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 Dynasties de l'islam : Maghreb, Sicile, Andalousie 1/2

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Abd95
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MessageSujet: Dynasties de l'islam : Maghreb, Sicile, Andalousie 1/2   Ven 23 Mar - 17:21

As salam aleykum

Cadre géographique et historique

En langue arabe, on désigne sous le nom de Maghreb ("Pays du Soleil couchant") la partie nord-ouest du continent africain. C'est une région au relief très accidenté, qui s'ouvre néanmoins à l'ouest sur une large plaine agricole, qui elle-même s'achève sur les rivages sablonneux de la petite Syrte. Plus on s'avance vers l'Ouest, plus l'altitude s'élève, plus les cultures deviennent rares et plus la nature se fait sauvage, jusqu'à ce qu'on pénètre dans l'Atlas, où les sommets atteignent voire dépassent les 4.000 mètres d'altitude. En revanche, sur la façade atlantique et dans les grandes plaines en contrebas de l'Atlas les précipitations sont plus fréquentes et la vie quotidienne moins difficile. Au Sud, les confins ouvrent invariablement sur le Sahara, immense zone désertique, parsemée de rares oasis, ou les grands massifs montagneux dénudés succèdent aux grandes étendues de dunes et aux plateaux arides. Au Maghreb, les populations du littoral ont traditionnellement vécu de la pêche et/ou de la guerre de course. Dans les terres était pratiquée une agriculture céréalière et fruitière (et notamment la culture de l'olivier). Les hauts plateaux de l'intérieur étaient quant à eux le domaine de l'élevage d'ovins et de caprins pratiqués par des populations semi-nomades. Dans le grand sud enfin, en raison des conditions climatiques extrêmes, le commerce caravanier, la culture des dattes et l'élevage des camélidés étaient les seules ressources des rares habitants.

Dès la haute Antiquité, une population lybico-berbère de religion animiste semble avoir habité la région et fondé quelques importantes chefferies. L'influence punique qui s'exerça à partir du 7e siècle avant J.-C amena la transformation de certaines de ces chefferies en de puissants royaumes qui passèrent ensuite sous l'influence puis finalement sous la domination des Romains qui eux-mêmes émigrèrent en grand nombre sur les anciennes côtes puniques. Aux 2e et 4e siècles, on assista à la christianisation des régions occidentales. La chute de l'empire romain, suivie par l'occupation vandale puis par le retour en force des Byzantins en 553 permit aux populations de l'intérieur de conforter leurs traditions locales et leur indépendance politique (indépendance qui n'avait d'ailleurs jamais été remise en cause dans le grand sud ou dans le haut Atlas où la domination romaine ne s'était pas exercée). L'islamisation du Maghreb aura finalement été un processus relativement rapide. L'expulsion des byzantins de la région fut acquise entre 650 et 700. Au cours des années qui suivirent les Omeyyades s'assurèrent l'alliance des tribus de l'intérieur dont beaucoup participèrent à la guerre menée à partir de 711 dans l'Espagne wisigothique. En 740 éclata cependant une grave révolte qui mit à bas la domination califale. Le Maghreb central et occidental vit naître une multitude de principautés. Tandis que les tribus berbérophones reprenaient leur indépendance, de nombreux "exilés politiques" en provenance du Moyen-Orient s'aventurèrent dans la zone et participèrent à la fondation des premiers Etats islamiques. Le processus d'arabisation fut bien plus long que celui d'islamisation et il se fit moins par installation de migrants arabophones que par acculturation des populations locales au contact des milieux urbains. De fait, les régions demeurées majoritairement berbérophones seront surtout les plus rurales (parce que montagneuses ou désertiques).

. Omeyyades d'Espagne
Après la chute et le massacre de la dynastie omeyyade de Syrie, l'un de ses princes, le jeune Abd al-Rahman, parvint à se réfugier en Andalousie, où il supplanta rapidement le gouverneur local, créant une nouvelle dynastie, celle des Omeyyades d'Espagne, qui se maintint au pouvoir jusqu'en 1021. Cette longue domination devait donner naissance à l'une des plus brillantes épopées culturelles et artistiques de l'histoire islamique. Les souverains de Cordoue durent s'imposer en face de nombreux ennemis extérieurs (les Carolingiens de Gaule, les princes chrétiens des royaumes du nord, les Normands, les Fatimides) mais leurs plus dangereux adversaires furent en définitive leurs propres soldats ainsi que leurs propres vizirs et gouverneurs qui ne ratèrent jamais une occasion de se rebeller et qui, finalement, mirent à bas la dynastie. Cependant, certains règnes, et notamment celui d'Abd al-Rahman III (m. 969) ou celui du vizir al-Mansur (m. 1008) furent particulièrement prospères. Ces hommes surent se faire respecter par leurs sujets, ils édifièrent une administration centralisée et compétente ainsi qu'une armée puissante et redoutée, ils remplirent leurs villes de monuments somptueux (ce dont témoignent les restes de la grande mosquée de Cordoue ou du palais d'al-Zahra), protégèrent les arts et les lettres, menèrent une politique d'expansion aussi bien vers le Nord que vers le Sud, et cela tout en garantissant la cohabitation pacifique des différentes communautés religieuses.

La chute finale de la dynastie omeyyade en 1031 coïncida avec l'éclatement du califat en une multitude de principautés (les Taïfas) qui furent toutes conquises les unes après les autres par les rois chrétiens du Nord. Seule la dynastie des Nasrides de Grenade réussit à se maintenir indépendante (jusqu'en 1492). Forcés de se convertir au christianisme sous peine de mort, les derniers musulmans quittèrent finalement l'Espagne en 1609.

. Le temps des principautés kharidjites et alides
Entre le milieu du 8e siècle et la seconde moitié du 10e siècle, aucune dynastie ne parvint à s'imposer réellement au Maghreb. La région fut dès lors partagée en une multitude de principautés rivales, qui professaient souvent des doctrines hétérodoxes : Berghwatas de Tamesna (748-1048), Midrarides de Sidjilmasa (757-958), Ibadites du Djebel Nefusah (758-923), Rustamides de Tahert (777-911), Idrissides de Tlemcen (786-923), Idrissides de Oualila puis de Fas (788-978), etc.

. Aghlabides
Les Abbassides de Baghdad, héritiers des Omeyyades assurèrent avec difficulté leur autorité sur l'Ifrikiyya (nom donné à la partie orientale du Maghreb). Ils ne purent cependant gouverner la région qu'en s'appuyant sur la famille d'origine khorasanienne des Aghlabides (800). Le fondateur de la dynastie, Yazid, fut incapable malgré ses efforts d'achever la conquête du Maghreb central qu'il dut abandonner aux Rustamides de Tahert. Rapidement libérés de toute tutelle extérieure en raison du déclin abbasside, les Aghlabides s'attelèrent la construction d'un Etat copié sur le modèle baghdadien. Ils firent édifier la grande mosquée de Kayrawan, frappèrent monnaie, s'entourèrent de prestigieux savants malikites et développèrent le commerce. Au 9e siècle ils s'emparèrent de la Sicile ainsi que de Malte au détriment des Byzantins. Mais leur centralisme heurta de front les tribus des Aurès qui appuyèrent en retour un aventurier syrien, Ubaydallah, qui se faisait passé pour l'imam occulté. Après avoir soulevé la région tout entière, Ubaydallah entra dans Kayrawan et mit fin à la dynastie aghlabide (909). Le dernier prince se réfugia en Palestine où il mena une vie de piété.

. Fatimides
Mené par son ambitieux chef, le syrien Ubaydallah (864-934), le clan des Fatimides obtint le soutien de tribus berbérophones des Aurès, ce qui lui permit de renverser les Aghlabides en 909. Après avoir (difficilement) établi leur contrôle politique dans la région, les Fatimides débutèrent une politique impérialiste dont ils espéraient bien qu'elle finirait bien par leur donner le pouvoir sur l'ensemble du monde musulman. Entre 920 et 980, grâce à des campagnes militaires fulgurantes et très audacieuses, ils parvinrent effectivement à contrôler l'ensemble des territoires s'étendant entre Tlemcen au Maghreb et Alep en Syrie (voire le chapitre consacré à l'Egypte pour plus de détails). Ils fondèrent une première capitale à Mahdiyya (921) puis ils s'installèrent au Caire (973). Une fois établis en Egypte, ils laissèrent derrière eux des gouverneurs, les Zirides, qui ne tardèrent pas à se rendre indépendants (en ce qui concerne la seconde partie de l'histoire fatimide, voir la partie consacrée à l'Egypte).

. Kalbites
Dynastie d'origine yéménite qui gouverna la Sicile entre 949 et 1053. Les Fatimides d'Ifrikiyya, qui avaient hérité la Sicile de leurs prédécesseurs Aghlabides y nommèrent en 949 Hassan al-Kalbi (m. 962) comme gouverneur. Les émirs kalbites surent faire de la Sicile un Etat puissant et centralisé, doté d'une économie prospère. Leur capitale, Palerme, devint même l'une des plus grandes cités du monde islamique. Ils menèrent des raids en Italie du Sud et surent repousser les attaques byzantines et celles de l'empereur Otton II (982). Mais des conflits internes firent bientôt voler en éclat l'unité sicilienne et bientôt l'île se retrouva divisée en cinq émirats rivaux. Peu de temps après la chute de la dynastie, les Normands d'Italie du Sud attaquèrent la Sicile et en firent la conquête (1061-1072).

. Zirides
Les Zirides sont issus du clan berbère des Kotama, lui-même fraction de la grande confédération des Sanhadjas. Ils s'étaient alliés aux Fatimides au début du 10e siècle. Après que les imams fatimides se furent installés en Egypte, ils nommèrent leurs fidèles vassaux comme gouverneurs de l'Ifrikiyya (973). Bologhin ibn Ziri (m. 984) consolida la domination fatimide sur l'Afrique du Nord en créant la ville d'Alger et en s'emparant de Fès (980). Ses descendants directs furent cependant impuissants devant la sécession provoquée par un membre de leur famille, Hammad ibn Bologhin en 1014. Quelques années plus tard, profitant des difficultés que rencontraient leurs suzerains fatimides en Egypte, les Zirides parvinrent à de se rendre officiellement indépendants d'eux, ils abandonnèrent le rite ismaélien et rallièrent le sunnisme (1045). Le calife fatimide les punit en envoyant vers l'Afrique du Nord les turbulents guerriers de la tribu Banu Hilal qui ravagèrent le sud-tunisien et faillirent effectivement venir à bout des Zirides qui perdirent Kayrawan (1057). Repliés sur les côtes, les derniers zirides tombèrent sous la coupe des Normands de Sicile (1146) et furent finalement balayés par l'arrivée des Almohades (1160).

. Hammadides
La dynastie des Zirides, à peine fondée, se scinda en deux lorsque Hammad ibn Bologhin (m. 1028), l'oncle ambitieux de l'émir de Kayrawan, parvint à se rendre indépendant dans l'Atlas tellien (1014). Ses descendants, les Bani Hammad embellirent leur capitale d'al-Qala (fondée en 1007, près de la moderne Sétif) jusqu'à en faire l'une des plus grandes cités de la région. Durement étrillés par les invasions hilaliennes, les Hammadides se replièrent sur les côtes, faisant de Bejaia leur nouveau centre. Ils furent vaincus par les Almohades en 1152.

. Almoravides
La dynastie des Almoravides, en arabe al-Murabitun, tire son nom d'un ribat ("forteresse") situé sur l'île de Tidra (actuelle Mauritanie) où son fondateur, Abdallah ibn Yassin, avait réuni ses premiers partisans vers 1040. Ceux-ci, membres de la tribu berbérophone des Lamtuna, appartenant à la grande confrérie berbère des Sanhadjas, formeront le socle de l'armée des almoravides. Ces derniers se posaient comme les défenseurs d'un sunnisme malikite très rigide. Après s'être imposés dans la région du fleuve Sénégal, ils remontèrent à travers le Sahara jusque vers l'Atlas sous la conduite de leur émir Yusuf ibn Tashfin et ils fondèrent la ville de Marrakesh (1062). A partir de là, et en quelques décennies seulement, ils rallièrent ou s'imposèrent aux différentes chefferies de la région (prise de Tlemcen, 1080) avant de passer en Espagne où ils défirent les princes chrétiens (1086). L'empire almoravide était alors à son apogée. Mais il commença à se morceler sous la poussée de la "Reconquista" espagnole et suite aux attaques des Almohades venus du Sous. La chute de Marrakesh en 1147 marqua la fin de la dynastie, même si des princes almoravides conservèrent un royaume indépendant dans les îles Baléares pendant encore quelques décennies.

. Almohades
Fondée par Ibn Tumart, un prédicateur de l'Anti-Atlas qui était parvenu à faire des tribus locales l'embryon d'une armée redoutablement efficace, la dynastie des Almohades (al-Muwahhidun) étendit sa domination à l'ensemble du Maghreb et à une partie de l'Andalousie au terme d'une épopée fulgurante. Après la mort d'Ibn Tumart en 1130, ses successeurs commandés par le célèbre Abd al-Mu'min (m. 1163) se lancèrent à l'assaut des bastions almoravides. Fès tomba entre leurs mains en 1146, Marrakesh l'année suivante, puis ils s'avancèrent jusqu'à Tunis et Tripoli de Libye, chassant au passage les Normands qui s'étaient installés-là à la faveur du déclin de la dynastie ziride. Dans le même temps les Almohades passèrent en Andalousie, une région où ils parvinrent à contenir durant un temps la poussée chrétienne vers le Sud. Les années 1160-1210 représentent sans conteste l'époque la plus brillante de l'histoire almohade. Fondateurs de Rabat, bâtisseurs de la grande mosquée de la Kutubya à Marrakesh et de la Giralda de Séville, protecteurs des arts et des lettres, les premiers Almohades furent sans conteste de grands souverains. Mais la défaite qu'ils subirent face aux Castillans et aux Aragonais à la bataille de Las Navas de Tolosa, près de Tolède en 1212 marqua le début de leur rapide déclin. Leurs principaux vassaux les abandonnèrent et se déclarèrent indépendants. Repliés dans leurs fiefs du Sud marocain, les derniers Almohades furent éliminés par les Mérinides entre 1269 et 1275.

. Hafsides
Les Hafsides tirent leur nom de leur ancêtre, Abu Hafs Umar Inti (1090-1175) qui avait été l'un des principaux adjoints de Ibn Tumart et le véritable numéro 2 de l'empire au cours du règne de Abd al-Mu'min. Son fils, Abu Muhammad, fut nommé gouverneur de l'Ifrikiyya en 1207. Profitant des difficultés politiques rencontrées par les Almohades en Espagne et dans le Maghreb central, ses descendants réussirent finalement à garantir leur souveraineté (1229), fondant ainsi la dynastie des Hafsides, qui se maintiendra au pouvoir dans l'Est du Maghreb, et cela malgré de nombreuses vicissitudes, jusqu'en 1574. L'apogée des Hafsides se situa très certainement au 13e siècle, alors qu'ils contrôlaient une grande partie des côtes nord-africaines, débouchées du commerce saharien et axe central du trafic méditerranéen. En 1255 le souverain de Tunis se proclama même calife, et en 1270 il repoussa la 8e Croisade devant les murs de sa capitale. Les décennies suivantes furent moins brillantes et les Hafsides durent faire face à de nombreuses rebellions et coups d'Etat. Leurs domaines furent plusieurs fois divisés entre princes rivaux ou occupés par leurs adversaires politiques. Au 15e siècle, les émirs Abu Faris (m 1434) et Uthman (m. 1488) redonnèrent un peu de lustre à leur dynastie. A partir de 1510 cependant, les menées chrétiennes reprirent de plus belle et plusieurs villes de la côte tombèrent sous la domination des Espagnols. La région devint alors le lieu d'un combat acharné entre Castillans et Turcs ottomans. Complètement dépassés par les évènements, les ultimes souverains tunisiens perdirent toute autorité. En 1574, le dernier d'entre eux fut remplacé par un gouverneur turc.

... à suivre partie 2
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