULLAH posait bien mieux les problèmes que moi ! Smile Si je ne suis pas convaincu par certains arguments, celui-là (en italique)- ainsi que les points VI et VII qui le complètent - me paraît très très solide. On dit quoi ? Merci Inji ! Cette Initiation est-elle disponible sur le Net (ou tu as eu le courage de tout recopier...) ?


Par ailleurs, je relance la question posée par Itinérant :

Citation:
Si quelqu'un connait des pistes ou des sources pour connaitre la génése de cette regle fondamentale du Fiqh je le remercie de la donner.
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Sandokhan
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MessageSujet: Re: Pourquoi prier et invoquer en arabe ?   Jeu 18 Jan - 0:59

Agone a écrit:
Salam aleykoum

Je vous remercie pour vos réponses. Juste quelques questions en passant, pas forcément mûries:


Citation:
La prière en tant que pilier de l'islam - les 5 piliers étant les seuls éléments du culte sur lesquels tous les musulmans sont d'accord unanimement - est faite en arabe obligatoirement, partout et pour tous (...)


Est-ce si sûr ? En Indonésie par ex ? En Turquie (je n'ai pas bien compris si Antony affirme que la prière est faite dans la langue nationale ou simplement l'adhan) ?


Citation:
A plusieurs reprises dans le Coran, il est écrit que le Livre a été révélé en langue arabe pour différentes raisons : unifier le message, ne pas en complexifier davantage la compréhension et puisque le Messager est ici arabe (comment pourrait-il sinon être compris par son peuple ?)


J'apprécie que tu relativises le caractère sacré de la langue arabe. Une chose me turlupine en effet : Dieu a "parlé" (les guillemets pour dire qu'il ne s'agit pas vraiment de "parler") aux hommes, partout et toujours(les "signes" de Dieu sont partout). Les hommes lui ont aussi parlé et l'ont prié...en d'autres langues. Nos propres sources nous disent bien que les hommes priaient Dieu depuis longtemps, à sa demande ou non. Abraham par ex. Or, celle-ci ne se faisait pas en langue arabe, et, évidemment, on ne récitait pas ou on n'invoquait pas Dieu selon les termes du Coran.

Tout cela n'a pas de but pratique immédiat ("vouloir tout changer") mais juste essayer de saisir un problème tout simple : puisque Dieu n'est associé ni à une langue donnée ni à un temps donné, etc., est-il si absurde de penser que l'invocation n'a pas à être systématiquement pleinement ritualisée ? Autrement dit : si l'intention y est (celle de s'adresser à Dieu, i.e. de le reconnaître, de se remettre à lui), ne peut-on pas penser que la prière ou l'invocation "simple" (qui engage moins le corps et le groupe, dirons-nous) seront "entendues" (problème qui se pose quotidiennement à beaucoup qui se demandent si leurs invocations seront valides ou entendues) ? Là encore, pas de vocation pratique (je sais que je pourrai être lu comme cela), plutôt une remarque que je me faisais : l'invocation de Dieu n'est-elle pas un acte quasi naturel ? Je veux dire : l'Homme affecté (que ses affects travaillent : souci, inquiètude, joie, etc.) n'a-t-il pas tendance à invoquer quasi spontanément Dieu (selon la désignation qu'on lui donne ici, pas ailleurs sans doute : le monde est grand) ? Ce n'est peut-être pas très clair, mais j'avais prévenu : ce n'est pas spécialement mûri.


Citation:
Ce post me rappel une anecdote.

Il y avait un homme, (philosophe de formation) qui venait regulierement interpeler le Pr Mohamed Hamidullah (Rahimahou Allah) a ce sujet.

Tous ceux qui ont approchés Mohamed Hamidullah sont unanimes sur la sagesse, la modestie, et la patience de cet homme. Le Pr a longuement expliqué, pourquoi Salat ne peut etre dites autrement qu'en Arabe, mais l'homme en question insistait en ayant a chaque visite qu'il faisait au Cheikh de nouveaux arguments...

Un jour Cheikh Hamidullah en a eu marre! il lui a dit écoutez! si vous vous engager a faire vos prieres quotiennement, je vais vous faire une fatawa vous autorisant a prier en Français rien que pour vous! vous etes daccord? Et la, l'homme a tourné les talons et n'est plus jamais revenu importuner le Cheikh.

Les débats entre croyants et athées n'ont jamais convaincu personne. Chacun y vient avec ses certitudes et il en repart comme il est venu.


Savoureuse anecdote Sandokhan ! Smile Mais elle laisse le problème entier : l'essentiel serait donc de prier, la langue étant secondaire ?

Par contre, je ne partage pas ta conclusion très pessimiste. Si la conversion immédiate aux formes de la pensée, du langage, des sentiments musulmans contemporains n'est pas possible de la part de l'athée, susciter l'intérêt, la curiosité voire l'envie peut être un bon début - par la discussion et le comportement. Bref, si la "dénégation" est une sorte d'indifférence (ou d'hostilité), i.e. un trait psychologique forgé par une histoire personnelle et collective, il est assez rare qu'il ne faille pas beaucoup de temps pour être plus "ouvert", plus à même d'"entendre", de "sentir", etc. parce qu'elle est un fait culturel incorporé - or il est difficile de changer ses "habitudes", acquises et appropriées sur une longue période : elles sont l'évidence même.

Citation:
Pour ceux qui désireraient des arguments plus terre à terre, rappelons d’abord qu’il faut faire une distinction très nette entre la prière de demande (dou’a), et la prière d’adoration (salat), qui est celle d’office. En ce qui concerne la dou’a, c'est-à-dire la prière en général, en dehors de la façon formelle de l’adoration de Dieu, le tête-à-tête avec Le Seigneur (munâhât), personne n’a jamais soulevé une quelconque objection contre la liberté, pour chacun, d’exposer ses besoins, ses requêtes au Seigneur, dans n’importe quelle langue et dans n’importe quelle posture physique que l’individu puisse choisir. Il s’agit d’une affaire personnelle et privée, qui ne concerne que les rapports directs d’une créature avec Son Créateur. Mais la salat est quelque chose de collectif et public, où les besoins et les exigences des autres participants de l’office doivent évidemment être pris en considération. Il mérite d’être expressément mis en relief que la salat doit en principe et de préférence être célébré en commun avec d’autres (jama’a), l’office individuel et isolé est seulement toléré, et n’est jamais recommandé, la préférence allant toujours à la salat en commun. Même quand quelqu’un commence son office seul, il est toujours possible que par la suite quelqu’un d’autre vienne et se joigne à lui en le prenant pour son imam.


Je viens de me rendre compte que le Professeur HAMIDULLAH posait bien mieux les problèmes que moi ! Smile Si je ne suis pas convaincu par certains arguments, celui-là (en italique)- ainsi que les points VI et VII qui le complètent - me paraît très très solide. On dit quoi ? Merci Inji ! Cette Initiation est-elle disponible sur le Net (ou tu as eu le courage de tout recopier...) ?


Par ailleurs, je relance la question posée par Itinérant :

Citation:
Si quelqu'un connait des pistes ou des sources pour connaitre la génése de cette regle fondamentale du Fiqh je le remercie de la donner.




Salam 'ala man taba'aa l'houda,

Ce n'est pas cela du tout. Lisez j'usqu'au bout. Le Pr Hamidullah (Rahimahou Allah) avait bien compris que l'etudiant ne cherchait qu'a polemiquer, qu'il etait athée et que de toute façon il ne se statisferait d'aucune reponse. Apres sur ma conclusion je vois pas en quoi elle est pessimiste? Quel est l'interet d'un tel dialogue ? pour le musulman cela ne lui rapporte rien, et pour l'athée qui veut connaitre ou comprendre la culture Arabo-Musulmane, il y a assez de de circuit touristiques dans le "monde musulman". Dailleurs prenons un exemple concret. Est ce que vous agone (cela m'embete un peu de vous appelez comme cela, mais bon!!!...) seriez pret sincerement a vous repentir a respecter la morale islamique et suivre le culte Musulman si une autorité religieuse vous accordé par fatwa le droit de prier dans votre langue?

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inji
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MessageSujet: Re: Pourquoi prier et invoquer en arabe ?   Jeu 18 Jan - 1:15

Salaam

Agone a écrit:
Est-ce si sûr ? En Indonésie par ex ? En Turquie (je n'ai pas bien compris si Antony affirme que la prière est faite dans la langue nationale ou simplement l'adhan) ?


Les Indonésiens et Turques (d'Indonésie et de Turquie) que j'ai rencontrés priaient en arabe. Nous priions ensemble. Je me rappelle qu'ils maîtrisaient même très bien la lecture du Coran.


Citation:
Je viens de me rendre compte que le Professeur HAMIDULLAH posait bien mieux les problèmes que moi ! Smile Si je ne suis pas convaincu par certains arguments, celui-là (en italique)- ainsi que les points VI et VII qui le complètent - me paraît très très solide. On dit quoi ? Merci Inji ! Cette Initiation est-elle disponible sur le Net (ou tu as eu le courage de tout recopier...) ?


Je ne sais pas si elle est disponible sur le net, je ne pense pas, j'avais reçu uniquement cet extrait par mail il y a quelques temps
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Sun-Tzu
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MessageSujet: Re: Pourquoi prier et invoquer en arabe ?   Jeu 18 Jan - 19:32

As-salam alaykoum (pour les musulmans) / Bonjours (pour les autres)

Les turcs prient en arabe comme tous les musulmans. Mais Moustapha Kemal qui, rappelons le, est mort d’une cirrhose du foie, avait voulue dans son entreprise de laïcisation/occidentalisation forcé de le Turquie imposer la prière et l’appel à la prière en turc. Il dut renoncer pour ce qui est de la prière mais l’appel fut fait en truc pendant son « règne ». L’appel en arabe fut rétabli après sa mort.

Dans son entreprise de laïcisation/occidentalisation M. Kemal c’est attaqué à tous ceux qui était « arabe » et musulman (semaine occidentale, alphabet latin à la place de l’alphabet arabe pour écrire de turc, « épuration » de la truc des mots d’origine arabe ou perse…).

Bref, il fut un « excellent » chef d’Etat musulman au sens occidental du terme…

Wa salam alaykoum
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LYDIA
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MessageSujet: Re: Pourquoi prier et invoquer en arabe ?   Dim 18 Fév - 20:06

Salam

Le texte de Hamidullah est une base concrète qui apporte les réponses essentielles aux questions de la pratique d'une langue universelle. Pour résumer tout son texte, il suffit d'un mot : Ritualisation.

Définition du rite : Un rite ou un rituel est une répétition d'occasion et de forme, chargée de signification (action "symbolique"). Il n'est pas d'essence spontanée : au contraire le rituel est réglé, fixé, codifié, et le respect de la règle garantit l'efficacité du rituel - Source = Wikipedia.

Autrement dit, le principe fondateur de la conquête islamique ayant été la religion comme élément fédérateur et unificateur, la prière en arabe s'est imposée comme un rituel, un exercice réglé, fixé, codifié par les conquérants dominants...

La langue arabe associée à la prière est un signe efficace. Elle en constitue la force. Sans cette force, la prière est inefficace, elle est invalidée et non légitimée. Pour faire simple : tout musulman pourrait prier dans sa langue maternelle parce qu'aucun décret officiel ne le force à prier en arabe. Mais la puissance symbolique qu'il place dans le respect du rituel, c'est-à-dire d'une action indéfiniment reproduite depuis des siècles, le force à croire qu'il doit faire sa prière en arabe. S'il se bornait à la faire dans sa langue maternelle, il décréterait par lui-même que sa prière ne saurait être légitimée par Dieu. Je vous réfère à l'excellent chapitre de L'Anthropologie structurale de Claude Levi-Strauss, "L'efficacité symbolique".

Les récents travaux de Francis Zimmermann sur le son et le sens, l'icônicité de la voix, (séminaire du jeudi, 11h-13h à l'EHESS) sont aussi utiles pour comprendre ce qui est en action avec la langue arabe associée à la prière. Nous devons qualifier cette association de "performative".

Définition du "performatif", terme issu du vocabulaire de grammaire : "Faire en même temps que dire", exemple, le verbe sortir : "Je sors" est une action que je réalise incluant l'idée de ce que je suis en train de faire.

Avez-vous lu le nouvel article sur le portail de Sabyl, "La notion de Parole de Dieu" de Mohammed Arkoun ? Nous parlons justement de cela. Quand le musulman fait sa prière, il s'approprie ce qui est dit, il ne fait pas que réciter, il exécute ce qu'il récite en s'attribuant les pronoms personnels apparaissant dans les versets : "Qul", "na", "ta"... Les problèmes de traduction ne permettraient pas facilement le passage de ces éléments performatifs.

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Qantara
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MessageSujet: Re: Pourquoi prier et invoquer en arabe ?   Dim 18 Fév - 21:41

Salamou alaykoum

D'accord, le rituel impose la prière en langue arabe et la langue arabe fait partie de l'efficacité de la prière. Bien ! Changeons de registre, évoquons le "Notre Père qui êtes aux cieux", cette prière que l'on prononce quand un malheur nous arrive, que l'on croit qu'on va mourir. Parlons de toutes les prières de protection et de bénédiction dans le christianisme. Ce sont des prières d'invocation mais ce sont les mêmes paroles pour tous. Pourquoi ces textes de prières se trraduisent-ils dans le Christianisme, pourquoi la prière rituelle arabe ne se traduit-elle pas ? Où est la différence ?
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dobmorad
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MessageSujet: Re: Pourquoi prier et invoquer en arabe ?   Sam 24 Fév - 2:39

Salam Aleykoum,

Citation:
pourquoi la prière rituelle arabe ne se traduit-elle pas ?

Et bien parce que la révélation fut faite en arabe et que chaque terme a un sens bien précis que la traduction ne pourra peut être pas totalement englobé. Et il y a des mots en arabe qui n'existent pas en français par exemple. Et puis il il est recommandé de lire le Coran en arabe pour cette raison aussi, pour comprendre toutes les facettes et tous les secrets de la révélation car une traduction est forcément une interprétation et donc on perd une partie du message en traduisant !!

Mais je pense que la question qui est posée ici ne remt pas du tout en cause l'universalité du message. En effet, le message est universel mais au commencement il fallait bien s'adresser à un peuple particulier, dans une langue particulière. Me suivez-vous?

Salam Aleykoum
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LYDIA
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MessageSujet: Re: Pourquoi prier et invoquer en arabe ?   Dim 25 Fév - 23:21

Salam

Merci Dobmorad.

Citation:
Et bien parce que la révélation fut faite en arabe et que chaque terme a un sens bien précis que la traduction ne pourra peut être pas totalement englobé.


En plus de ça, le Coran compte des milliers de versets, 114 sourates, toutes récitables par le pratiquant. Contrairement aux prières de demande qui sont des textes "clé-en-main", adaptables au contexte. Là, avec le Coran, le travail de traduction de toutes les sourates posent problème pour la prière. Les traductions ne sont pas des textes clé-en-main. le Coran en arabe, en revanche, est un texte "clé-en-main".

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MessageSujet: Re: Pourquoi prier et invoquer en arabe ?   Mar 13 Mar - 18:23

Salaam

Qantara a écrit:
Salamou alaykoum

D'accord, le rituel impose la prière en langue arabe et la langue arabe fait partie de l'efficacité de la prière. Bien ! Changeons de registre, évoquons le "Notre Père qui êtes aux cieux", cette prière que l'on prononce quand un malheur nous arrive, que l'on croit qu'on va mourir. Parlons de toutes les prières de protection et de bénédiction dans le christianisme. Ce sont des prières d'invocation mais ce sont les mêmes paroles pour tous. Pourquoi ces textes de prières se trraduisent-ils dans le Christianisme, pourquoi la prière rituelle arabe ne se traduit-elle pas ? Où est la différence ?


J'ai cru comprendre que cette question (dans le Christianisme) a rapport au mouvement de Réforme Evengelique. Est-ce vrais que c'est bien le protestentisme qui initia la traduction des prieres en europe du Latin, incomprehensible par les adeptes, au différentes langues locale ? Et biensûr produire les premieres Bibles traduites (alors que j'ai entendu parler d'une traduction du Coran en berbere datant d'Ibn Toumert) puis par aprés le catholicisme romain a dû suivre ?
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Qantara
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MessageSujet: Re: Pourquoi prier et invoquer en arabe ?   Mar 13 Mar - 21:22

Salamou alaykoum

beh oui Itinérant, la question est entière. Si réforme est possible dans un cas pourquoi ne l'est-elle pas dans l'autre ?
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MessageSujet: Re: Pourquoi prier et invoquer en arabe ?   Mer 14 Mar - 15:27

Salaam

Qantara a écrit:
Salamou alaykoum

beh oui Itinérant, la question est entière. Si réforme est possible dans un cas pourquoi ne l'est-elle pas dans l'autre ?


En introduisant ma question je voulais en savoir un peu plus sur l'expérience chrétienne. Qu'est ce qui a fait (les conditions historiques) que la réforme protestante ait aboutit aux traductions des catécheses et des prieres. Quels furent les arguments du camp qui amena ces réformes ? La nécéssité pour le croyant de comprendre, et d'exprimer fidellement a sa conscience, la priere invoquée fut elle l'argument ultime ou y a avait-il d'autres enjeux ?
Ensuite, si on connait mieux ce qui s'est passé durant cette expérience on pourra peut-etre vérifier si les deux expériences (chrétienne et islamique) sont semblables au point de se poser la question que tu poses ci-dessus.

Enfin, pour revenir à la question d'efficacité qu'a introduit Lydia. Il fauderait peut-etre aussi chercher à savoir si dans l'expérience chrétienne cette réforme, et en particulier la question de langue de la priere, il y eu ou non une erosion ? (et eventuellement pourquoi ?)

Salaam
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LYDIA
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MessageSujet: Re: Pourquoi prier et invoquer en arabe ?   Dim 18 Mar - 2:52

Salam

Qantara, tu parles d'une prière de demande, pas d'une prière clé-en-main. Tu changes de registre, c'est ce qui fausse ton analyse. Même en étant strictement la même d'un pays à l'autre, cela reste une prière de demande effectuée dans un but précis d'obtention immédiate, pas d'un rituel.

Notez une chose importante. La prière en arabe est codifiée, fixée, réglée mais la codification n'implique pas un suivi strict des populations pratiquantes. Notez bien que, au Yemen, par exemple, dans la région de Taef, beaucoup de femmes (et peut-être d'hommes) illettrées observent une prière qui, dans les gestes, est strictement la même que dans n'importe quelle région pratiquante du monde mais que, dans la parole, elle diffère totalement. Les femmes récitent bien en arabe mais elles ne prononcent que la fatiha et les "allahu akbar" de ponctuation.

Explication du phénomène : elles ont reçu d'enseignement que celui des clercs de leurs bourgs, parfois même uniquement de leurs pères ou de leurs mères. Elles n'ont pas de connaissance de l'arabe, ne savent pas l'écrire ni le lire et sont bien incapables de traduire en dialecte les rares versets coraniques qu'elles ont appris étant enfants.

Déduction par rapport à notre sujet : La langue arabe est intrinsèquement liée à l'exercice rituel de la prière et fait partie d'un pack clé-en-main arrivé il y a des siècles dans cette région. Nul n'aurait l'idée de penser que ces femmes accomplissent mal leurs prières parce qu'elles n'en respectent pas toutes les composantes mais beaucoup s'offusqueraient en revanche qu'elles en changent la langue.

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Le Coran est la Parole de Dieu ; l'interprétation est la parole de l'homme.
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Pourquoi prier et invoquer en arabe ?

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