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 Ibn Sa'ud (m. 1953)

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Abd95
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MessageSujet: Ibn Sa'ud (m. 1953)   Ven 11 Mai - 23:17

Salam aleykum



Abd al-Aziz ibn Abd ar-Rahman al-Sa'ud

Riyad, 1291 [1880] - Ta'if, 1372 [1953]

Homme d'Etat arabe, fondateur de l'Arabie Saoudite.

Fils aîné de Abd ar-Rahman ibn Faysal al-Sa'ud (de la tribu des Banu Anazah) et de Sara bint Ahmad al-Sudayri (de la tribu des Banu Dawasir), le jeune Abd al-Aziz descendait en droite ligne des fondateurs de la dynastie des Sa'ud, qui étaient parvenus à unifier l'Arabie au 18e siècle, avant d'être mis en échec par les Egyptiens et de devoir se replier dans le Nadjd.

Le jeune prince est élevé dans des conditions spartiates et dans une atmosphère de grande piété. Confié à un précepteur, il termine l'apprentissage du Kur'an à l'âge de onze ans. Mais en 1309/1891 son destin bascule. Cette année là en effet les Sa'ud sont chassés de Riyad par leurs rivaux, les Al-Rashid de Ha'il, alliés des Ottomans. Abd al-Aziz passera ainsi les onze années suivantes au Kuwayt, où sa famille s'était exilée. C'est là qu'il se familiarise pour la première fois avec le monde moderne (car le Kuwayt est alors une colonie britannique).

En 1319/1902, à la faveur d'un coup de mains digne des films d'aventure, il reprend la capitale de ses aïeux.

Son père Abd ar-Rahman qui le rejoint bientôt conserve des fonctions honorifiques mais Abd al-Aziz détient dès lors tous les pouvoirs. Sa stature imposante, haute de deux mètres, son étonnant charisme, sa piété sans faille et son habileté d'homme politique lui valent d'obtenir plusieurs ralliements. Le cercle de ceux qui lui jurent allégeance augmente ainsi au fil des mois. Abd al-Aziz s'atèle d'abord à restaurer la puissance des Saoudiens dans le Nadjd et à lutter contre les retours offensifs des al-Rashid et des Ottomans. En 1912 intervient le premier tournant du règne. L'émir se décide à engager une vaste politique de sédentarisation des Bédouins qu'il fixe avec leur consentement autour d'un réseau de colonies agricoles (hidjra) dont le nombre s'élèvera bientôt à plus de cent cinquante. Il constitue dans le même temps une armée disciplinée et efficace, encadrée idéologiquement et dont les membres s'appellent entre eux les "Frères", les Ikhwan. A la tête de ces forces il s'empare de la province du Hasa en 1913, qu'il enlève aux Ottomans afin de se garantir un accès à la mer. Durant le premier conflit mondial (1914-1918), les Saoudiens maintiennent une neutralité prudente malgré les demandes insistantes des Britanniques et une première tentative avortée de coopération en 1915. Les Anglais feront finalement retomber leurs espoirs sur les Hachémites qui déclencheront en 1916 la grande "Révolte arabe" dépeinte dans le célèbre film hollywoodien "Lawrence d'Arabie". Deux ans plus tard, la nouvelle donne politique provoquée par l'effondrement de l'Empire ottoman et l'affaiblissement relatif de la puissance anglaise permet aux Saoudiens de réviser leurs ambitions à la hausse. Au cours des années qui suivent, Abd al-Aziz joue très habilement des erreurs de ses adversaires. En 1919 il fait une première avancée dans le Asir qu'il arrache partiellement aux Yéménites (le reste du Asir tombera entre ses mains en 1934). En 1920-1922 il s'empare de Ha'il, la capitale de ses ennemis de toujours, les Al-Rashid. En 1924-1926 enfin, tombent successivement La Mekke, Médine et Djeddah, les trois grandes villes du Hidjaz. Les Hachémites sont ainsi chassés d'Arabie occidentale après une domination de plus de mille ans.

La victoire est totale pour les hommes du Nadjd et leur chef Abd al-Aziz, maintenant âgé de 40 ans, se trouve au fait de sa puissance Une partie de ses troupes cherche pourtant à l'entraîner plus avant, vers le Oman, la Palestine, de Irak, la Jordanie et les émirats de la côte. Or, tous ces territoires sont alors sous la domination directe des Britanniques et l'émir sait pertinemment que dans le cadre d'un conflit avec Londres, il pourrait bien voir remis en cause ses récentes acquisitions, et même tout perdre. Il refuse de se lancer entraîner dans cette périlleuse aventure, si bien que certains de ses meilleurs lieutenants finissent par se rebeller contre lui. Cet épisode, connu sous le nom de "révolte de l'Ikhwan" (1929-1930) sera très vite étouffé. En 1932, afin de montrer que l'ère des conquêtes est définitivement close, celui qui n'était jusqu'alors que le "roi du Nadjd, du Hasa, du Asir, du Hidjaz et de ses dépendances" fait proclamer la naissance du royaume d'Arabie Saoudite. Des traités en bonne et due forme sont signés avec la Grande-Bretagne afin de garantir les frontières du nouvel Etat.

Celui-ci compte alors parmi les plus pauvres de la planète. Il exporte bien quelques dattes et tire de maigres bénéfices de l'accueil des pèlerins, mais l'essentiel de la population vit en autarcie quasi complète, tirant sa subsistance de l'élevage et de l'artisanat. Malgré tout, les sujets du roi d'Arabie tirent une grande fierté du fait que leur Etat soit l'un des derniers du monde musulman à avoir conserver son indépendance. Rares sont d'ailleurs les étrangers à pouvoir pénétrer dans ce pays dont les habitants défendent farouchement un sol qu'ils considèrent comme sacré. Le souverain Abd al-Aziz règne quant à lui depuis sa résidence de Riyad comme on le faisait aux siècles précédents, il reçoit les chefs de tribus, écoute les doléances, arbitre les conflits, décide des grandes orientations. Son gouvernement est sage néanmoins, et les habitants du Hedjaz notamment sont soulagés de constater qu'il n'a pas hérité du même zèle sectaire que celui dont ses ancêtres avaient fait naguère la preuve et qu'il sait respecter les coutumes et les particularismes locaux.

En 1356/1938, tombe une nouvelle va tout changer. Des équipes occidentales, après des années de recherche infructueuses, viennent de mettre à jour d'importantes réserves pétrolières dans la région côtière. L'exploitation est confiée à une compagnie américaine, la Texas Oil Company (qui deviendra l'ARAMCO en 1944 à mesure que la part des revenus qu'elle versait au Trésor saoudien sera augmentée). Le premier tanker quitte le pays en 1939. En 1950, après avoir menacer de la nationaliser, le roi obtient un 50/50 de la part de la Compagnie, basée à Dahran (il faudra attendre 1980 pour que le royaume d'Arabie prenne le contrôle total des capitaux de l'entreprise). Les subsides versés par les Américains permet à a famille royale d'entamer de vastes projets qui auraient été impossibles sans cela. Une armée d'ouvriers égyptiens, yéménites et indiens afflue bientôt dans le pays, où l'on construit en série des ports en eau profonde, des routes, des ponts, des villes nouvelles, où l'on met en place des plans de canalisations d'eau, de gaz, des pipe-lines. On inaugure également des hôpitaux, des écoles, tandis que la sédentarisation des bédouins va s'accélérant. En 1939, au début de la Seconde guerre, le royaume observe à nouveau une stricte neutralité. En 1945 il participe à la fondation de la Ligue Arabe et fait parti des rares Etats musulmans présents à la création de l'Organisation des Nations Unies. En 1949 l'Arabie participe à la guerre malheureuse contre Israël et devient l'un des plus ardents soutiens de la cause palestinienne. Dans un contexte de guerre froide le roi se tourne naturellement vers les Etats-Unis contre les régimes progressistes et laïcs du monde arabe soutenus quant à eux par les Soviétiques.

En 1953 enfin, déjà âgé, presque aveugle, le vieux patriarche s'éteint dans son palais de Ta'if, près de La Mekke. Cela faisait déjà plusieurs années que ses fils, et notamment le plus brillant d'entre eux, le prince Faysal, avaient pris le contrôle des affaires courantes.

Le personnage d'Ibn Saud a fasciné un grand nombre d'Occidentaux (dont W. Shakespear, H.C. Armstrong, S. J. Philby, D. Howarth, L. Weiss) qui ont vu en lui le dernier représentant d'un Orient digne des Mille et Une nuits. Dans une autre perspective, sa geste héroïque a suscité beaucoup d'espoirs dans le monde arabo-musulman. De Baghdad à Tunis en passant par le Caire et Damas, beaucoup de nationalistes et de réformistes se sont enthousiasmés pour la cause saoudienne et ont admiré la réussite spectaculaire d'un Etat qui avait fait le pari inverse de celui du kémalisme et qui avait su tenir tête aux colonisateurs en s'appuyant sur ses traditions. On peut citer comme exemple de cet attrait la position du plus grand intellectuel égyptien de l'entre-deux guerres, Muhammad Rashid Rida.
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