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 Al-Tabari (m. 923)

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Abd95
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MessageSujet: Al-Tabari (m. 923)   Lun 9 Avr - 10:42

Muhammad al-Tabari

(Amul, 224 [839] – Baghdad, 310 [923])

Célèbre exégète et historien musulman. Ayant mémorisé le Saint Kur'an dès l'âge de sept ans, il partit apprendre les traditions prophétiques à Rayy où il se perfectionna également en langue arabe sous la conduite de Abu Hatim al-Razi.

Installé à Baghdad, il commença à donner des cours en sciences religieuses qui connurent rapidement le succès. Grâce à l'aide de ses meilleurs étudiants, ainsi qu'à celle de nombreux ses amis, Al-Tabari put se lancer dans des projets rédactionnels de grande ampleur.

Il compila ainsi un grand commentaire du Kur'an (al-Djami al-bayan), ainsi qu'une "Histoire du Monde" en quinze volumes, connue sous le nom de Tarikh al rusul wal muluk ("Chronologie" ou "Annale des Prophètes et des Rois"). Cette dernière œuvre est consacrée à l'histoire politique et religieuse des trois premiers siècles de l'islam jusqu'en 915. Tabari mobilise à cet égard des sources plus anciennes qui ne sont parvenus jusqu'à nous que grâce à lui, et notamment les traditions rapportées par al-Zuhri (cf supra), al-Wakidi (cf supra), Sayf ibn Umar (m. 173/789), al-Mada'ini (m. 215/830) et surtout Abu Mikhnaf (m. 157/774), son principal garant.

Il a également laissé un ouvrage consacré aux divergences d'interprétation entre juristes (Kitab ikhtilaf al-fukaha) ainsi qu'un recueil de traditions prophétiques (Tahdib al-athar) dont il reste des fragments. Al-Tabari occupe une place à part dans les sciences islamiques car il est le seul auteur de cette période ancienne dont les œuvres nous soient parvenus quasiment dans leur intégralité. Elles offrent un bon aperçu de la culture savante telle qu'elle s'était développée à la cour abbasside. L'autorité d'al-Tabari en tant que mudjtahid était telle qu'il a attaché son nom à une école d'interprétation (djaririyya) qui ne s'est cependant pas imposée.

Une traduction française partielle de son Tafsir a été réalisée en 1983 par Pierre Godé, aux Editions d'Art les Heures claires. La dernière édition originale complète de ce Commentaire est celle réalisée au Caire en 1954 par Mahmud et Ahmad Muhammad Shakir (16 volumes).
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Nass
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MessageSujet: Re: Al-Tabari (m. 923)   Lun 8 Oct - 14:48

Assalamu alaykum wa rahmatullahu wa barakatuh

Le Jâmi' al-bayân, tiré de la racine en arabe [ba-ya-na] qui veut dire "apparition, rendre clair" est l'un des tafasir les plus connus.

Comment procède ce tafsir ?

Al-Tabari cite le verset dont il donne une traduction de son sens global, faisant intervenir des considérations historiques, des éléments de la poésie préislamique et des variantes du texte. Il écrit systématiquement : "Ikhtalafa ahl al-Ta'wîl fî dhâlika" pour indiquer les divergences entre les gens qui ont interprété ce verset et il énumère les différentes interprétations du verset.

Entre parenthèses, les Ahl Al-Ta'wîl sont les savants du 2ème siècle de l'Hégire, soit le 8ème siècle de l'ère chrétienne, qui ont été les premiers à s'occuper de la compréhension du Coran en recherchant l'interprétation originelle du texte.

Qui sont les autorités originelles ?

Le Prophète saws n'est pas un interprète du Coran, pas pour Al-Tabari en tout cas ni pour Suyûtî et la plupart des savants s'alignent sur leur vision ; voir Al-Itqân fî 'ilîm al-Qur'ân de Suyûtî. Donc les autorités originelles sont les compagnons du Prophète saws, les épouses et les tabi'ûn, c'est-à-dire les Suivants. Ces derniers doivent avoir eu un contact direct avec les compagnons (sahaba) pour que leur rapport soit légitime.

Le principe est donc que : Seuls sont aptes à interpréter le Coran ceux qui ont été témoins de la Révélation. Les compagnons sont considérés comme des Arabes purs, capables donc de maîtriser la langue du Coran.

Le schéma que suit Al-Tabari dans son tafsir est le suivant :
- Les Ahl al-Ta'wîl se basent sur les Tabi'în (les suivants).
- Les Tabi'ûn se basent sur les Sahaba (les compagnons du Prophète saws )

La chaîne doit être ininterrompue et composée de gens sûrs. Le premier transmetteur de Tabari est un de ses maîtres qui a reçu l'enseignement exégétique d'un savant précédent et ainsi de suite.

Malgré ce mode de transmission, l'Ikhtilâf, c'est-à-dire la divergence, est apparue. Quand ? Rien n'est certain là-dessus.
Tabari fait l'effort de donner toutes les interprétations possibles avec toutes les divergences. Elles sont considérées comme des awjûh, c'est-à-dire des faces d'un même verset.

Tabari n'intervient pas pendant le temps de présentation des awjûh. Il écrit ensuite seulement qu'il en est une qui a le plus de validité selon lui en utilisant la formule "fa awla ta'wîlât 'andî" qui signifie que parmi les divergences, il donne sa préférence à telle interprétation.

Pour Tabari, seul Dieu connaît la vérité du verset. Il n'appartient pas à l'homme de choisir une version de cette vérité et d'occulter les autres. D'où le rassemblement des interprétations (jâmi').

Il importe encore pour Tabari de procéder à un recensement des traditions pour ne justement pas les voir disparaître. Il n'est qu'un simple observateur, un simple compilateur qui ne porte pas la responsabilité des divergences.
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Nass
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MessageSujet: Re: Al-Tabari (m. 923)   Mar 9 Oct - 16:55

Assalamu alaykum wa rahmatullahu wa barakatuh

Pour continuer de compléter la fiche, voici un extrait de la Chronique de Tabari :

Les débuts du message prophétique

"Les incrédules dirent : "Le moyen de nous débarasser de Muhammad saws et de ses adhérents et des Banî Hâshim, c'est de cesser tout commerce avec eux, de ne pas leur parler, de ne pas leur demander de femmes en mariage et de ne pas leur donner nos filles ; cette façon, ils seront humiliés à la Mecque, et ils s'en iront." Toutes les tribus déléguèrent deux hommes, qui se réunirent dans la mosquée voir et qui dressèrent en commun un acte en ce sens, le signèrent tous et prirent pour témoins de cet engagement tous les habitants de la Mecque. Ils suspendirent cet écrit à la porte du temple, afin que tous pussent le voir et le lire. Les croyants furent tous du côté du Prophète saws et d'Abu Tâlib, et tous les Qurayshites formèrent le parti opposé (...). Aucun habitant ne leur parlait, ne leur vendait rien et n'achetait rien d'eux (...).

"Lorsqu'il se fut écoulé sept ans, ou, d'après d'autres auteurs, cinq ans depuis la mission prophétique de Muhammad saws, Khadîja et Abu Talib moururent dans la même année. Le prophète saws n'a jamais éprouvé de plus grande affliction que celle de la mort d'Abu Talib. Les Qurayshites devinrent plus hardis dans leurs attaques contre lui, et lui firent subir toutes sortes de persécutions, le blessèrent et lui jetèrent des pierres, de la terre et des ordures. (...)

On rapporte que, dans la première année de la fuite (hijra), le premier chez qui le Prophète saws se logea à Médine fut un homme nommé Kulthûm. D'autres prétendent que ce fut chez As'ad, fils de Zurâra, surnommé Abû Umâna, appartenant à la tribu des Najjâr, et l'un des douze qui avaient prêté le premier serment de 'Aqaba. As'ad, fils de Zurâra, mourut, et les Banî Najjâr dirent à Muhammad saws : "O apôtre de Dieu, donne-nous un naqib (représentant)." Le Prophète saws répondit : "Désignez-vous mêmes quelqu'un, car je suis un des vôtres, vous êtes mes oncles." Encore aujourd'hui les Banî Najjâr se font gloire de cette parole. Muhammad saws les appela ses oncles parce que sa mère Amina était la fille de Wahb, qui avait épousé une femme des Banî Najjâr de Médine. (...)

Lorsque le Prophète saws eut quitté la Mecque, les infidèles s'écrièrent : "Nous en sommes débarassés." Mais le Prophète saws ne les laissa pas en repos. Dieu lui donna la liberté des entreprises guerrières et lui ordonna de prendre l'offensive (...). Muhammad saws, dans l'année même de la fuite, expédia de Médine des détachements pour couper le chemin aux caravanes, qu'il fit enlever et dont il distribua les marchandises aux musulmans. Ces troupes s'avancèrent jusqu'à la Mecque. Personne n'osait plus sortir de cette ville, et aucune caravane ne se hasardait sur les chemins. Ces expéditions furent exécutées tantôt par le Prophète saws personnellement, tantôt par ses troupes, composées de Muhâjir et d'Ansâr."
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