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 Bâbur Shah (m. 1530)

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Abd95
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MessageSujet: Bâbur Shah (m. 1530)   Mar 6 Mar - 22:39

Bâbur Shah




Parmi la longue liste des personnages hauts en couleur qui peuplent les annales de l'histoire islamique, celle de Bâbur Shah, l'empereur des Indes, figure très certainement en bonne position. Au cours de sa vie, il connut toutes les gloires et toutes les déchéances, il échappa de justesse à la mort à d'innombrables reprises, il perdit et reconquit près d'une demie dizaine de fois ses royaumes successifs, devint chef de bande, à la tête de ses hommes il traversa les steppes et les montagnes, les forêts et les déserts. Lors de ses rares moments de repos il patronna les arts, encouragea une véritable renaissance culturelle et écrivit personnellement le récit de ses aventures.

Zahir al-dîn Muhammad, dit Babur Shah, est né le 14 février 1483 dans la ville d'Andidjan, au coeur de la vallée du Ferghana, au milieu des champs de mûriers. Son père, Umar Shaykh Mirza, gouvernait le pays depuis 1469. Il descendait en droite ligne du grand conquérant turc Timur e-Lang (m. 1405), par l'intermédiaire du troisième fils de ce dernier, Miran Shah (m. 1408). La mère de Babur, Qutlugh Nigar Khanum (m. 1505) était quant à elle une princesse gengiskhanide. Ainsi leur enfant à tout deux, réunissait-il à travers son sang l'héritage de deux grandes dynasties et celui de deux grands souverains, Timur et Gengis-Khan. Il en conçut d'ailleurs toute sa vie une grande fierté. La culture locale de la vallée de Ferghana servait de creuset à de nombreuses influences ; turques, persanes, chinoises et indiennes notamment. On y parlait le turc djaghataïde et le persan, langues que le petit prince apprit rapidement à maîtriser. En grandissant, il devint un homme d'une force extraordinaire qui pouvait, disait-on, porter un homme sur chacune de ses épaules. On commença à le surnommer Bâbur, c'est-à-dire la "Panthère".

A la mort de son père en 1494, l'adolescent de quatorze ans hérita du trône de Ferghana. Mais ses oncles, très ambitieux, étaient bien décidés à l'éliminer. Pour leur montrer sa force, il s'attaqua à la grande cité de Samarkand en 1497 et finit par s'en emparer. Mais l'arrivée des terribles Ouzbeks de Muhammad Shaybani dans la région à partir de 1500 ne lui laissa pas d'autre choix que l'exil dans les zones reculées de l'Indu-Kush. En 1504, à la tête d'une bande de mercenaires aguerris, le prince désormais sans couronne s'empara de Kabul, dont il fit sa nouvelle résidence. De là il tenta de reprendre l'initiative contre les Ouzbeks, notamment en les affrontant (sans succès) dans la région de Hérat (1506). Deux ans plus tard, une révolte au sein de sa propre armée le chassa de Kabul. Mais il parvint à reprendre la ville au terme d'un combat épique et rocambolesque. A cette même époque, les turcs shi'ites d'Azerbaïdjan, les Séfévides, étaient en train de réunifier une Perse depuis longtemps divisée. En octobre 1510, derrière leur imam, Shah Isma'il, ils parvinrent à battre l'armée uzbek près de Merv. Le roi de Kabul, Bâbur, imagina alors se joindre à eux dans l'espoir de reprendre Samarkand. Il se plaça sous l'autorité d'Isma'il dont il épousa la sœur et se convertit (brièvement) au shi'isme. En 1511, il fut donc capable de s'avancer puis de prendre Bukhara et Samarkand, villes où il fut accueillit en libérateur par la population locale. Mais son alliance politique et religieuse avec les Persans lui fut finalement fatale. Décrédibilisé, il fut surpris par un retour offensif des Ouzbeks quelques mois plus tard. Dès lors il perdit toute ambition de reconquérir jamais l'Asie centrale, autrefois fief des Timourides.

En pleine force de l'âge, Bâbur s'imagina alors faire valoir ses droits sur le trône indien de Delhi, qui avait été autrefois vassalisé par son ancêtre Timur. Il commença par élargir son autorité sur l'Afghanistan et s'empara de Kandahar. Il parvint également à se procurer des mousquets ottomans dont il équipa son armée à grand frais et qui lui furent par la suite d'une grande aide. En 1526, précédé par son fils aîné et principal lieutenant, Humayun, Bâbur s'avança finalement vers le Pendjab à la tête d'une force de 12.000 hommes, des Tadjiks pour la plupart, mais aussi des Pashtouns, des Turkmènes et quelques Mongols. Son adversaire, le sultan de Delhi, Ibrahim Lodi (d'origine afghane) vint à rencontre à la tête d'une force beaucoup plus importante. Après plusieurs engagements préliminaires, la grande bataille décisive eut lieu dans la plaine de Panipat, au nord de Delhi, le 26 avril 1526. Bâbur défit complètement l'armée de son ennemi qui fut tué. Trois jours plus tard, il fit son entrée dans Delhi puis dans Agra dont il fit sa capitale. Mais il dut bientôt défendre ses nouvelles possessions alors qu'elles étaient sous la menace des princes rajputs hindous. Le 17 mars 1527, à Khanwa, il parvint à écraser leur coalition mais, afin de mettre un terme définitif à cette guerre, il leur garantit une substantielle autonomie et une totale liberté de culte. En 1529, Bâbur dut encore livrer une bataille contre le frère d'Ibrahim Lodi, Mahmud Lodi, qui tenta vainement de récupérer le trône de sa famille avec l'aide de ses derniers partisans. Bâbur l'emporta et n'eut dès lors plus d'adversaire à sa hauteur dans toute la vallée du Gange.

Depuis Agra, Bâbur contrôlait un immense empire, s'étendant depuis Bénarès et Gwalior jusqu'aux sommets de l'Indu-Kush. Il nomma des gouverneurs fidèles et fit équiper son artillerie de canons modernes. Avec l'argent des impôts qu'il fit lever, il s'attela également à laisser un peu partout des monuments dignes de sa gloire nouvelle : mosquées, palais et jardins. La tradition a gardé le souvenir des fêtes et des réceptions somptueuses qu'il y donna, rassemblant pour ses milliers d'invités et de convives les meilleurs plats, la musique la plus enchanteresse ainsi que de nombreux danseurs, acrobates, poètes, conteurs, etc.

Finalement, après une courte maladie, Bâbur, âgé de seulement quarante-huit ans, décéda dans ses luxueux appartements de Agra, le 26 décembre 1530. Son fils aîné Humayun lui succéda. En 1539 le corps de son père fut transporté selon les vœux du défunt dans sa chère cité de Kabul, au coeur du jardin qui porte son nom et où il demeure encore de nos jours (Bagh e-Bâbur).

Doté d'un charisme certain et d'une habileté politique peu commune, Bâbur est essentiellement connu pour deux choses. Premièrement il a été le fondateur de la prestigieuse dynastie des Grands Moghols (ainsi nommée car Bâbur descendait effectivement des Mongols) qui devait règnait sur la plus grande partie de l'Inde jusqu'au 19e siècle. Deuxièmement il fut lui-même un écrivain et un poète de talent, mais aussi un juriste, un théologien et un botaniste. Il est notamment l'auteur d'un document exceptionnel, le Babur-Name (ou "Livre de la Panthère") dans lequel il fait le récit de sa propre vie et où il donne la mesure de son étonnante perspicacité. Bien que ses guerres aient fait beaucoup de victimes et causé de nombreuses destructions, Bâbur fut, en comparaison des standards de l'époque, un souverain relativement libéral qui ne chercha pas à s'imposer outre mesure dans les affaires de ses sujets. L'actuel Etat du Pakistan le considère comme l'un de ses pères fondateurs, mais sa mémoire est également honorée en Afghanistan et de manière plus contrastée en Inde et en Ouzbékistan.

Il eut sept épouses successives et près de dix-huit enfants, dont beaucoup moururent jeunes :

1) Aisha Sultan Begum (m. 1531), lui donna une fille, morte en bas âge.
2) Zainab Sultan Begum (m. 1507), ne lui donna pas de descendance.
3) Maham Begum (m. 1533), lui donna trois fils (Humâyûn, m. 1556, lui-même père de l'empereur Akbar ; Barbul Mirza, m. 1519 ; Farouk Mirza, m. 1527) et trois filles (Mihrjahan Begum, m. avant 1519 ; Esan Daulat Begum, m. avant 1519 ; Na Begum, m. avant 1519).
4) Masuma Sultan Begum (m. 1539) lui donna une fille, Masuma Sultan Begum (m.1539).
5) Gulrukh Begum Taghay Begchik (m. 1545), lui donna quatre fils (Kamran Mirza, m. en exil à La Mekke en 1557 ; Mohammed Askari Mirza, m. La Mekke en 1554 ; Shahrukh Mirza, mort jeune ; Ahmed Mirza, mort jeune) et une fille (Gulizar Begum, morte jeune).
6) Dildar Agha Begum (m. après 1550), lui donna deux fils (Abul Nasir Mohammed Hindal, tué en Arabie le 20 novembre 1551, il fut le père de Ruqqaya Sultan Begum, la femme de Akbar ; Alwar Mirza, m. 1529) et trois filles (Gulrang Begum, m. après 1543 ; Gulchihra Begum, m. après 1557 ; Gulbadan Begum, m. 1603).
7) Bibi Mubaraika Begum (m. après 1556), qui ne lui donna pas de descendance.


La tombe de Bâbur à Kabul : http://www.bookrags.com/images/ema/ema_01_img0084.jpg
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http://www.elirshad.com/
 
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