Wa `aleykoum salâm,
Tout d'abord merci
itinerant et
Veli pour vos reponses. Elles m'ont permis de realiser que mon premier message n'etait pas tout a fait clair et l'eclairage de vos commentaires (que j'ai du mal a articuler avec ma propre reflexion, parce qu'elle est partielle) a ete benefique. Je vais tenter d'y repondre, mais surtout ne prenez pas ce thread comme une reponse a mes questionnements et n'hesitez pas a ycontribuer de la maniere qui vous semble interessante.
Pour repondre a
itinerant, je melange en effet Islâm au sens des textes (Coran et hadiths) et pratiqe (cultures et peuples). Mes questionnements sont nes d'un aller-retour entre la realite (esprit mercantile des peuples arabes et indiens, ce qui, comme je l'ai dit plus haut, n'a strictement aucune connotation pejorative ou morale) et la religion. Le point d'accroche principal c'etait peut-etre les "hassanates", concept que j'ai d'ailleurs plus souvent entendu de la bouche de musulmans arabes (ou d'origine arabes). Le point de vue que tu developpes sur le "peuple destinataire" est tres interessant, suggeres-tu que le Message n'est plus forcement a interpreter de cette maniere aujourd'hui (car plus forcement adapte a un monde ou le commerce traditionnel n'est plus forcement le centre d'activite principal)? Quant a ta question sur la perception de cet aspect "numeraire" (je n'ai pas voulu dire "numerique" mais on aurait pu l'envisager), je crois pouvoir repondre (moi qui me suis converti) que ce n'est pas un aspect si important, tout du moins dans le Coran.
Enfin pour repondre a ta derniere question, c'est assez difficile a expliquer, pour des raisons evidentes (c'est trop subjectif). Je vais expliquer a l'envers: la pensee mechanique, ou plutot "mechanisable", c'est celle qui se rattache a des donnees, methodes et resultats "objectifs" et reproductibles (je mets pas mal de guillemets car non seulement ma reflexion sur ces sujets n'est pas aboutie, mais de plus il n'est pas evident de trouver les termes que tous le monde comprendra de la meme maniere). L'exemple archetypique c'est l'usage des mathematiques, que je cite par exemple avec l'idee de "rythme" (5 prieres par jour, 1 Ramadan par an, 1 Hajj par vie, determination des journees lunaires, horaires de prieres et de Ramadan, etc.) ou bien encore de recompense chiffrees (jusqu'a 27 fois plus de recompenses a prier en groupe). On etendra ce sujet au commerce bien evidemment (mon voyage an Arabie Saoudite m'a donne l'impression que c'est une partie importante de la culture arabe, mes contacts avec les musulmans d'origine indienne et malaisienne me fait penser la meme chose). Ici je change de sujet, du religieux a la vie de tous les jours, mais dans la tete des gens je pense que la pensee est plus fluide que cela, les principes religieux influent sur la maniere de vivre (c'est evidemment un but et une composante de l'Islâm) mais la vie influe aussi sur la maniere de voire la religion (peut-etre en amenant les croyants a regarder tel ou tel aspect de leur religion, par exemple la piete, la generosite, l'amour ou le depassemetn de soi).
Quant a la "pensee emotionelle", elle serait plutot inquantifiable et extremement dure a partager, ou du moins par des moyens ou il est difficile de s'exprimer. Il me semble que cela provient de l'extreme diversite des emotions humaines et des contextes d'interpretation (l'illustration evidente par exemple c'est moi: etant un chercheur informaticien francais converti a l'Islam et vivant en GB, j'ai un background tres different de la plupart des musulmans et il est dur de trouver des atomes crochus avec mes freres et soeurs, si ce n'est la religion). Tout ceci cree une complexite trop grande pour etre "formalisee" (meme si je sais que la recherche scientifique dans les emotions progresse bien, mais il est simple de regarder le biologique, alors que le psychologique l'est beaucoup moins). Nous devons dans la vie de tous les jours nous servir de tas de moyens pour faire passer cette pensee: les mots bien sur, mais aussi notre visage, le son de la voix, un choix de mots particuliers, etc. Sur ce sujet la d'ailleurs, je trouve que le Coran et les hadiths sont des textes d'une extremement grande puissance emotive. D'un point de vue holistique (dont en regardant l'ensemble sans trop chercher a se concentrer sur les particularites) c'est une des choses qui m'a impressionne et continue encore a le faire: on attaque souvent l'Islâm sur tel ou tel verset, mais il arrive souvent que pour l'interpreter on doive se rappeller de tel autre verset ou bien rappeller tel hadith (les hadiths me semblent aussi essentiels par leur tonalite appliquee et souvent tres emprients de sagesse appliquee).
Je ne sais pas si je suis clair

A toi de me le dire.
Quant a tes commentaires
Veli, ils semblent justes. Mais meme sous l'angle de l'echange, on pourrait opposer une vision "marchande" (je prefere dire "numeraire" car "marchand" peut avoir une connotation negative, selon les prejuges; par exemple en France il y a un "certain" tabou de l'argent et du commerce (demandes a
mournir 
) alors qu'en GB c'est plutot le contraire!) a une vision moins "interessee" ou tout du moins liberee de dimensions numeraire (je ne sais pas si l'on peut appeler ca "emotionnel"). Il me semble que ta remarque sur la balance est tres pertinente (si tu veux en dire plus, n'hesites pas!) et elle conveye a la fois une dimension numeraire (addition/soustraction, on peut d'ailleurs rajouter multiplication qu'on trouve par ci par la en Islâm, je ne me rappelle pas avoir entendu parler de division, quelqu'un a une idee pour ca?) et une relation de causalite (un lien directionnel, cause-effet). J'aurais tendance a enlever ce dernier aspect qui me semble moins dans le sujet de la discussion (quoiqu'on peut toujours elargir et tout point de vue est permis!).
Le sujet du troc pousse par des arguments emotionnel amene a se demander si l'homme est intrinsequement plus a l'ecoute d'arguments numeraires. Je n'en suis pas sur, mais peut-etre est-ce un prejuge de ma part. Je serais plus sensible a des arguments emotionnels sur la preservation de mon coeur et la satisfaction d'Allâh (ta'ala), mais peut-etre est-ce en reaction (inconsciente) a la societe francaise ou j'ai ete eduque (les sciences, et particulierement celles "dures", ont un poid fort, meme parfois de maniere inconsciente, avec des racines assez profondes dans les mathematiques numeriques, plutot que la logique qui est elle plus souvent reliee a la philosophie, une separation d'ailleurs qui provient plus de la tradition scientifique que de raisons purement mathematiques; je m'egare un peu la mais je voudrais corriger un rapprochement que tu fais entre emotionnel/binaire et le principe de "logique", je crois au contraire que le "donnant-donnant" ou "binaire" est quelquechose de numeraire avec une calcul tres complexe avec pas mal de parametres, alors que l'emotionnel fait appel a des aspects de logique mathematique, mais pas celle que l'on enseigne a l'ecole, plutot celles tres avancees comme les logiques modales, desole pour la technicite!)
Merci encore pour vos reponses! N'hesitez surtout pas a critiquer, refuter, questionner, ou bien etendre le sujet dans la direction qui vous semble appropriee.
Wa sala^m
_________________
En résumé, celui dont l’oeil intérieur n’est pas ouvert ne perçoit de la religion que l’écorce et l’apparence, non le fond et la réalité. Abû Hâmid al-Ghazâlî.