Salamou alaykoum
Cette question ne manque pas d'intérêt. Khadidja a un statut très particulier. Tu ne connais peut-être pas les travaux de Lammens sur les femmes avant l'Islam. Il a tenté d'élaborer toute une théorie fortement contestable par ses pairs même sur l'idée que le Coran n' pas apporté de mofications révolutionnaires dans la vie des femmes avant l'Islam. En partant de personnalités comme Khadidja, Hind et d'autres, il suppose que les femmes jouissaient d'une grande forme de libertés et surtout d'un énorme poids politique au sein de leurs tribus. Je ne sais plus si c'est lui ou un de ses disciples qui avaient avancé l'hypothèse que l'on enterrait les filles nouvellement nées pour éviter justement qu'elles occupent des places stratégiques dans la direction du clan. Les travaux de Lammens se basent sur la Tradition qui apporte des éléments décisifs sur la puissance et la place importante des femmes du Prophète comme Khadidja et aussi Aicha et la jeune Fatima (la fille du Prophète) et aussi sur le livre des Arabes qui, après le 7ème siècle, relate les anecdotes et les récits des tribus arabes d'Arabie avant l'Islam. Dans ce livre, de nombreux faits se rapportent à la façon dont des femmes auraient pu avoir déclenché des guerres entre tribus par leur force d'inspiration poétique.
Bon, j'ai l'impression de faire un peu du hors sujet mais c'est pour situer le cadre parce que les musulmans disent souvent que le Coran et l'Islam ont libéré les femmes. Lammens apporte une théorie controversée mais qui, sans tous ces excès d'inspiration chrétienne d'ailleurs, pourrait bien donner lieu à une revisite de ce fond culturel. Et peut-être en effet que l'étude de l'héritage de Khadidja peut y avoir sa place car ce n'est pas une mince affaire que celle-ci. Abou Bakr Al-Djazairi rapporte bien dans sa biographie "Le Prophète Bien-Aimé" que l'argent de Khadidja et aussi celui des plus proches compagnons du Prophète a permis un développement plus rapide de la religion dans les confins de l'Arabie.