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 Dynasties de l'islam : la péninsule arabique

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Abd95
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MessageSujet: Dynasties de l'islam : la péninsule arabique   Jeu 22 Mar - 15:38

Cadre géographique et historique

La péninsule arabique est située à la jonction des continents asiatique et africain. Cette zone, grande comme trois fois la France, est dotée d'un climat désertique ou semi désertique. Montagneuse à l'Ouest et au Sud, elle est relativement plane à l'Est. Au Yémen, les montagnes de grès abritent cependant une culture très particulière. Sédentaires de longue date, les habitants y vivent dans des villages perchés. Le climat y est plus doux, notamment en raison de l'influence de la Mousson. Les pentes sont boisées ou cultivées en terrasses. Plus au Nord, dans l'Asir et le Hedjaz, cette fertilité va s'amenuisant, le décor se fait plus minéral et seuls d'ingénieux systèmes d'irrigation permettent le développement de quelques grandes cités (comme à Pétra). L'Arabie centrale est quant à elle une vaste zone de steppes arides, entrecoupées de grandes mers de sable. La chaleur diurne y est insupportable en été. Un peu partout de longues dépressions forment cependant le réceptacle d'oasis parsemées de plantations de palmiers-dattiers. En raison des influences maritimes, le littoral est doté d'un climat un peu plus tempéré, rocailleux ou corallien, les hommes y vivaient traditionnellement du commerce maritime, de la pêche et de la culture des huîtres perlières.

Culturellement, la péninsule a été soumise à diverses influences (réciproques) ; éthiopiennes au Yémen, indiennes à Oman, proche-orientale au Nord. Les populations historiques du lieu sont les Arabes, sédentaires au Yémen, nomades presque partout ailleurs, sauf dans les oasis. C'est parmi les sédentaires du Hedjaz, en 610 de l'ère chrétienne, qu'est né l'Islam, et c'est à partir de-là qu'il s'est diffusé dans le reste du monde. Dès l'année 656 cependant, les califes ont préféré quitter le Hedjaz pour s'installer en Irak et en Syrie, cela afin de mieux contrôler ce qui était devenu le nouveau centre de gravité de leur empire. Le Hedjaz et l'Arabie dont dès lors cessé d'être les coeurs politiques de la Communauté des Croyants, même si les villes de La Mekke et de Médine, qui avaient abrité le Prophète (sws) et ses Compagnons, sont demeurées des villes saintes, parcourues chaque année par des milliers (puis des millions) de pèlerins.

Au cours du 9e siècle de l'ère chrétienne, l'autorité des califes qui s'était jusque-là exercé sur les clans et les tribus d'Arabie fut battue en brèche, notamment en raison de l'influence grandissante du shi'isme et du zaydisme. Le Yémen fut perdu dès 820, puis le Oman, puis vint le tour de l'Arabie centrale vers 880 et finalement celui du Hedjaz. En somme vers 900, toute l'Arabie avait implosé et s'était détachée de tout contrôle extérieur.

. Karmates
La prédication longtemps clandestine des Ismaéliens put se faire au grand jour dès lors que le califat abbasside perdit tout moyen de la réprimer. Des missionnaires (duat) syriens et irakiens jusqu'alors plutôt actifs dans les quartiers pauvres des grandes villes réussirent à obtenir la conversion de plusieurs tribus bédouines qui se mirent à leur service. Ainsi débuta le mouvement des Karmates (vers 875). Très aguerris, fanatisés et convaincus d'ouvrir une nouvelle ère de l'histoire, les Karmates semèrent la mort et la dévastation dans toute l'Arabie, ainsi qu'en Syrie et en Irak. Ils attaquèrent les caravanes, et se lancèrent à l'assaut des villes mal défendues. Vers 910 il fondèrent même un puissant royaume sur la côte du Hasa d'où ils envoyèrent des troupes qui pillèrent La Mekke en 930. Les Abbassides semblaient dépassés mais finalement l'Etat karmate déclina de lui-même pour disparaître complètement en 1077 lorsque les Seldjoukides s'emparèrent du Bahrayn où ils s'étaient réfugiés et où ils avaient fondé un Etat à la structure sociale très "égalitaire".

. Zaydites
Comme on l'a dit, les gouverneurs abbassides du Yémen ont assez tôt perdu toute leur autorité au profit des tribus. Le mouvement de délitement à débuté en 818 lorsque le gouverneur de Zebid s'est déclarer indépendant de Baghdad (sa lignée, celle des Ziyadites contrôlera la cité jusqu'en 1018). En 897, un chef alide, Hussayn ibn Yahya, appartenant au mouvement zaydite (une branche modérée du shi'isme) se proclama quant à lui imam dans la région de Sana'a. A la même époque, d'autres membres de sa famille élargie parvinrent à faire de même en Iran, et furent à l'origine de puissantes dynasties locales (zaydites du Djilan, zaydites du Tabaristan) qui toutefois ne purent se maintenir très longtemps. Au contraire, la longue lignée des 72 imams zaydites du Yémen n'a perdu le pouvoir dans la région de Sanaa et Saada qu'à la faveur de la révolution socialiste de 1962. Pendant des siècles, ils ont transformé l'arrière-pays yéménite en une forteresse inexpugnable. Ils ont réussi à défendre leur indépendance dans la région malgré les nombreuses tentatives menées contre eux par les dynasties qui contrôlaient les régions côtières. Parfois même, ils sont parvenus à quitter leurs montagnes et à placer tout le pays sous leur autorité (notamment au 17e siècle). Les Zaydites, même si leur monarchie à été renversée depuis plus de quarante ans, continuent à ce jour de représenter une force démographique et politique que nul leader yéménite ne saurait ignorer.

. Ibadites
Considérés comme des Kharidjites modérés, les Ibadites (Ibadiyyun) n'en furent pas moins pourchassés par les califes Omeyyades puis par les Abbassides. Certains se réfugièrent au Maghreb où, loin de toute autorité centrale contraignante, ils purent fonder leurs propres royaumes (dont les cités-états du Mzab algérien sont une lointaine survivance). D'autres ibadites se replièrent quant à eux dans les montagnes de l'Oman (le Djabal Akhdar), au Sud-est de la péninsule arabique. Leur histoire ancienne demeure en partie obscure, toujours est-il qu'ils parvinrent assez rapidement à constituer de solides Etats dans l'arrière-pays, depuis leur capitale de Nizwa (vers 750). Ils purent alors faire venir leurs coreligionnaires encore installés à Basra dans le Irak, là où le mouvement avait été autrefois fondé. Cette première lignée d'imams ibadites (il y en eut quatre autres par la suite) domina Oman jusqu'en 1154 et se maintint malgré les assauts des Karmates, des Bouyides puis ceux des Seldjoukides. Détrônés par les Banu Nahban, les imams purent se rétablir en 1418. Aux 16 ème et 17 ème siècle ils défendirent vaillamment le pays contre les envahisseurs Portugais qu'ils expulsèrent de leurs forteresses côtières. En 1622 ils furent néanmoins contraints de se replier devant les Persans. Après avoir chasser ces derniers en 1741 Ahmad ibn Sa'id al-Sa'id (m. 1783) fonda le sultanat de Mascate et d'Oman, dont l'actuel sultanat d'Oman est l'hériter direct. La dynastie des Sa'id, utilisant les compétences millénaires des marins omanais, se tailla un vaste empire commercial dans l'Océan indien, s'étendant depuis l'Inde jusqu'aux côtes Africaines (et notamment Zanzibar) en passant par Socotra. A la fin du 19e siècle, ces territoires passèrent aux mains des Anglais. En 1959, les Sa'id (bien que confessant eux-mêmes l'ibadisme) sont parvenus à expulser le dernier imam des Ibadites, Ghalib ibn 'Ali, qui se maintenait encore dans les reliefs de l'intérieur. En 1971 le sultanat d'Oman réussit également à se défaire du protectorat britannique.

. Sulayhides, Najahides et Ayyoubides
L'histoire du Yémen entre le 9e et le 13e siècle est particulièrement complexe. En 992 les Fatimides s'emparent d'une partie du pays et placent au pouvoir la dynastie des Sulayhides qui capture Sanaa en 1058 au détriment des Zaydites et qui se maintiendra jusqu'en 1138. Pendant ce temps, en 1018, les Banu Nahja (ou Najahides d'origine éthiopienne) prennent la succession des Ziyanides à Zebid avant se voir remplacés par les Mahdides en 1150. En 1173, toute la région est finalement conquise par les Ayyoubides venus d'Egypte sous la conduite du propre frère de Salah al-dîn, Turan-Shah. Lui et ses descendants rétabliront l'autorité du sunnisme dans la région. Cette domination étrangère dura jusqu'en 1229 lorsqu'un général ayyoubide du nom de 'Umar ibn 'Ali se révolta et s'empara du pouvoir, fondant ainsi la dynastie des Rasoulides.

. Rasoulides
Entre 1229 et 1454 le Yémen fut sous la domination des Rasoulides (Banu Rasul). Cette dynastie connut son apogée au cours du long règne du fils du fondateur, Muzzaffar Yusuf ibn Umar (m. 1295). Ce fut sans conteste la période la plus brillante de l'histoire médiévale du Yémen. Le port de Aden devint le nœud du vaste réseau commercial qui reliait la Chine et l'Inde à l'Egypte et à l'Europe. Pendant un temps, Muzzaffar contrôla depuis ses capitales de Zabid et de Sana'a tout le quart sud-est de la péninsule arabique, depuis La Mekke jusqu'au Hadramawt. De nombreux sultans rasoulides furent des lettrés et des savants réputés.

. Tahirides
Les Tahirides (Banu Tahir) renversèrent les derniers Rasoulides en 1454. Assez rapidement, à cause de la progression des Zaydites vers le Sud, ils ne contrôlèrent plus que la région d'Aden, où ils furent d'ailleurs attaqués par les Portugais. En 1538 les Tahirides perdirent cette dernière cité au profit des Ottomans. Ces derniers tentèrent alors de s'emparer de l'intérieur des terres mais ils se heurtèrent eux aussi aux farouches Zaydites si bien que ce n'est qu'en 1571 qu'ils purent déclarer achevée la conquête du Yémen. Ce n'était qu'un répit.

L'histoire du Yémen à compter de cette date et jusqu'au 19e siècle sera marquée par cette opposition constante entre les côtes ottomanes et les montagnes zaydites. A partir de 1839 les Britanniques interviendront comme troisième acteur de ce jeu complexe. Finalement le Yémen ne sera réunifié qu'en 1994.

. Hachémites
Pour la première fois après le départ du calife Ali pour Kufa en 656, et définitivement après l'élimination des Zubayrides en 692, les villes saintes de La Mekke et de Médine redevinrent de simples villes provinciales, administrées depuis le Croissant fertile par l'intermédiaire de gouverneurs aux ordres des califes. Le déclin du califat abbasside à partir de 830 changea cependant la donne. Les émirs locaux s'organisèrent sous la direction de divers clans hasanides (ou Banu Hasan, c'est-à-dire descendants d'al-Hasan ibn 'Ali, d'où leur titre de "chérifs" et leur surnom de Hachémites) qui professaient le rite zaydite. Après le sanglant épisode Karmate des années 910-950, une famille hasanide, celle des Jafarides parvint à s'imposer et à fonder pour la première fois une véritable dynastie (962-1061). Une autre famille hasanide, celle des Hawashim lui succéda en 1062 et se maintint au pouvoir jusqu'en 1200. Après quoi une troisième dynastie hasanide gouverna La Mekke. Comme elle fut fondée par Katada ibn Idris, elle fut connue sous le nom de Banu Katada et elle conserva son trône jusqu'en 1925. Les chérifs Hachémites de la Mekke possédaient une fonction prestigieuse, celle de gardiens de la ville la plus sainte de l'Islam. Cela ne les empêchait pas d'être très pauvres, compte tenu de l'aridité de la région sur laquelle ils exerçaient leur contrôle. Cette pauvreté, compensée en partie par leur isolement, les plaça à la merci des pouvoirs politiques étrangers, qui se battirent souvent pour obtenir leur soumission, même symbolique. Les chérifs surent jouer de ces rivalités pour conserver une relative autonomie. A partir de la fin du 10e siècle ils furent sous la tutelle des Fatimides, après quoi l'influence yéménite fut la plus sensible. Finalement, en 1186, les Ayyoubides parvirent à leur faire abjurer le zaydisme et à les rallier au sunnisme. En 1260 ils passèrent sous l'autorité des Mamlouks d'Egypte, puis en 1517 sous celle des Ottomans qui installèrent un gouverneur et une garnison dans la cité. Plutôt lâche au départ, le contrôle turc se renforça au 19e. En 1916, le chérif de La Mekke, Hussein ibn 'Ali, s'allia aux Anglais contre les Turcs avec l'espoir de se voir nommer calife et roi des Arabes. Ses attentes furent déçues, même si deux de ses fils furent installés par les Anglais sur les trônes des royaumes d'Irak et de Jordanie. Le véritable fief de la dynastie cependant, le Hedjaz, fut perdu en 1924-1925 lorsque les Saoudiens du Nadjd lancèrent contre lui leurs armées et s'en emparèrent. La dynastie des Hachémites règne toujours sur la Jordanie (mais elle a perdu l'Irak suite à un coup d'Etat militaire en 1958).

. Saoudiens
Défendant farouchement leur indépendance et maîtres d'un territoire d'ailleurs difficile à contrôler, les Arabes du Nadjd continuaient de vivre au 18e siècle comme ils l'avaient fait mille ans plus tôt. Tandis que les Ottomans gouvernaient les ports de la côte, les déserts de l'intérieur étaient le domaine des nomades, qui se déplaçaient sous la tente avec leurs troupeaux, de puits en puits ou au grès des averses qui faisaient verdir les pâturages. Les rares villages, installés dans les oasis, étaient quant à eux aux mains de grandes familles d'origine tribale vivant dans des fortins de brique ou de pisé. Tout changea vers 1740, lorsqu'un prédicateur de la tribu des Banu Tamim s'allia à un émir de Diriyyah, issu du clan Banu Sa'ud (fraction de la tribu des Banu Anazah). Avec pour ambition de faire revivre l'islam originel, les deux hommes et leurs partisans se lancèrent dans une grande épopée politico-militaire qui leur permit effectivement de contrôler en quelques années la plus grande partie de la péninsule arabique, y compris les villes saintes de La Mekke et Médine (1803). Les Ottomans demandèrent alors aux Egyptiens de Muhammad 'Ali d'intervenir pour contrer cette grandissante menace. Débarqués à Djeddah, les Egyptiens reprirent le Hedjaz, s'avancèrent vers le Nadjd et détruisirent la forteresse de Diriyya et avec elle le premier Etat saoudien (1818). Regroupés derrière les rares survivants, les saoudiens reconstruirent cependant un second Etat, qui fut à son tour détruit par des alliés des Ottomans (1890). Surgit alors un homme exceptionnel, Abd al-Aziz ibn Abd al-Rahman al-Sa'ud (m. 1953) qui en 1902 fonda le troisième Etat saoudien du Nadjd. Grâce à son charisme et à son intelligence politique, il unifia les Bédouins sous son autorité, les sédentarisa, les équipa militairement et repartit avec eux à l'assaut de la péninsule. De 1902 à 1934, au terme d'incessantes campagnes, il adjoignit au Nadjd les provinces du Hasa, de Qassim, celles de Hedjaz, du Asir, de Nadjran, etc. Après quoi il proclama la création du royaume d'Arabie saoudite. A partir des années 1940, la découverte d'abondants gisements pétroliers et gaziers allait permettre à ce royaume de devenir ce qu'il est aujourd'hui.
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