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 Muhammad al-Amin al-Shinkiti (m. 1972)

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Abd95
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Date d'inscription : 28/10/2006

MessageSujet: Muhammad al-Amin al-Shinkiti (m. 1972)   Mar 20 Mar - 0:03

Muhammad al-Amîn ibn Muhammad al-Mukhtar ibn Abd al-Kadir al-Djakani ash-Shankiti

Chinguetti, Mauritanie, 1325 [1897] - La Mekke, Arabie Saoudite, 17 dhu l-hidjdja 1393 [1972]

Comme son nom l'indique, le shaykh al-Shankiti était originaire de la ville de Chinguetti (شنقيط). Située dans la province de l'Adrar, au coeur du Sahara mauritanien, cette cité est célèbre pour avoir été, des siècles durant, l'un des centres d'études les plus prestigieux d'Afrique du Nord*. Muhammad al-Amîn appartenait à une famille (les Banu Djakani) issue de la tribu arabophone des Banu Makil, dont l'ascendance remontait (selon la tradition) aux Himyarites du Yémen. Il vécut les premières années de sa vie dans une ambiance faite de piété et de simplicité. Il gardera durant toute son existence l'habitude de vivre sans ostentation, à tel point que celui qui, le rencontrant sans le connaître, pouvait parfaitement ignorer qu'il avait devant lui l'un des meilleurs connaisseurs au monde du saint Kur'an, et l'un des plus fins spécialistes de la langue arabe.

Tous les membres de la famille Djakani étaient connus pour leur maîtrise et leur amour exemplaire des sciences de la religion. Muhammad al-Amîn termina l'apprentissage complet du Kur'an auprès de son oncle dès l'âge de dix ans. Il acquit également de bonnes connaissances en tadjwid grâce aux soins de son cousin. Enfin, sa propre tante lui dispensa des cours de grammaire tout en lui enseignant l'histoire du Prophète (sws), celle des Compagnons et celle de l'islam. Il avait douze ans lorsqu'il assista à l'entrée des troupes d'occupation françaises dans la noble cité de Chinguetti qui jusque-là avait relevé de l'émirat indépendant du Adrar. Ce fut un jour terrible pour l'adolescent. Les soldats français avaient en effet tué beaucoup de courageux mudjahidin, ils n'avaient pas hésité à prendre des otages et à réquisitionner du bétail afin de faire cesser toute résistance à leur autorité. Malgré cela, des combats sporadiques continueront à se produire pendant plus de quinze ans.

Dans la ville même la situation cependant retourna peu à peu à la normale et Muhammad al-Amîn put reprendre ses études. Lorsqu'il fut plus âgé il se perfectionna dans le fikh, le hadith, le tafsir et les usul al-dîn auprès de grands savants malikites. Ses talents et ses compétences lui valurent d'être bientôt nommé kadi. Les avis juridiques qu'il rendait dans le cadre de sa profession étaient toujours emprunts d'une grande sagesse et s'appuyaient sur une érudition sans faille.

En 1367/1948, il décida d'accomplir le hadj et il se rendit en Arabie. Au cours de son séjour il assura quelques cours et il impressionna son auditoire de par ses qualités humaines et l'ampleur de sa science. Ses hôtes l'invitèrent alors à rester parmi eux. La perspective de vivre sur les lieux mêmes où le Prophète (sws) avait vécu, dans un pays musulman libre, prospère, et dans lequel qui plus est, il aurait la possibilité de côtoyer des savants éminents venus du monde entier, tout cela fit que Muhammad Amin ash-Shankiti décida d'accepter l'offre qui lui était faite. Il commença à donner des cours dans l'enceinte même du Masdjid nabawi à Médine. En 1371/1952 on lui offrit un poste officiel à l'Université islamique de Riyadh, et il l'accepta de bonne grâce.

Il enseignera à Riyadh pendant près de vingt ans. Il comptera parmi ses nombreux élèves Muhammad ibn Salih al-Uthaymin, Attiyya Muhammad Salim, Bakr ibn Abdallah Abu Zayd, Rabi al-Madkhali, qui occuperont tous d'importantes fonctions. Abd al-Aziz ibn Baz avait quant à lui l'habitude de venir assister aux cours de tafsir que donnait le shaykh.

Comme Abu Bakr al-Djazai'ri, le shaykh ash-Shankiti a fait parti de ces quelques savants maghrébins qui ont su conquérir le profond respect et la déférence de leurs collègues de la péninsule arabique.

Parmi ses nombreux travaux :

1) Adwa-ul-Bayân fî Tafsîr-il-Kur'ân bil-Kur'ân* [vaste commentaire du Kur'ân, considéré par de nombreux savants comme une référence en la matière]
2) Al-Mudhakkirah fî Usul-il-Fikh [un court traité sur les principes de Fikh]
3) Adab Al-Bah-th wal-Munâdhara ["Convenances pour la recherche"]
4) Alfiyyah fil-Mantik Daf'u Ihâm Al-Idtirâb 'an Ayât-il-Kitâb
5) Man'u Djawâz Al-Madjâz
6) Mandhumah fil-Farâ'id [sur les lois de l'héritage]
7) Furu' Mâlik [texte poétique]
8] Sharh 'alâ Marâkî As-Sa'ud [d'après une dictée qu'il fit à ses étudiants]
9] Sharh 'alâ As-Sullam [d'après une dictée qu'il fit à ses étudiants]
10) Ansaab-ul-'Arab [texte poétique]
11) Manâhidj wa Dirâsât li-Ayât-il-Asmâ was-Sifât [transcription écrite d'un cours qu'il donna à l'université islamique le 13 du mois de Ramadan en l'an 1382 de l'Hégire]

Le shaykh mourut à l'âge de 75 ans, à La Mekke, peu de temps après la fin du Hadj***. Il fut enterré dans la ville sainte et Abd al-Aziz ibn Baz accomplit sur lui la salat djanaza.

Ses deux fils, Abdullah ibn Muhammad al-Amîn ash-Shankiti et Muhammad al-Mukhtar ibn Muhammad al-Amîn ash-Shankiti (m. 1985) ont suivi les traces de leur père et sont devenus à leur tour des savants réputés.

--------------

Notes :

* Un projet financé par l'ONU a été lancé voilà quelques années afin de préserver de la ruine les très nombreux manuscrits authentiques qu'abritent encore les mosquées de la ville. Plusieurs dizaines de milliers de chef d'œuvres ont ainsi pu être préservés du sable (http://www.saudiaramcoworld.com/issue/200306/mauritania.s.manuscripts.htm)
** Le commentaire Adwa al-bayan, en dix volumes, est disponible auprès des éditions Dar al-Kutub al-ilmiya, Beyrouth (dernière édition 2003).
** *Il est mort juste devant la Ka'aba, pendant la prière de dohr.
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Muhammad al-Amin al-Shinkiti (m. 1972)
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