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 Poèmes intenses arméniens : sur le Génocide-1915 et au delà

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CRDA-Paris
Junior


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MessageSujet: Poèmes intenses arméniens : sur le Génocide-1915 et au delà   Jeu 9 Aoû - 1:00

Quelque chose d'horrible là-bas…

Poème en 1916 de Vahan Tékeyan (1878-1945)



Il se perpètre là-bas, dans les ténèbres, quelque chose d'horrible.
Comment peut-on décrire ce drame infernal ?
Figurez-vous! une nation entière vivait et luttait jusqu'à hier,
Offrant son esprit à la lumière, et aux espoirs son coeur,
Elle se relevait du marais où elle s'était autrefois enlisée;
Elle secouait les bras, se croyait déjà dans l'éther
Et dans les nuages...
Et voilà que juste à ce moment,
Une divinité adverse qui l'épiait tout embusquée,
A déchaîné sur elle tous les maux de la terre
A mobilisé toutes les monstruosités qui sommeillaient
Déguisées en serpents, en tigres et en chacals ;
Elle s'enroula aux pieds de sa victime, déchiqueta sa poitrine
Et lorsqu'elle arriva à son cou et à ses yeux, elle enfonça ses crocs
En plein dans son cerveau, et se mit à le lécher voluptueusement
Et à sucer, en même temps, son sang...
Un événement épouvantable se perpètre là-bas, dans les ténèbres
On tue une nation, douée de vitalité et de vertus ;
Elle possédait le génie de vivre et de renaître sans cesse ;
Ah! comme elle s'était embellie et comme elle s'était rajeunie…
Et cette nation était la nôtre, et on l'extermine en ce moment
On la tue!... Au secours! Ah! au secours, sauvez-la...


Traduction Dr B. Missakian
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CRDA-Paris
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MessageSujet: Re: Poèmes intenses arméniens : sur le Génocide-1915 et au delà   Dim 12 Aoû - 16:20

Ils sont tombés...



Ils sont tombés, sans trop savoir pourquoi
Hommes, femmes, et enfants qui ne voulaient que vivre
Avec des gestes lourds comme des hommes ivres
Mutilés, massacrés, les yeux ouverts d’effroi.

Ils sont tombés en invoquant leur Dieu
Au seuil de leur église ou au pas de leur porte
En troupeau de désert, titubant, en cohorte
Terrassés par la soif, la faim, le fer, le feu.

Nul n’éleva la voix dans un monde euphorique
Tandis que croupissait un peuple dans son sang
L’Europe découvrait le jazz et sa musique
Les plaintes des trompettes couvraient les cris d’enfants.

Ils sont tombés pudiquement, sans bruit,
Par milliers, par millions, sans que le monde bouge,
Devenant un instant, minuscules fleurs rouges
Recouverts par un vent de sable et puis d’oubli.

Ils sont tombés, les yeux pleins de soleil,
Comme un oiseau qu’en vol une balle fracasse
Pour mourir n’importe où et sans laisser de traces,
Ignorés, oubliés dans leur dernier sommeil.

Ils sont tombés en croyant, ingénus,
Que leurs enfants pourraient continuer leur enfance,
Qu’un jour ils fouleraient des terres d’espérance
Dans des pays ouverts d’hommes aux mains tendues.

Moi je suis de ce peuple qui dort sans sépulture
Qui choisit de mourir sans abdiquer sa foi,
Qui n’a jamais baisser la tête sous l’injure,
Qui survit malgré tout et qui ne se plaint pas.

Ils sont tombés pour entrer dans la nuit
Eternelle des temps, au bout de leur courage
La mort les a frappés sans demander leur âge
Puisqu’ils étaient fautifs d’être enfants d’Arménie.


Charles Aznavour


- Charles Aznavour né à Paris, le 22 mai 1924 sous le patronyme de Varenagh Aznavourian.
- Dessin de Jansem publié à Beyrouth en 1965

#23
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CRDA-Paris
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MessageSujet: Re: Poèmes intenses arméniens : sur le Génocide-1915 et au delà   Jeu 16 Aoû - 17:05

L'étranglement
poème de Siamanto (1878 - 1915)



Entre les quatre murs d'une cave,
Nous nous sommes entassés quarante malheureux,
Tel un troupeau de bêtes
Poursuivies par les fureurs dune tempête de sable,
Tremblantes, bousculées par la vision de la mort ...
Un silence de pierre s'appesantissait sur nous avec toutes ses horreurs.
Pas le moindre chuchotement; tous retenaient leur respiration, et leur lèvres étaient cousues.
Nos regards terrifiés où brillaient des lueurs démoniaques
Allaient de l'un à l'autre; ils aspiraient la mort de l'autre ...
Ainsi, d'un jour à l'autre,
Figés dans le silence des pierres tombales, pris par les affres de la faim,
Nous forgions sur nos corps les transes de la frayeur ...
Et pour freiner notre rage et les désirs secrets de nos coeurs,
Plusieurs d'entre nous se mettaient à ronger rageusement leur doigts ...
Le silence de pierre se reflétait dans nos yeux tel l'infini ...
Par contre, au dehors, sous le soleil souriant, des milliers de barbares au visage bestial,
Que le pillage des champs et la destruction des villages n'avaient pas encore assouvis,
Cherchaient notre cachette et désiraient notre trépas...
Perdus dans les transes de la mort au fond des sinistres ténèbres de notre retraite,
C'est avec terreur, avec terreur et terreur, que nous entendions
Les cliquetis foudroyants des armes à feu, des lances, des baïonnettes et des épées,
Qui faisaient rage sous le soleil ...
Et les cadavres, les cadavres, tombaient sur le toit de notre cave,
En trébuchant comme des arbres déracinés;
Les gémissements des agonisants, tantôt déchirants, tantôt assourdis,
Traversaient les murs, pénétraient jusque dans notre cachette, en y semant la terreur.
A travers le toit de terre, qui nous servait de cercueil,
Le sang chaud qui coulait là-haut à flotsi" et qui suintait,
Se mit à tomber goutte à goutte sur nos visages …
Juste à cet instant, un nouveau-né se remit à pleurer, en poussant des cris stridents.
Cet être innocent allait nous trahir.
II ne nous restait plus qu'à commettre un crime, - c'était notre unique espoir -,
Lorsque sa mère, tout en sanglotant, enfin murmura ...
" Que la Miséricorde divine nous soit assurée; mes seins se sont taris;
II n'y reste plus rien, pas même une goutte; sinon du sang ...
Mon lait s'est tari jusqu'à la dernière goutte, il ne reste plus rien, faites ce que vous voulez ...
- Il faudra l'étrangler, cria quelqu'un, en levant son bras chargé de colère.
- Il faudra l'étrangler... Voilà ce que nous chuchotâmes tous les quarante à la fois ...
- Etranglez-moi d'abord, et mon enfant ensuite!
- Ça y est, on nous a découverts, déjà on donne des coups de pioche ...
- Nous avons été trahis tous à la fois, on déblaie déjà le toit ...
- Voilà de la terre qui tombe, et voilà la lumière qui perce.
- Je vous en supplie. Etranglez-moi, voici mon cou et celui de mon enfant... "
Et la mère arménienne, tendit vers nous, à travers les ténèbres, en même temps que son cou celui de son enfant …
Tout de suite, fendant l'obscurité, surgirent deux bras, qui, se tordant comme des serpents,
S'accrochèrent au cou de l'enfant, et le serrèrent furieusement ...
Le silence de la cave se transforma alors en une tempête.
Il me sembla un instant que nous étions tous fauchés par une mort bien méritée ...
Mais, un moment après, nous nous rendîmes compte que poussant dans sa déception des injures grossières,
La meute assoiffée de sang, s'éloignait déconcertée ...
Etait-ce notre salut? Mais les serfs peuvent-ils jamais s'émanciper? Etait-ce ainsi qu'on aurait dû se sauver? ...

Depuis lors, cette pauvre femme se traîne dans les rues, à moitié nue,
S'agrippe comme une folle aux trousses des inconnus, des passants, des ennemis et des étrangers, et elle gémit:
- " Voyez-vous ces mains, les voyez-vous, ces mains?
C'est moi-même, qui de mes mains, ai étranglé mon nouveau-né dans la cave ...
Croyez-moi! Oui, c'était moi-même. Oh! comme vous êtes injustes.
A votre tour, ayez au moins la pitié de m'étrangler; mes mains sont impuissantes.
Oui, c'est moi qui ai étranglé mon nouveau-né dans la cave, en y mettant toutes mes forces...
Vous êtes des gens sans coeur, étranglez-moi donc, mes mains n'ont plus assez de force... "


Traduction : Dr B. Missakian
#40
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MessageSujet: Re: Poèmes intenses arméniens : sur le Génocide-1915 et au delà   Mar 4 Sep - 1:54

La prose symbolique (et quasiment poétique) que nous vous proposons est tirée de l’oeuvre "Les Enchainés" de Lévon Chanth (1869-1951) [acte 3, scènes 1&2], inspirée du mythe de l’Arménie païenne de roi Ardavazt. Ce roi condamné à être enchaîné dans une grotte de la montagne sacrée de l’Ararat, doit un jour se libérer de ses chaînes et investir le pays arménien et son peuple. Ecrite en 1921, cette oeuvre aujourd’hui est cependant d’actualité psycho-sociologique, une actualité reflettant un inconscient collectif arménien en action dans le réel. Après l’implosion de l’Union soviétique et une indépendance de l’Arménie (dans le contexte mondial ?), une Arménie se dépeuple pour des raisons économiques à cause d'un blocus, mais aussi à cause d’un mirage, un mirage s'alimentant de l'Eldorado et de la fascination (orchestrée) de l'Occident ...N.A.

Les Enchainés


Je sais que ce n'est pas la curiosité qui vous amène ici aujourd'hui, ce n'est ni la curiosité ni l'habitude, ni la soif d'espoirs nouveaux. Avouez-le, vous tous, chacun dans le secret de votre âme, c'est le doute qui vous amène au pied de ce rocher, au fond de ce vallon.

"Où est-il? Où est Artavazd?" Voilà le cri de vos coeurs. «Où est-il celui qui devait paraître, qui devait faire éclore un jour nouveau?»

Et voilà que de nouveau le pain et la liberté manquent, que le dénuement est partout, que l'impôt vous écrase. Et voilà le bon plaisir et le bon vouloir pour un ou pour deux, la servitude pour tous, la persécution, la menace, les geôles pleines, la cité bouleversée, le faible opprimé.

"Où est-il? Où est Artavazd?" Voilà le cri de vos coeurs, de vos coeurs désolés ou troublés. "Que ne parait-il? Et doit-il paraître? Et quand?"

Je vous le dis: ajustez vos sandales, vos ceintures et vos coeurs. Bien longue est la route que vous devez encore parcourir. C'est le chemin tortueux de la sueur, des larmes et du sang, le très long et tortueux chemin semé de brutalité, de violence et d'oppression.

Vous avez gravi de hautes montagnes et vous êtes parvenus aux cimes. Quand je le voyais d'en bas, le sommet me paraissait tout proche, mais plus j’avance, plus il me semble s'éloigner.

"Comment, dites-vous maintenant en vos coeurs, n'avons-nous pas renversé la tyrannie, l'émir et le Turc, et les princes et les riches, tous ceux qui pillent et tyrannisent?" Oui, vous les avez renversés, mais qu'avez vous gagné? Nest-il pas plus pesant et plus insupportable, le joug du camarade devenu tyran, du tyran né parmi vous, parmi vos tristesses et vos pleurs et qui vous prend. votre pain, vos destins et vos âmes?

"A mort ! A mort !", voilà quel peut être aujourd'hui le cri de vos coeurs. Inutile ! Renversez le tyran, un autre arrive que, vous allez renverser et qu'un autre suivra. Et cela est sans fin. Sachez donc que vous n'avez rien à gagner tant que vous n'aurez pas détruit l'unique, le seul, le vrai tyran qui engendre et nourrit tout cela.

"Qui? Qui est-ce? Montre-le!"

Je vous le dis, vous avez gravi de hautes montagnes et vous êtes arrivés aux cimes. Quand j'étais en bas, le sommet que je voyais me paraissait le plus haut. Et à mesure que j'avance vers lui, de nouveaux sommets ne cessent de s'élever derrière. Je vous le dis, si vous voulez briser vos chaines et les rejeter, maitrisez et dominez ce tyran qui règne en chacun de vous, exterminez en vous le tyran !

Voilà qui vous étonne, je le sais, et je sais que ce n'est pas ce que vous vouliez entendre. Ce qui vous convient, ce sont les tyrans extérieurs, ceux contre lesquels on peut grincer des dents, protester, tempêter, ceux qu'on peut trahir. Mais je vous le dis, il est là, il erre au fond le plus obscur de vos âmes, ce tyran formidable qui veut tout dominer, qui veut dépouiller les autres, leur ravir le fruit de leur travail, qui exige révérence et adoration, qui exige que tous soient attentifs à ses plaisirs et à sas caprices. Le voilà, il est là dans l'ombre, au plus profond de vos âmes, là, dans l'âme de chacun de vous.

Vous direz que notre nature est l'oeuvre de Dieu. Mais qui vous a dit que Dieu a terminé sa création? Vous ne voyez donc pas l'imperfection de ee monde, sa misère et sa sauvagerie, la misère et les contradictions de ces malheureuses créatures? Non, vous n'êtes pas encore des hommes, vous n'êtes pas encore ces hommes que Dieu veut créer, vous n'êtes qu'une ébauche qui annonce l'homme, vous n'êtes que le premier essai de Dieu pour faire de l'animal un homme.

"Où est Artavazd? Où est-il?" Voilà le cri de mon coeur. Quand va-til briser ses liens, vos liens? Quand va-t-il sortir de l'obscurité et des abimes de vos âmes? Quand va-t-il sortir? Maintenant, c'est moi qui le demande. Où est-il? Où est mon Artavazd? Pourquoi, pourquoi le gardez-vous dans les liens et dans les fers, la servitude et la prison de vos poitrines? Où est-il, où est mon Artavazd? C'est moi qui maintenant vous le demande, c'est moi...

Lévon Chanth (1869-1951)
Extrait traduit par Pierre Ter Sarkissian


#88
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MessageSujet: Re: Poèmes intenses arméniens : sur le Génocide-1915 et au delà   Jeu 4 Oct - 0:40

Voici mon (seul) poème que j'ai écrit en 2001 :

Une année qui n'aurait jamais existée...



Et faisant appel de nouveau à la multitude atomique des ordinateurs

- ces transmetteurs de conscience aux quatre coins du monde -
nos âmes relaient sans cesse jusqu'aux galaxies
le souvenir de victimes d'un meurtre innommable
- un million et demi d'ondes infinies et éternelles -
mémoire vivante en déni et en fournaise d'un génocide impuni

[un crime perpétré-enfermé en une année sidérale occultée]
...une année 1915 qui n'aurait dû jamais exister.




Nil A.

#104


Dernière édition par le Jeu 4 Oct - 1:06, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Poèmes intenses arméniens : sur le Génocide-1915 et au delà   Jeu 4 Oct - 0:54

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MessageSujet: Re: Poèmes intenses arméniens : sur le Génocide-1915 et au delà   Mer 31 Oct - 1:39

La parole libère psychologiquement
les effets du traumatisme du crime imprescriptible
que l'art exprime face au mensonge.



La parole empêche l'héritier du bourreau -qui n'a pas reconnu son crime-
de faire perdurer ses effets ravageurs à cause du déni qui les actualise.

Car nous sommes dans le conscient de l'inconscient.
Si l'on peut définir le projet génocidaire comme une tentative de détruire un peuple en son entier,
de son origine à son devenir,
c'est dire qu'il s'agit avant tout, au-delà du meurtre réel des vivants,
de détruire l'ordre généalogique qui les constitue comme humains.



De cette destruction le déni est constitutif
puisque c'est lui qui en déniant le sens du projet génocidaire,
fait des morts des «n'ayant-jamais-existé»
et rend leur deuil impossible.

Ainsi le maintien actif de ce déni bloque toute vie psychique
en même temps qu'il empêche la symbolisation du meurtre
pour les héritiers des victimes comme pour ceux des bourreaux,
maintenant ainsi fantasmatiquement le couple boureau-victime intact
comme seul modèle de lien possible.

A la lumière de cela, quelles conséquences concrètes
mais aussi quelles impasses politiques,
ce maintien actif du déni par le gouvernement turc,
produit-il actuellement dans l'histoire des uns et des autres ?

Mais rien ne nous empêche d'en parler (en écrivant aussi de beaux poèmes ?)
pour ne pas que cela se reproduise comme ce fut le cas en 1939 avec Hitler disant
"Qui se souvient encore de l'extermination des Arméniens ?"

comme ce fut le cas encore avec le Cambodge, le Rwanda, la Bosnie
et maintenant en continuant toujours, semble-t-il, avec le Darfur.

Cela étant dit, voici un texte en arabe sur l'écrivain Lévon Chant (1869-1951)
qui a écrit le très beau texte du message précédent "Les Enchainés" :

http://www.awu-dam.org/adabagnaby/123/adab123-018.htm

Nil
#137
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