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 Dynasties de l'islam : le plateau iranien

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Abd95
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MessageSujet: Dynasties de l'islam : le plateau iranien   Jeu 22 Mar - 17:31

As salam aleykum

Cadre géographique et historique

L'Iran est situé au Sud-ouest du continent eurasiatique. C'est une vaste région de plateaux d'altitude moyenne, entrecoupés de larges vallées, dominés par quelques hautes chaînes de montagnes (le Zagros et l'Alborz) autrefois boisées mais aujourd'hui largement dénudées. Ces chaînes sont séparées par de grands déserts de sel (ceux de Lut et de Kavir notamment). A l'Est, l'Indu-Kush sépare le monde persan du monde indien. Au Nord, la Caspienne ainsi que les fleuves Syr-Daria et Amu-Daria forment une zone de contact avec le monde de la steppe. A l'Ouest, le plateau iranien s'achève dans les basses terres fertiles de la Mésopotamie. Au Sud, le golfe persique et le golfe d'Oman le maintiennent à distance de la péninsule arabique. Il n'y a qu'au Nord-Ouest qu'il se prolonge vraiment, ce qui d'ailleurs explique les contacts étroits que les populations d'Iran ont toujours entretenus avec celles du Caucase et d'Anatolie (de fait, kurdes et arméniens sont de langue perse). Le climat est presque partout aride ou semi aride et les températures élevées durant la journée, seules les hauteurs sont arrosées et jouissent de températures plus clémentes. Les principales agglomérations sont situées le long des axes de circulation est-ouest, c'est-à-dire le long de la "Route de la Soie", dont l'Iran constituait jadis le point nodal.

Ethniquement, la région fut autrefois domaine des Elamites. Elle est désormais peuplée par des populations persanophones et cela depuis le 10e siècle avant l'ère chrétienne. Les Perses, d'abord nomades puis sédentaires ont fondé de grands Etats au cours de l'Antiquité, chose dont ils sont très fiers. Les empires achéménides, parthes et sassanides ont été de loin les plus puissants. Ils ont entretenu une longue et âpre rivalité avec le monde gréco-romain. Les Arabes musulmans, installés quant à eux au 7e siècle fusionneront assez rapidement avec les autochtones. Depuis l'an 1000, et durant près de cinq siècles, de nombreuses invasions turcophones ont entraîné des évolutions notables dans la répartition ethnique de l'Iran, notamment à l'Est et dans le Zagros où l'on compte de nombreuses ethnies de souche turkmène.

De la première moitié du 7e siècle jusqu'au début du 9e siècle le plateau iranien a été dominé politiquement par les califes de Médine, de Damas puis de Baghdad. A partir de 820, leur contrôle, déjà souvent contesté, a été de plus en plus lâche, jusqu'à disparaître complètement. Dès lors l'Iran fut contrôlé, successivement ou simultanément, par de nombreuses dynasties locales. Il faudra attendre les années 1500 pour qu'une seule famille, celle des Safavides, refasse durablement l'unité du pays. Elle est à l'origine de l'Iran contemporain.

. Tâhirides
Les Tâhirides sont issus d'un gouverneur au service des Abbassides, un certain Tahir, qui réussit à se rendre autonome vis-à-vis de Baghdad en 822. Elle domina une bonne partie de l'Iran oriental jusqu'à ce qu'elle ne soit renversée par les Saffârides.

. Samanides
La dynastie des Samanides, comme la précédente, fut fondée par des gouverneurs au service des Abbassides de Baghdad. Profitant de l'affaiblissement politique de leurs suzerains, ils finirent par s'en rendre indépendants, tout en conservant d'assez bons rapports avec l'Irak (892). Leur domination dura plus d'un siècle, elle s'étendit sur une très large zone, comprenant ce qui constitue aujourd'hui l'Iran oriental, l'Ouzbékistan, le Turkménistan, l'Afghanistan et le Tadjikistan. Ils appuyèrent l'islamisation de ces territoires et firent de leurs deux capitales, Bukhara et Samarkand, des villes au renom culturel incomparable. C'est à la cour des Samanides qu'ont œuvré les célèbres savants et traditionnistes musulmans al-Bukhari et Muslim. Les Samanides perdirent finalement le pouvoir lorsque leur empire fut envahi par des tribus turcophones venues d'Asie centrale, les Karakhanides (voir la partie consacrée à l'Asie centrale).

. Saffârides
Fondée par un obscur aventurier surnommé Saffar ("le chaudronnier"), la dynastie des Saffârides connut une spectaculaire ascension entre 867 et 900, période durant laquelle elle domina une bonne partie de l'Iran depuis sa capitale de Zarandj, située dans la province du Seistan. Vassalisée par les Samanides dès 900, elle survécut cependant jusque vers 1500 sous des tutelles extérieures successives.

. Ziyarides
Dynastie fondée vers 927 par des vassaux des Samanides qui étaient parvenus à prendre leur indépendance. Ils gouvernèrent l'Iran du Centre et du Nord pendant près d'un siècle, jusqu'à ce que les Ghaznavides, puis les Seldjoukides ne leur ôtent toute autorité.

. Bouyides
Originaires de la province iranienne du Daylam, proche de la Mer Caspienne, les Bouyides, qui étaient au départ de simples mercenaires, parvirent à se faire nommés gouverneurs de plusieurs provinces puis, en 945, à mettre le califat abbasside (ou plutôt ce qu'il en restait) sous leur tutelle. Ils prirent alors le titre d'amir al-umara (émir des émirs). Pendant près d'un siècle, leur autorité s'étendit sur l'Iran, l'Irak, le Oman, l'Azerbaïdjan. Bien que de confession shi'ite, ils se montrèrent assez tolérants envers le sunnisme et tentèrent d'appliquer une politique de modération. L'économie marquait des signes de déclin, mais la culture baghdadienne connut l'un de ses apogées. Finalement, les querelles internes qui éclatèrent entre les princes rivaux de la dynastie les empêchèrent de pouvoir résister aux assauts des redoutables seldjoukides qui, après avoir conquis l'Iran, firent leur entrée à Baghdad en 1055.

. Ghaznavides
Cette célèbre dynastie a été fondée vers 997 par un prince afghan d'origine turque qui était parvenu à se rendre indépendant des Samanides. Son fils, Mahmud, dit Mahmud Ghaznawi (m. 1030), fit de sa capitale, Ghazni, une des villes les plus riches du monde. Grand conquérant, il lança de nombreuses expéditions vers l'Inde et vers l'Iran, permettant à son empire de tripler de taille en quelques années. Après sa mort, les Ghaznavides perdirent l'Iran au profit des Seldjoukides, mais ils parvirent à se maintenir en Afghanistan et dans le nord de l'Inde jusqu'en 1186.

. Seldjoukides
Issus d'une tribu turque d'Asie centrale, les princes Seldjoukides parvinrent à s'emparer de l'Iran (1038-1043) puis de l'Irak (1055), et finalement de la Syrie (1080), de l'Arménie et de l'Anatolie (1071). Peu nombreux, ils s'iranisèrent assez rapidement. L'apogée de leur domination se situa entre 1055 et 1092, lorsqu'ils furent dirigés par une série de princes valeureux (Tughril Beg, Alp Arslan et Malik Shah), aidés par un ministre remarquable, Nizam al-Mulk. Dès les années 1100 cependant, les différents princes de la famille Seldjoukides se disputèrent et prirent leur indépendance chacun dans une zone particulière. Souvent, eux-mêmes finirent par perdre leur autorité au profit de leurs conseillers (les atabegs). C'est dans ce contexte malheureux que survinrent les premières Croisades qui firent tomber Jérusalem (1099). Les Seldjoukides perdirent finalement l'Iran au profit des guerriers Khorezmiens en 1194. A la même époque, les califes abbassides, longtemps tenus à un simple rôle d'apparat par les Bouyides puis par les Seldjoukides parvinrent à reprendre le pouvoir en Irak. Finalement, la seule la branche des Seldjoukides qui parvint à se maintenir au pouvoir un peu plus longtemps que les autres (jusqu'en 1300) fut celle qui dominait l'Anatolie (et que l'on appelait pour cette raison Seldjoukides de Rum, car l'Anatolie était peuplée de "Romains", c'est-à-dire de Byzantins héritiers de l'empire romain), mais il faut faire remarquer qu'elle était passée sous la tutelle des Mongols dès 1243.

. Khorezmiens
La domination des Khorezmiens sur l'Iran fut aussi brève que spectaculaire. Issue d'une famille qui gouvernait le Khorezm (actuel Ouzbékistan) pour le compte des Seldjoukides depuis 1077, elle se rendit indépendante vers 1150 puis enleva l'Iran aux Seldjoukides en 1194. Elle subit de plein fouet l'assaut des Mongols en 1219 et s'effondra rapidement (1231).

. Ilkhanides
Après s'être emparés de l'Asie centrale, les terribles Mongols conquirent l'Iran et une partie du Croissant fertile entre 1221 et 1260. Là ils installèrent des gouverneurs, au service du grand-khan qui continuait de résider en Mongolie. Ces gouverneurs formèrent une dynastie, celle des Ilkhanides, fondée par le prince Hulagu (m. 1265), elle se perpétua jusqu'en 1340. Au début, ils se montrèrent très hostiles à l'Islam car c'est l'Islam qui représentait le principal obstacle à leur domination. Ils détruisirent les mosquées, ravagèrent les madrasas, les bibliothèques, incendièrent des milliers de villes et de villages. Peu à peu cependant, la religion fit des progrès dans leurs rangs, si bien qu'au bout de deux générations, la plupart des Mongols étaient devenus musulmans et s'étaient fondus dans la masse des habitants persans. Mal dirigés, ils virent leur pouvoir s'affaiblir, et leur empire finit par éclater au milieu du 14e siècle. Partout des dynastes locaux se rendirent indépendants : Muzzafarides à Yazd (voir ci-après), Djalayrides en Anatolie et en Irak, etc.

. Muzzafarides
Gouverneurs au service des Ikhanides, les Muzzafarides profitèrent de l'anarchie qui régnait en Iran pour prendre leur indépendance dans la région de Yazd (1336). Ils étendirent leur autorité sur le Fars et le Kirman mais furent vaincus par l'armée timouride en 1393.

. Timourides
La dynastie des Timourides fut fondée par un homme exceptionnel, Timur i-Lang (ce qui en persan signifie "Timur la Lame", il fut appelé Tamerlan par les chroniqueurs français), un aventurier musulman issu du clan turc des Barlas, de la région de Samarkand. S'étant emparé de cette grande cité en 1370, il passa les trente-cinq années qui lui restait à vivre à guerroyer contre ses voisins. Ses chevauchées fantastiques l'amenèrent de l'Iran jusqu'en Syrie, de l'Anatolie jusqu'en Inde, de la Russie jusqu'au Caucase et il mourut alors qu'il se préparait à envahir la Chine. Partout il sema la mort et la désolation, mais comme il voulait également laisser une trace plus positive dans l'histoire, il transforma sa capitale, Samarkand, en l'une des cités les plus riches et les plus somptueuses d'Asie, y déportant au passage des milliers d'artistes et de savants. Ses successeurs, bien qu'ils se soient souvent montrés de brillants mécènes, ne furent pas aussi bons soldats que lui. Ils laissèrent son empire se diviser en royaumes rivaux. Les derniers d'entre eux furent finalement annexés par les Ouzbeks en 1500-1510. Un des princes de la famille, cependant, Babur Shah, parvint à se réfugier en Inde, où il fonda la prestigieuse dynastie des Moghols (voir la partie consacrée à l'Inde).

. Kara-Konyunlu ("La dynastie des Moutons noirs")
Dynastie turcophone qui domina une partie de l'Iran entre 1378 et 1468.

. Ak-Konyunlu ("La dynastie des Moutons blancs")
Cette dynastie turcophone domina une partie de l'Iran et de l'Azerbaïdjan entre 1378 et 1508. En 1468, après avoir supplanté ses rivaux les Kara-Koyunlu, elle atteint l'apogée de son pouvoir. Elle fit de sa capitale, Tabriz, une cité sans rivale, mais elle fut bientôt supplantée par les Safavides (1508).

. Safavides
Issu d'une famille turque et d'une confrérie soufie sunnite implantée depuis le 13e siècle dans la ville d'Ardabil, la dynastie des Safavides connut un destin contradictoire puisqu'elle fonda en fin de compte un empire iranien et shi'ite. En effet, en 1499, le jeune prince safavide Isma'il Shah (m. 1524) se proclama comme imam caché dans la ville d'Ardabil et, en quelques années, il parvint à réunifier la Perse désunie depuis près de 4 siècles. Il proclama alors le shi'isme duodécimain comme religion d'Etat et créa une redoutable force armée (basée sur le corps des Kizil-Bash, les "Têtes-Rouges") qui lui permit de tenir tête aux Ottomans et aux Ouzbeks. Après sa mort, ses successeurs continuèrent de gouverneur l'Iran durant plus de deux siècles. Le règne du fameux Shah Abbas (m. 1640) marqua l'apogée de la dynastie. Il fit de sa capitale Ispahan une ville des arts et des lettres, extrêmement renommée, il encouragea le commerce, édifia une administration centralisée et une armée de soldats professionnels. Après sa mort toutefois, les Safavides entrèrent en décadence. Ils perdirent finalement le pouvoir en 1722 après que les Afghans aient envahit l'Iran et se soient emparés d'Ispahan. Bien que les envahisseurs aient fini par être chassés, les tentatives de restauration de la dynastie safavide échouèrent. Entre 1736 et 1786, deux hommes d'envergure, Nadir Shah (m. 1747) et Karim Khan (m. 1779), réussirent à dominer tout le pays sans pour autant parvenir à fonder de dynastie solide. Avant que finalement les Qadjars ne s'imposent.

Notons au passage que c'est un ancien émir de Nadir Shah, le pashtoun Ahmad Shad Durrani (m. 1772) qui fondera en 1747 le royaume d'Afghanistan.

. Qadjars
Montés sur le trône peu après la fin de la dynastie des Safavides, les Qadjars (d'origine turcomane) dominèrent l'Iran durant plus d'un siècle, continuant l'œuvre de leurs prédécesseurs. Ils firent de Téhéran leur capitale en 1786. Ils tentèrent également de créer un Etat et une armée moderne, mais ne connurent pas toujours le succès. A partir des années 1800 ils durent lutter contre la pression des armées européennes (russes en particulier) qui leur enlevèrent de nombreux territoires (Azerbaïdjan et Géorgie en 1828, Hérat en 1858).

Finalement, ils furent renversés par un officier, Reza Pahlavi qui fonda en 1921-1926 la dernière dynastie de l'histoire iranienne. Son fils, Mohammad Reza Pahlavi, fut chassé du trône par la Révolution islamique de 1979.
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