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 Dynasties de l'islam : Maghreb, Sicile, Andalousie 2/2

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Abd95
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MessageSujet: Dynasties de l'islam : Maghreb, Sicile, Andalousie 2/2   Ven 23 Mar - 17:21

Suite de la partie 1

. Mérinides
Les Mérinides (ou Mariniyyun, ou Banu Marin) formaient à l'origine un clan berbère semi-nomade de la région du fleuve Moulouya. Les défaites subies par les Almohades en Espagne leur ouvrirent le chemin du pouvoir et, dès 1217, ils parvinrent à contrôler la majeure partie du Rif. Au cours des décennies suivantes leur rébellion prit de l'ampleur, ils s'avancèrent peu à peu vers le Sud et finirent par s'emparer de la capitale almohade en 1269. A partir de 1270 ils tentèrent à plusieurs reprises de venir en aide aux Andalous mais la grave défaite qu'ils subirent face aux Castillans en 1340 les refoula définitivement vers l'Afrique du Nord. Ce fut le début du déclin pour la dynastie des Mérinides. Les derniers sultans perdirent la réalité de leur pouvoir au profit de leurs vizirs qui finirent par les renverser, fondant ainsi la nouvelle dynastie des Wattassides. Nonobstant ce fait, le 14e siècle représenta sûrement un apogée pour l'art et l'artisanat marocain, car les Mérinides surent mettre à profit les talents de nombreux Andalous réfugiés chez eux, particulièrement à Fas, leur capitale.

. Abdalwadides
Cette dynastie, également connue sous le nom de Ziyyanide (ou Banu Ziyyan) est issue du clan Zanata des Abd al-Wad. Elle prit le pouvoir à Tlemcen en profitant de l'affaiblissement des Almohades (1235). Les sultans abdalwaddides installés à Tlemcen soutinrent un long combat contre leurs voisins mérinides tout au long des 13-15e siècle avec pour enjeu la possession de l'Afrique du Nord. Ce combat n'eut ni vainqueur ni vaincu et ne servit qu'à les affaiblir en face de leurs adversaires. La faiblesse coupable des Abdalwaddides face aux menées espagnoles dans la région et leur acceptation d'une forme de protectorat chrétien amena la population à faire appel à l'aide ottomane (1518). Ceci qui permit aux Turcs de s'emparer de la côte algéroise d'où ils chassèrent effectivement les Croisés et par la même occasion les Abdalwaddides (1554).

. Ottomans "Barbaresques"
A partir des premières années du 16e siècle, des aventuriers turcs se présentèrent en Méditerranée occidentale. Ils se placèrent sous l'autorité des petits princes des régions côtières qu'ils aidèrent à triompher des attaques espagnoles qui se faisaient de plus en plus pressantes. Après quoi ils finirent par s'emparer du pouvoir à leur propre compte. Finalement, pour obtenir les armes, l'argent et les hommes dont ils avaient besoin, ces aventuriers, sous la conduite de leur chef, Khayr al-dîn, dit Barberousse (m. 1546), finirent par se placer officiellement sous la protection du sultan d'Istanbul qui accepta de les nommer comme gouverneurs d'Afrique du Nord. Installés principalement à Alger, ces corsaires turcs (que les européens appelaient "barbaresques") étendirent leur domination à toute la région entre 1520 et 1575, parvenant à repousser définitivement les Croisés chrétiens et à s'imposer face aux tribus de l'arrière pays. Finalement, profitant des difficultés rencontrées par le pouvoir central ottoman, ils finirent par se rendre complètement autonomes vis-à-vis d'Istanbul. A Tunis (autonome à partir dès 1591) et à Alger (dégagée de la tutelle ottomane en 1642), ils formèrent des dynasties locales qui conservèrent le pouvoir jusqu'au début de 19e siècle, lorsque l'invasion française mit un terme à leur domination (perte de Alger en 1830, de Oran en 1831, de Constantine en 1837 et de Tunis en 1881).

. Wattassides
Les Wattassides (ou Watassiyyun, ou Banu al-Wattas) sont issus d'une puissante famille appartenant à la noblesse zanata (les Zanata, ou Zénètes formaient une grande confédération tribale berbère installée au Nord du Maroc). A partir de 1420 ils ont pris le pouvoir en tant que vizirs (premiers ministres) des derniers sultans mérinides. Après bien des péripéties, ils supplanteront finalement leurs anciens suzerains et, en 1472, ils s'empareront pour eux-mêmes du titre sultanien. Toutefois, leur impuissance face à la menace que faisaient porter les souverains espagnols et portugais sur le Maroc leur fit rapidement perdre tout crédit. Repoussés du Sud marocain par les Saadiens, ils furent complètement éliminés par ces derniers en 1554 alors qu'ils ne contrôlaient déjà plus depuis longtemps que la région de Fas.

. Saadiens
Comme leurs successeurs alaouites, les Saadiens (Saadiyyun) sont issus d'une lignée chérifienne du grand sud marocain. Maîtres d'un gros village du oued Draa, ils se présentèrent comme les remparts de l'islam face aux menaces chrétiennes que les Wattassides semblaient incapables de juguler. Dans les années 1510-1520, ils surent s'imposer comme les maîtres du Sous grâce à leurs étonnantes capacités militaires, au soutien des tribus et à celui des confréries religieuses. Entre 1530 et 1554, les Saadiens réussirent coup sur coup à chasser les Portugais des côtes (prise d'Agadir, 1541) et à s'emparer du nord du pays face aux derniers Wattassides (prise de Fas, 1550). Au cours des décennies qui suivront, les sultans saadiens parviennent à maintenir l'indépendance de leurs Etats face à la pression ottomane, ils défont une grande armée d'invasion portugaise (1578) et s'emparent d'une grande partie du Sahara occidental, jusqu'à Tombouctou (1591). Le règne de Ahmad al-Mansur (1578-1603) représente sans conteste l'apogée (politique, économique et culturel) de la dynastie, mais sa mort ouvre une terrible période de guerre civile et d'anarchie qui entraîne la ruine des Saadiens. Les derniers d'entre eux succomberont sous les assauts des Alaouites.

. Alaouites
La dynastie des Alaouites, (ou Alawites, Alawis, en arabe 'Alawiyya) gouverne le Maroc depuis le 17e siècle. Elle trouve son origine dans une modeste famille de shurafa (descendants du Prophète sws) installés dans l'oasis du Tafilalt. La tradition dit qu'ils ont été invités à venir s'installer-là par les habitants du crû, au 13e siècle, et cela afin d'accroître la fertilité de leurs plantations grâce à l'influence de leur baraka supposée. Durant plusieurs siècles ils n'ont été que de simples notables locaux, mais l'Etat d'anarchie qui s'installa rapidement après la chute des Saadiens leur offrit l'occasion de constituer un petit Etat souverain (vers 1610). Le fils du fondateur, Mulay Rashid, banni par son frère, se lança quant à lui à l'assaut des territoires voisins. Au cours d'une brillante épopée militaire, il parvint à s'emparer de Taza, puis de Fas (1666) et finalement de Marrakesh (1669) et du Sous, réunifiant ainsi une partie du domaine dispersé après l'extinction des Saadiens. Son frère, Mulay Isma'il (m. 1727) sut faire de cet ensemble disparate un Etat solide et relativement prospère. Il fit reconstruire Mekhnès pour en faire sa capitale et expulsa les Européens de la plupart des ports qu'ils étaient parvenus à occuper sur les côtes marocaines. Après une période d'anarchie consécutive aux terribles luttes que menèrent entre eux ses nombreux enfants pour la conquête du pouvoir (en s'appuyant sur les contingents de l'armée de leur père), Muhammad ibn Abdallah (m. 1790) réussit à ramener la paix et la sécurité en 1757. On lui doit également la fondation de Mogador. Au 19e siècle les différents sultans alaouites qui se succédèrent sans trop de difficultés ne manquèrent ni d'intelligence politique ni de courage, mais aucun ne fut capable d'empêcher la "tribalisation" progressive de pans entiers du pays ni les interventions de plus en plus pressantes des puissances européennes. En 1912, le pays passa finalement sous le protectorat de la République française. L'administration sultanienne (le Makhzen) devint un appendice de l'administration française et les soldats français "pacifièrent" le pays pour le compte d'un sultan aux pouvoirs désormais réduits de facto à leur plus simple expression. Cependant, alors que dans les années 1930-1940 la version contemporaine du nationalisme marocain commença à faire des progrès au sein de l'opinion publique, la personne du sultan devint le point de ralliement de tous ceux qui espéraient la fin du protectorat. Après bien des déboires, celle-ci eut finalement lieu en 1956. Le sultan Muhammad ibn Yusuf devint le roi Mohammed V, évènement qui marque l'acte de naissance du Maroc contemporain. Ses descendants sont toujours au pouvoir.

. Husaynides
Comme on l'a dit, les miliciens turcs (appartenant généralement au corps d'élite des Janissaires issus d'affranchis chrétiens convertis) contrôlaient les côtes du Maghreb depuis le 16e siècle. Les difficultés rencontrées par l'empire ottoman leur avaient permis de se rendre assez rapidement autonomes vis-à-vis d'Istanbul (dont les envoyés, les pachas, étaient désormais cantonnés à un rôle purement représentatifs). Ces miliciens, abrités derrière les hautes murailles des ports d'Alger, de Tunis, de Bedjaia s'étaient organiser à leur façon. Ils formaient des conseils, présidés par leurs plus hauts gradés. Certains de ces chefs parvinrent à obtenir un pouvoir suffisant pour se faire nommer officiellement bey ou dey (mots turcs signifiant "prince"). Ils contrôlaient indirectement l'arrière-pays et, du moins quand ils y parvenaient, ils lèvaient des impôts sur les paysans ou les tribus locales des montagnes, des plateaux et des oasis. Ils tiraient cependant l'essentiel de leurs revenus du commerce maritime ou de la guerre de course qu'ils mènaient contre les puissances chrétiennes (qui faisaient la même chose de leur côté). Etant parvenus à dominer les appétits de leurs collègues miliciens, certains de ces beys parvinrent même à fonder des dynasties durables. Ce fut le cas de Hussein Bey (m. 1740) qui, en 1705, prit le pouvoir à Tunis. Il ramena l'ordre et la sécurité, offrit son appui aux autorités religieuses et développa le commerce. Ses successeurs eurent souvent maille à partir avec leurs voisins d'Alger, mais ils parvinrent en fin de compte à maintenir l'intégrité de leurs Etats. Au lendemain du traité de Vienne (1815) cependant, les Maghrébins se virent interdire la guerre de course. Le beylicat se transforma alors en une petite principauté de plus en plus convoitée par les puissances européennes et notamment par la France. Conscient de cette menace, les dirigeants locaux menèrent de front une audacieuse campagne de modernisation des infrastructures économiques et une politique de centralisation de l'appareil gouvernemental, instaurant même une Constitution et un Parlement à l'européenne. Ces efforts seront vains, en 1881, Paris imposera aux beys un statut de protectorat qui leur enlèvera tout pouvoir autre que symbolique. L'ardent républicanisme des partis indépendantistes tunisiens ainsi que les troublantes compromissions du Palais avec les occupants rendront de plus en plus inévitable l'abolition du beylicat, abolition qui sera officiellement proclamée en 1957, quelques mois après l'obtention de l'indépendance.
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