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 Muhyi al-Dîn ibn al-Arabi (m. 1240)

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Abd95
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MessageSujet: Muhyi al-Dîn ibn al-Arabi (m. 1240)   Mar 3 Avr - 0:13

Abu Abdallah Muhyi al-Dîn Muhammad ibn al-Arabi


(Madinat Mursiya/Murcia, 560 [1165] - Damas, 638 [1240])


Mystique, théologien, poète, juriste et traditionniste, il mena une longue vie d'errance qui le fit voyager à travers le monde musulman, depuis Séville, Tunis, Fès et Cordoue jusqu'à La Mekke, Konya, Jérusalem, Le Caire, Baghdad, Sivas, Malatya et finalement Damas, où il passa les dix sept dernières années de son existence. Loin d'être pour autant un auteur maudit, il fréquenta de nombreuses cours princières et bénéficia de son vivant même d'une grande aura.

Il est l'auteur d'une œuvre pléthorique (plus de huit cents ouvrages lui sont attribués, dont une centaine avec certitude) qui comprend notamment son magnus opus, les "Illuminations de La Mekke" (al-Futuhat al-makiyya), vaste traité de mysticisme en trente sept livres et 560 chapitres. Il a également laissé de nombreux traités, plus courts, consacrés à la place de l'Homme et de la Révélation au sein de la Création (Kitab fusus al-hikam), à la valeur de l'ascétisme, aux récits de ses visions mystiques (Mashahid al-asrar) où aux différents modes de connaissance. A cet égard Ibn Arabi privilégiait, comme la plupart des mystiques, la connaissance provenant de la communication divine (kashf), connaissance qui s'obtient par la méditation, l'amour et l'intelligence, par rapport à celle qui se base sur le simple raisonnement humain. Il laissa également un recueil de 101 ahadith kudsi, le Mishkat al-anwar ("la Niche des Lumières"), un recueil d'invocations et de prières (Kitab al-awrad) et un autre de poésies (Diwan).

La pensée d'Ibn Arabi ne se laisse pas facilement ni saisir ni résumer, et elle s'avère même parfois d'une déconcertante complexité, notamment parce qu'elle fait un grand usage de l'ellipse. En dépit de cette difficulté interne (où plutôt pour cette raison) elle occupe une place aussi importante qu'originale au sein de la mystique musulmane, aussi bien sunnite que shi'ite, que cela soit dans les mondes arabophones, persanophones et turcophones, et plus récemment en Occident.

Son auteur ne se reconnaissait pourtant aucun prédecesseur et ne voulait pas avoir d'héritier (ainsi il n'a ainsi pas fondé de confrérie). Il a plutôt cherché à dépasser le soufisme pratique et ascétique d'un al-Ghazali ou d'un Muhasibi avec l'espoir de bâtir en lieu et place une mystique systématisée, capable de s'aventurer sur les chemins de la métaphysique, de l'ontologie et de la phénoménologie. Au vu de la grandeur de ce projet conceptuel, et des efforts intellectuels qu'il a déployé pour l'atteindre, d'aucuns l'ont considéré comme le plus important des maîtres soufis, au point de lui attribuer le titre honorifique de shaykh al-akbar ("le Grand maître").

A contrario de ceux-là, de nombreux tenants de l'orthodoxie l'ont durement critiqué. Parmi les reproches principaux qu'ils lui ont adressé figurent le fait d'avoir défendu certaines de ses positions métaphysiques en introduisant des concepts originaux qui ne se trouvent ni dans le Kur'an ni dans la Sunna (dont celui de l'homme parfait, al-Insan al-kamil, qu'il conçevait comme le couronnement de la création). Celui d'avoir défendu la supériorité et l'antériorité de la hakika (la loi divine "interne") sur la shari'a (la loi divine "externe"). Celui enfin d'avoir élaborer une conception moniste de la réalité qui aboutit au final à la confusion entre Dieu et ses créatures.

Parmi ses principaux disciples immédiats il faut citer : Sadr al-dîn al-Kunawi, Isma'il ibn Sawdakin et Ali al-Hariri (m. 645/1244).

Une traduction des Fusus al-hikam a été réalisée par Titus Burckhardt en 1955 sous le titre "La Sagesse des Prophètes". L'édition arabe contemporaine des Futuhat al-makiyya a été faite par Umar Shams al-dîn pour le compte de la Maison Dar kutub al-ilmiyya (9 vols.). Une édition française synthétique a été réalisée par Michel Chodkiewicz chez Albin Michel.
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