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 Sayyid Kutb (m. 1966)

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Abd95
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MessageSujet: Sayyid Kutb (m. 1966)   Sam 31 Mar - 0:20

Sayyid Kutb

(Musha, 1324 [1906] – Le Caire, 1386 [1966])

Issu d'une pieuse famille, il étudia à la Dar al-Ulum du Caire (de 1929 à 1933) et travailla comme haut-fonctionnaire au ministère de l'Education (1939-1950). Alors qu'il était déjà un essayiste de talent (il contribua notamment à faire connaître le romancier N. Mahfuz en 1939) il se tourna vers les études religieuses après un séjour universitaire aux Etats-Unis, à la suite duquel il publia sa première œuvre d'importance, "La justice sociale en Islam" (al-'adala al-idjtima'iyya fi l-islam, 1949). Ayant rejoint le mouvement des Frères musulmans dont il dirigea l'organe de presse, il s'opposa à la politique nassérienne, fut incarcéré en 1954-1965 et subit de nombreux sévices. Depuis sa prison il élabora une "théologie de l'affrontement" qu'il exposa notamment dans "Signes de pistes" (Ma'alim fi tarikh, 1964). Les vues qu'il énonce dans ce court opuscule auront une influence notable sur l'évolution du débat d'idées dans le monde musulman. Il est également l'auteur d'un vaste Commentaire coranique (Fi zilal al-Kur'an, "A l'Ombre du Kur'an", 1954).

Pour résumer, disons que selon S. Kutb, la shari'a étant une loi divine au sens fort du terme, elle est par conséquent intangible et intemporelle. Les musulmans ne trouveront la réussite (dans ce bas-monde) et le salut (dans l'au-delà) qu'en l'appliquant sans la moindre compromission. L'indépendance politique, acquise de haute lutte n'est donc qu'un leurre, et cela tant que le modèle social (qu'il soit socialiste ou libéral) tel qu'il est appliqué dans les nations islamiques demeure calqué sur celui des pays occidentaux. De fait, les Etats dits musulmans ne le sont plus dès lors qu'ils ne font plus de l'Islam le fondement de leur pouvoir, c'est-à-dire qu'ils ne respectent plus le principe de la hakimiyya, la souveraineté divine. La ligne de démarcation entre le kufr et l'Islam n'est plus désormais une frontière entre Etats mais une frontière entre les croyants pieux et ceux qu'il est nécessaire de considérer comme des apostats, apostats contre lesquels un combat de tous les instants s'impose.

S. Kutb fut condamné à mort et pendu au terme d'un second procès, mais l'application de la sentence souleva une grande vague d'émotion en Egypte et dans les pays arabes et musulmans. Plus de quarante ans ont passé mais son œuvre et sa personnalité font toujours l'objet d'âpres controverses.

L'édition classique du Fi zilal al-Kur'an est celle parue à Beyrouth en 1967 chez Dar ihya l-turath (30 volumes). L'édition contemporaine est l'œuvre de la maison Dar al-Shuruk Lebanon. Quant au Ma'alim fi tarikh, ou "Signes de Pistes", il a connu plus de deux mille éditions depuis sa première parution, faisant de lui l'un des ouvrages les plus lus et les plus commentés des 14e et 15e siècles de l'hégire.




Sayyid Kutb à l'époque de sa détention
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MessageSujet: Re: Sayyid Kutb (m. 1966)   Lun 2 Avr - 17:11

,,,,,,,,,,,,,,,


Dernière édition par le Sam 14 Juil - 0:19, édité 1 fois
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Abd95
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MessageSujet: Re: Sayyid Kutb (m. 1966)   Mer 11 Avr - 20:57

Salam

Voici un compte rendu interessant :

http://www.religiologiques.uqam.ca/recen/recens22.html#Abu

Ibrahim M. Abu-Rabi, 1996, Intellectual Origins of Islamic Resurgence in the Modern Arab World, Albany, State University of New York Press, 370 p.

L’auteur arabe Ibrahim Abu-Rabi` présente une recherche de l’histoire moderne intellectuelle du monde arabe fondée sur quelques sources primaires. Initialement, l’auteur désirait centrer son étude sur Sayyid Qutb, le théoricien par excellence de la renaissance islamique. Par la suite, il a décidé d’écrire quelques chapitres qui fournissent un arrière-plan historique aux idées de Sayyid Qutb et aux intellectuels arabes. L’objectif de l’ouvrage est d’établir les fondations épistémologiques, philosophiques et théoriques de la renaissance islamique dans le monde arabe (p. xi).

Le premier chapitre présente différents intellectuels arabes qui ont été influencés par diverses tendances religieuses ou anti-religieuses. Abu-Rabi` présente l’histoire intellectuelle de la renaissance islamique en examinant les débats, les questions et les problèmes que les chefs de ces mouvements ont cherché à résoudre. Afin d’étudier la renaissance islamique dans son contexte, il analyse certains concepts clés comme la tradition islamique (turâth), le déclin (inhitât), la renaissance (nahda), l’occidentalisation, la modernité, la modernisation, l’autorité, la connaissance (p. 3), la révolution (thawra), le retour aux fondations (`awda) (p. 9), etc. Il introduit aussi dans ce chapitre les différentes thèses des orientalistes et des intellectuels arabes religieux ou séculiers concernant les causes du déclin de l’islam et les problèmes engendrés par l’occidentalisation.

Le deuxième chapitre tente de définir la signification et les causes de la renaissance islamique. Il présente les différents points de vue : i) des orientalistes et des marxistes arabes, ii) des traditionalistes et des conservateurs arabes et iii) des intellectuels arabes qui défendent un rapprochement entre la tradition islamique et l’Occident (p. 40).

Le troisième chapitre discute les idées du fondateur Hasan al-Bannâ qui sont à l’origine du mouvement des Frères musulmans (Ikhwân al-muslimûn) et leur impact sur le mouvement après son assassinat en 1949 (p. 63). Pour Hasan al-Bannâ, le mouvement des Frères musulmans est : i) un mouvement salafî (réformiste) puisque sa source est le Qur’ân et la Sunna (dires et actes du Prophète Muhammad), ii) une voie sunnite, iii) une vérité sûfîe (haqîqa sûfiyya) par sa recherche de vertu et de pureté et iv) une organisation politique, économique, sociale, scientifique et culturelle (p. 83).

Le quatrième chapitre analyse la pensée de Sayyid Qutb avant son adhésion au mouvement des Frères musulmans : celle-ci est située dans le contexte culturel et social égyptien (p. 93). Pour Sayyid Qutb, la révélation et l’intellect peuvent s’unir pour l’accomplissement de la vie religieuse dans ce monde moderne (p. 136).

Le cinquième chapitre étudie les idées que Sayyid Qutb avait entre 1952 et 1962. La véritable foi ne peut être entièrement établie jusqu’à ce que le faux soit réfuté et que la vérité de l’islam soit proclamée (p. 140). Sayyid Qutb invite les musulmans modernes à suivre l’exemple des compagnons (ashâb) du Prophète qui ont osé changer les difficiles conditions historiques de l’Arabie au septième siècle, afin de faire rayonner l’islam. L’islam ne consiste pas à se croiser les bras, mais à changer la réalité pour s’ériger sur des fondations solides (p. 142). Ainsi, la religion ne concerne pas uniquement la vie spirituelle mais elle englobe aussi tous les aspects matériels de la vie de l’humanité (p. 145).

Le sixième chapitre examine les principes, les fondations et les questions de l’exégèse qur’ânique de Sayyid Qutb (p. 166). Dans son exégèse, Sayyid Qutb poursuit quatre objectifs : i) interpréter correctement la nature divine, ii) comprendre le rôle de l’homme en tant que Vice-régent de Dieu (Khalifat Allâh), iii) faire reconnaître le Qur’ân comme la source par excellence de connaissance et de gouverne pour les musulmans modernes et iv) établir un ordre social juste fondé sur l’éthique (p. 171). Durant cette période, Sayyid Qutb était principalement marqué par son expérience négative d’emprisonnement, qui déteignait sur sa pensée. Cette dernière était imprégnée de haine, d’un besoin de vengeance contre le nationalisme, l’arabisme, le socialisme, le sécularisme et contre tout ce que représentaient Nasser et le parti Ba`th. Sayyid Qutb désirait tout reconstruire, il refusait de dialoguer et de faire des compromis. Il décrivait le monde de cette époque comme étant un monde d’incroyance (jâhiliya) dont il fallait faire table rase, afin qu’un nouveau monde fondé sur la foi émerge (p. 216).

Le septième chapitre analyse la théologie de la libération islamique d’un chef shî`ite du mouvement hizbullâh, Muhammad Husayn Fadallâh (né en 1936). Ce dernier réinterprète l’histoire et la croyance islamiques à partir d’une connaissance religieuse traditionnelle, en mettant en relief l’activisme politique et la réforme sociale. Les conditions sociales et politiques écrasantes doivent être transformées par les opprimés et leur agent révolutionnaire (les `ulamâ’). Le mouvement hizbullâh est une force militaire et morale entre les mains des `ulamâ’.

Le huitième chapitre expose le point de vue des intellectuels arabes séculiers de gauche, qui diffèrent considérablement des mouvements de la renaissance islamique (p. 248). Les intellectuels arabes séculiers ont une conception athée du monde. Leur notion de progrès n’est pas fondée sur une relation entre Dieu et l’homme, mais sur l’intellect humain (p. 249). Ils sont en faveur de la séparation de l’État et de la religion (p. 264).

En résumé, ce livre est très dense et ne s’adresse certainement pas aux novices. Le lecteur perd facilement le fil conducteur de l’ouvrage à cause d’un foisonnement d’idées et de l’abondance de détails. Il aurait été préférable d’indiquer le nom de Sayyid Qutb et du mouvement des Frères musulmans dans le titre, puisque la moitié du livre est consacrée à ce sujet. Cet ouvrage est une recherche sérieuse sur la pensée musulmane contemporaine du monde arabe. Pour cette raison, il mérite d’être lu.



Diane Steigerwald

Université de Calgary
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MessageSujet: Re: Sayyid Kutb (m. 1966)   Lun 16 Avr - 0:34

Salaam ahleykom !

Alf baraka ALLAHU fik akhi, je travaille justement sur Qutb (et Mawdudi) -rahimouhoum Allah-, et je galere pour trouver des sources et documents interessants. Tes posts, en particulier celui-ci, est donc bienvenu, merci encore.

Si tu as des suggestions à me faire sur ces deux auteurs, n'hesite pas inshAllah.

Allahi jazik

wa salaam wave
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MessageSujet: Re: Sayyid Kutb (m. 1966)   

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