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 La création de l'Irak

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Antony
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MessageSujet: La création de l'Irak   Sam 30 Déc - 17:48

Bonjour

Bonne fête à tous les musulmans.

Un exposé bref et simplifié de la création de l'Irak.

Introduction

Le démantelement de l'Empire Ottoman lors de la Conférence de Sevres en 1920 pose la question du devenir des différentes contrées qui le composaient jusque-là et des hommes qui voudraient y gouverner.
A vrai dire, la volonté occidentale de s'ingérer dans les affaires de ces territoires a suscité durant la guerre de vives discussions conduisant à l'accord "secret" Sikes-Picot en 1916, prévoyant le partage de la région en zones françaises et britanniques. Les Arabes, sous l'égide du chérif de La Mecque, Hussein, mettent en place un "royaume arabe" et prévoient après la guerre une organisation en confédérations de l'espace. Au coeur de ces débats, la Mésopotamie suscite tout particulièrement l'intérêt des Britanniques.

Dans quelle mesure cet intérêt trace-t-il l'histoire de cette région durant la période de 20 ans qui sépare les deux grands conflits mondiaux ?

Répondre à cette question nécessite de suivre la progression des événements dont le découpage permet de faire ressortir trois grandes périodes : d'abord, la création de l'Etat irakien, ensuite la période du mandat britannisue (1920-1932), enfin la période de l'Indépendance et les mutations qu'elle engendre (1932-1939).
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Antony
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MessageSujet: Re: La création de l'Irak   Sam 30 Déc - 22:27

I/ La naissance tourmentée de l'Irak

A) Les conséquences de promesses non tenues

1- 1918-1920


- Sous l'influence du Britannique Mark Sykes, un indirect rule est mis en place dans la zone irakienne. En Décembre 1918, une consultation populaire est organisée pour permettre au peuple de choisir sa forme de gouvernement. Cette consultation est truquée et permet à la Grande-Bretagne de mettre l'administration locale sous tutelle britannique.

- En désaccord avec ce simulacre d'élection, les notables chi'ites - rappelons l'importance de l'implantation chi'ite à Nadjaf et Karabala- font appel au président américain Wilson pour faire que soient respectée la demande initialement faite par Fayçal et Hussein d'obtenir la pleine autonomie des territoires arabes. En vain.

- La Société Des Nations décrète que l'Irak sera un Etat sous mandat britannique, rappelons que la définition de ce terme est que le pays mandataire se doit d'accompagner les autochtones vers l'Indépendance par différentes mesures politiques et sociales et non procéder à l'occupation du territoire.

2- La révolte de 1920

- Le désaccord concernant la tutelle britannique est unanime chez les notables chi'ites comme chez les nationalistes et les sunnites. S'ensuit une grande vague de protestations relayées dans les villes et les campagnes. Au Printemps 1920, c'est l'Insurrection de Bagdad, organisée notamment par les notables chi'ites en coalition avec les sunnites. En Juin, la révolte devient nationale et les Britanniques sont obligés de reculer.

- Le haut-commissaire Sir Percy Cox reprend en main la situation en Octobre 1920 et fait reculer les insurgés. Le 11 Novembre, l'armistice est signé et un gouvernement est formé par Mohammed Al-Gaylani, à la solde des Britanniques.


Dès la fin de la guerre, les Britanniques se montrennt peu enclins à tenir les promesses faites aux représentants du Royaume Arabe, promesses visant à donner à ces pays leur autonomie immédiate. Ils ne sont donc pas bien accueillis mais continuent malgré tout à organiser la création d'un nouvel Etat.
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Antony
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MessageSujet: Re: La création de l'Irak   Ven 5 Jan - 2:23

B) Les conditions nécessaires à la création de l'Irak

1- 1ère mesure : mettre un homme de pouvoir aux commandes du pays

- Les révoltes locales font que la tutelle britannique est difficilement envisageable sans soutien louable d'une personnalité de ce monde même : l'émir Fayçal.
Fils du chérif de La Mecque, Hussein, l'un des principaux interlocuteurs lors de l'organisation de la révolte arabe contre l'empire ottoman durant la guerre dont il a pris la tête. Lorsque les troupes françaises débarquent au Moyen-Orient pour se constituer en quelque sorte occupants, il se proclame roi de Jordanie et organise en vain la résistance.

- Homme de terrain, au fait des aspirations économiques des Britanniques, prêt à la négociation et pour lequel les populations de Mésopotamie n'ont pas d'aversion.

- 21 Août 1921 : Conférence britannique du Caire, intronisation de l'émir Fayçal et constitution d'un Parlement.

2- 2ème mesure : déterminer les frontières

- Le tracé de la région moyen-orientale est difficile à élaborer, les oppositions entre nationalistes et gouvernements sont fréquentes et s'inscrivent dans la durée.

- A l'Est : le Chah Rezah d'Iran refuse de reconnaître le tracé frontalier avec l'Irak. Cette situation dure jusqu'en 1929. A l'Ouest et au Sud : l'abornement avec la Syrie est décrété officiellement en 1937.

- Sans même parler des voisins, le tracé est ralenti par les populations locales. Par exemple, les Kurdes, las d'attendre les promesses britanniques sur la constitution d'un Kurdistan, se révoltent sous l'impulsion de Berezendji. Ils sont défaits par les troupes britanniques. La SDN ne leur accorde qu'une autonomie linguistique et des libertés d'ordre culturel lors des Accords de Mossoul de 1924.


Pour parer les tentatives de révolte organisée par les notables et les nationalistes irakiens, furieux de ne pas voir les promesses faites durant la grande guerre se réaliser, les Britanniques organisent très vite l'institution d'un système monarchique susceptible de protéger leurs intérêts sur le territoire. Il importe de savoir quelle est la nature de ces intérêts et dans quelle mesure ils sont accueillis par les autochtones.
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Antony
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MessageSujet: Re: La création de l'Irak   Sam 13 Jan - 1:05

II/ Le mandat britannique en Irak

A) Les objectifs de la tutelle mandataire

1- Un objectif éthique

- Par le biais de l'Indirect Rule (un Etat étranger s'ingère dans la politique interne d'un pays jusqu'à l'obtenition de sa pleine autonomie), les Britanniques envisagent à terme l'Indépendance de l'Irak, la gestion du pays par des hommes responsables et capables de discerner la mesure des règles à suivre sur l'échiquier mondial.

- Héritage de la pensée coloniale considérant les autres peuples comme des sauvages qu'il faut éduquer pour arriver au modèle occidental, supposément plus abouti.
Par exemple: Développement des écoles (238 écoles en 1921 à 1863 en 1930) et de la presse.

2- Un objectif politique

- Prédomine bien sûr avant la bonne morale et la volonté de bien faire. Souci de donner de la cohérence politique entre Bagdad et White Hall (Londres). Le territoire est divisé en zones administratives. L'administration est verrouilée par le veto britannique sur les décisions préférectorales locales.
Les militaires sont formés sur le modèle britannique et par des officiers étrangers. De même, le contrôle aérien reste sous la tutelle britannique : les mouvements de révolte sont ainsi rapidement réprimés et cela donne la possibilité de surveiller la route commerciale des Indes.

3- Un objectif stratégique

- Le pétrole : au lendemain de la guerre, les Britanniques créent la wilayat de Mossoul, un ensemble de zones présumées pétrolières, dans le Nord du pays. La main est mise sur le pétrole , ce qui garantit la supériorité britannique sur le plan militaire.
Il faut savoir que l'exploitation du pétrole de Mésopotamie a commencé dès sa découverte en 1908. E, 1914 a été crée la Turkish Petroleum Company, associant la Grande-Bretagne, l'Allemagne et les Américains, leur permettant de détenir 23,75% des parts sur ce pétrole.

- 1927 : Découverte d'un gisement à Kirkuk qui permet la construction en 1935 d'un oléduc reliant Kirkuk à la Méditerranée, garantissant des facilités d'exportation de cette nouvelle énergie.


Animés d'une volonté de voir les peuples accéder à leur indépendance, les intérêts britanniques en Irak ne sont toutefois pas qu'éthiques. Cherchant à consolider ses positions militaires et économiques, la Grande-Bretagne mandataire est continuellement considérée comme occupant le territoire et exploitant ses ressources.
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Antony
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MessageSujet: Re: La création de l'Irak   Lun 29 Jan - 14:57

B) Difficultés britanniques et indépendance irakienne

1- Les révoltes irakiennes

- Les mauvais rapports des Britanniques avec les nationalistes d'une part et les notables shiites d'autre part ne sont pas apparus au fur et à mesure du mandat mais, comme on l'a vu, dès la fin de la 1ère guerre mondiale avec la révolte de 1920. L'intronisation de Fayçal n'a pas, de ce point de vue, calmer les esprits puisque les shiites restent, pour des motifs religieux, hostiles à l'ingérence d'infidèles dans les affaires du pays. Il a donc fallu, dès les premiers instants de l'Etat monarchique irakien (1923) procéder à des arrestations et des déportations en Perse des principaux chefs religieux et ce afin de consolider l'accord entre la Grande-Bretagne et l'Irak, ratifié le 10 Juin 1924.

- La présence britannique dans les affaires du pays est d'autant moins admise que les transformations sur le plan social sont à peine visibles. Du fait, par exemple, d'une entente notoire entre les responsables britanniques et les propriétaires terriens, embourgeoisés, les paysans demeurent en état de sevrage, ce qui implique des révoltes constantes et des répressions régulières.

2- L'indépendance irakienne

- A côté, les révoltes permanentes orchestrées par des orateurs nationalistes très convaincants auprès d'une population qui ne voit pas tellement de modifications à l'échelle sociale coûtent cher à l'armée et, dans une période de crise économique paraissant alors inextricable, la Grande-Bretagne a tout intérêt à accélérer le processus d'indépendance du pays.

- Ce qui importe aux Britanniques, plus que tout finalement, c'est la garantie d'un maintien de leurs intérêts économiques et politiques dans cette zone moyen-orientale. La simple main mise sur le pétrole irakien sur lequel les administrateurs locaux n'ont aucun droit de regard, est déjà un bon moyen de consolider les bases de cette idéologie.

- 30 Juin 1930 : traité irako-britannique permettant l'indépendance sous certaines conditions qui répondent à ce besoin de consolidation : alliance économique pendant 25 ans, coopération sur plan politique étrangère, 2 bases militaires près de Bassora et de Bagdad, disponibilité du territoire en cas de guerre, encadrement britannique de l'armée nationale.
3 Octobre 1932 : Irak reconnu indépendant.



Le mandat britannique, sous couvert d'une politique de responsabilisation des principaux chefs irakiens, se révèle un moyen redoutable de mettre la main sur un territoire au sol riche en pétrole et idéalement placé pour surveiller les route des Indes. L'incapacité à mettre fin aux révoltes des populations et aux cris des nationalistes a précipité une indépendance qui va provoquer l'émergence de nouvelles caractéristiques politiques, sociales et idéologiques.
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Antony
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MessageSujet: Re: La création de l'Irak   Dim 4 Fév - 22:54

III/ Indépendance et mutations

A) Divisions et coups d'Etat

1- 1933 : mort de Fayçal


- Malaise cardiaque sans profiter de l'Indépendance et sans participer à son orchestration débuté par un homme de confiance et de modernisation, Nuri Sa'îd (m.1958). Son fils, Ghazi se montre incapable de gérer son rôle d'arbitre entre les factions qui voudraient accaparer le pouvoir.

Période d'instabilité politique majeure : renforcement du rôle de l'armée
Exemple : Bakr Sidqi, repsonsable de la violente répression militaire contre les insurgés assyriens de l'été 1933.

- Pouvoir tenu par grandes familles sunnites, favorables au principe de l'oligarchie. Nuri Sa'ïd, Tassin al-Hachimi, Rachid Ali forment en 1935 un gouvernement de coalition. Groupe réformiste d'opposition = la jama'at al-ahali, préconisant des réformes sociales. A sa tête, Hikmat Suleiman.

2- Coup d'Etat

- Armée avec Bakr Sidqi et Hikmat Suleiman contre le gouvernement de Rachid Ali et Nuri Sa'ïd. Révoltes en 1934 = durcissement politique intérieure gouvernementale.
- Chaos national = coup d'Etat avec l'aide britannique. Aucune réaction des parlementaires. Hikmat Suleiman prend le pouvoir au détriment de Nuri Sa'îd en fuite.

- L'absence de réalisme quant aux problèmes sociaux irakiens entraîne en 1937 la chute de son gouvernement. Bakr Sidqi est assassiné le 11 Aoüt 1937 par les arabistes. L'armée ne quitte plus le pouvoir, caractéristique favorisée par la nomination d'un compagnon d'armes de l'Emir Fayçal par Ghazi et par le panarabisme croissant.

- 1939 : Retour de Nuri Sa'îd au pouvoir.



A la proclamation de l'Indépendance et à la mort du roi Fayçal, les tensions se cristallisent autour du pouvoir. Les arabistes doivent temporairement reculer devant la pression de l'armée et la montée du réformisme hostile à l'arabisme. C'est à cause d'une politique irréaliste que le gouvernement de Hikmat Suleiman est tombé. Il importe donc de comprendre quelles sont les dispositions sociales à l'origine de cet échec.
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MessageSujet: Re: La création de l'Irak   Sam 3 Mar - 15:06

B) Permanence idéologique et mustations sociales

1- Nationalisme arabe


- Irak = lieu de naissance de cette notion. Théorisée par un roche de l'émir Fayçal, Sati' al-Husri, qui entend exprimer à travers le terme de "Nation Arabe" l'importance de 3 formes d'unités :
Par la langue ;
Par l'histoire ;
Par le combat contre les résistances locales.

- La force de la Nation dépend donc de l'acceptation de la notion de "leadership". Les tentatives d'éradication de l'arabisme dans les années 1930 ont souffert la puissance de l'ancrage d'une telle idéologie dans les rangs de l'opposition, exacerbée par les tensions qui se créent en Palestine.


2- Une société en mutations

- Nouvelles infrastructures dessinent le paysage irakien
1935 : Oléoduc et exploitation pétrolière de Kirkuk - 1939 : Ligne ferroviaire Bagdad-Istanbul, barrage de Kut.

- Apparition d'une classe nouvelle d'ouvriers = organisations syndicales.
1931 : 1ères grèves ; 1936-37 : Grèves générales à Kirkuk, à Kut etc. Persistent durant le gouvernement de Suleiman qui malgré des tentatives de réformes, ne parvient pas à comprendre la puissance et la cohésion de ces mouvements de révolte.

- Nouvelles populations qu'il n'est pas facile de canaliser et dont les revendications réalistes sont très loin des propositions sociales de Suleiman qui concernent avant toute chose la vie urbaine (esor démographique) et la diversité linguistique (nuance avec attaques contre Kurdes).



Conclusion

La création d'un Etat monarchique en Irak ne se fait pas sans heurt ni sans une rancoeur certaine vis-à-vis des Britanniques incapables de tenir leurs promesses de donner l'autonomie aux territoires arabes. L'accès aussi rapide à l'indépendance n'a été possible que dans la mesure d'une régularité dans la révolte et d'un compromis politique et militaire favorable aux Occidentaux. L'instabilité qui suit la mort du Roi Fayçal oppose une oligarchie sunnite à un réformisme hostile à l'arabisme pourtant profondément ancré dans la société politique irakienne. Instabilité qui concerne aussi le champ social avec l'apparition d'une nouvelle catégorie de population, les travailleurs salariés.

Cette situation de conflit permanent contre les Britanniques et les dirigeants du pays ne change ni pendant la guerre, ni après. Les années de trouble se succèdent jusqu'à l'arrivée au pouvoir en 1958 d'un militaire, Abd al-Karim Qassem, provoquant dans les rangs populaires un enthousiasme oublié jusque-là.

Il est un fait que l'idée de Nation-Leader pour qualifier l'Irak n'a jamais quitté l'esprit des différents firigeants du pays et qu'elle a conditionné -et conditionne toujours- le rapport à la vie politique et le traitement des problèmes locaux. Notion combattue par les forces extérieures britanniques, pour une sauvegarde de l'exploitation pétrolière et consolidée à l'intérieur par les tentatives de résolution du problème ethnique posée par les populations kurdes. Il est remarquable de constater que ces deux thèmes cruciaux de l'époque, posés dès la création de l'Irak, soient encore actuels et soient encore les motifs pour lesquels l'on parle toujours du "cas de l'Irak".
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