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 Dynasties de l'islam : l'Inde

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Abd95
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MessageSujet: Dynasties de l'islam : l'Inde   Ven 23 Mar - 17:22

As salam aleykum

Cadre géographique et historique

La péninsule indienne, isolée au Sud par l'océan qui porte son nom, à l'Est par les chaînes de montagnes de Birmanie, au Nord par l'Himalaya et à l'Ouest par l'Indu-Kush, se présente comme un monde à part. C'est un pays de grandes plaines, traversées par d'immenses fleuves, entrecoupées par des chaînes de montagne de faible altitude (les Ghats) et par de vastes plateaux (Deccan), jadis recouverts d'une abondante couverture forestière mais aujourd'hui largement entamés par les terres agricoles. Il y a en fait deux Indes. En Inde du Nord (Hindoustan, Gujarat, Bengale, Rajasthan, Pendjab, etc.), le climat marqué par une longue saison sèche, les populations parlent des langues indo-européennes, cultivent le blé, et ont la peau relativement claire. En Inde du Sud (Tamil-Nadu, Kerala, Ceylan) le climat est presque tropical, les habitants sont de langue dravidienne, vivent de la riziculture, et ont majoritairement la peau sombre. Entre ces deux extrêmes coexistent une infinité de gradations qui forment toute la spécificité du monde indien.

La religion ancestrale et indigène de l'Inde est le brahmanisme (ou hindouisme) qui se base sur les textes dits védiques qui sont censés avoir été transmis par les dieux aux hommes lors des invasions aryennes. La croyance aux Védas suppose l'adhésion au principe de la réincarnation (samsara) et au très strict système économique/politique/social des castes, qui en découle directement et qui condamne un individu né dans une caste à effectuer la même tâche toute sa vie durant. Les réformes internes qui ont affecté l'hindouisme durant l'Antiquité et le Moyen-Âge ont donné naissance notamment au bouddhisme, au jaïnisme et au sikhisme, qui ont quelques adeptes dans le pays. Les missions chrétiennes ont assuré des conversions, dans le sud en particulier. La pénétration de l'islam en Inde s'est faite quant à elle par deux biais différents. Au Sud elle a emprunté les routes commerciales maritimes qui mènent au Proche-Orient, et notamment à la péninsule arabique. Au Nord elle s'est faite au travers des multiples invasions guerrières venues des steppes d'Asie centrale ou d'Afghanistan, essentiellement partir du 12e siècle.

. Ghurides
Dynastie d'origine persane fondée par le clan des Shansabani. Celui-ci contrôlait en partie la province reculée de Ghur pour le compte des Samanides de Bukhara (voir la partie consacrée à l'Iran). En 1010 ils passèrent sous le contrôle des Ghaznévides. Les difficultés rencontrées par ces mêmes Ghaznévides permirent aux Ghurides de se rendre indépendants et de fonder leur propre Etat souverain sous la conduite de leur prince Izz al-dîn Hussayn (m. 1146). Ils s'emparèrent peu après de Ghazni puis de Lahore (1186) après quoi ils purent entamer la conquête méthodique de l'Hindoustan. En 1192, le roi Muizz al-dîn Muhammad (m. 1206) remporta sur une coalition de princes hindoux la grande victoire de Tamesvar qui permit à ses soldats de s'avancer jusqu'au Bengale (1202). La mort de Muizz al-dîn et les progrès des Shahs du Khorezm en Iran affaiblirent les Ghurides et mirent un terme à l'expansion fulgurante mais finalement très brève de cette dynastie qui restera néanmoins comme celle qui a ouvert la vallée du Gange à l'Islam.

. Sultanat de Delhi
L'effondrement rapide de la dynastie ghuride permit au général préféré de Muizz al-dîn Muhammad, le turc Kutb ud-dîn Aybak de prendre son indépendance et de fonder son propre Etat indépendant autour de Delhi (1206). Durant près de six siècles, le sultanat de Delhi sera effectivement le plus important des Etats musulmans du sous-continent indien. Des dizaines de milliers d'Afghans et de Turcs d'Asie centrale vinrent s'installer dans le pays. Ils y formèrent une nouvelle noblesse militaire et civile au service des sultans. La langue perse leur servit de lingua franca et les coutumes persanes furent leur modèle et leur idéal. Le pays se couvrit de mosquées, de madrasas, et le soufisme connut un grand essor. Beaucoup d'hindous se convertirent à l'islam, surtout dans le Pendjab, le Sind et le Bengale, et ceux qui ne le firent pas adoptèrent en partie les coutumes des conquérants (par exemple au Rajasthan), notamment dans les classes supérieures. L'hindouisme lui-même, au contact de l'islam, connut des tentatives de réformes (qui donneront naissance à la poésie mystique de Kabir et plus tard au sikhisme).

A Aybak, mort d'une chute de cheval accidentelle en 1211 succéda Shams al-dîn Iltutmish (m. 1236) qui mit en place une vraie bureaucratie et étendit son autorité sur tout le nord du pays compris entre la rivière Narmada et l'Himalaya. Son principal titre de gloire restera cependant d'être parvenu à repousser les invasions mongoles et d'avoir ainsi permis à l'Inde d'éviter le sort de Baghdad. C'est également à lui que l'on doit le plus célèbre et l'un des plus anciens monuments de l'islam indien, le grand minaret Kutb Minar de Delhi. Fait rare, il insista pour que sa propre fille hérite de son titre, fondant ainsi la dynastie des Mu'izzi, qui fut la première des six dynasties qui se succédèrent à la tête du sultanat. En 1290 les Mu'izzi furent détrônés par les Khaldji d'origine pashtoune. Le second souverain khaldji, Ala ad-dîn (m. 1316) fut un homme extrêmement cruel et despotique, mais il put compter sur une armée de grande valeur qui réussit définitivement à écarter la menace mongole et surtout à éteindre le pouvoir de Delhi à la quasi-totalité de l'Inde. Peu de temps après sa mort, les Khaldji furent remplacés par les Tughluk (d'origine turque) qui ne surent pas préserver les récentes conquêtes mais parvinrent à rester au pouvoir jusqu'en 1390. Le règne de Firuz Shah Tughluk (1351-1388) fut une époque de calme et de prospérité. Le sac de Delhi par les armées de Timur de Samarkand en 1398 fut un coup dont la dynastie ne put se relever. Le sultanat éclata en royaumes rivaux, et Delhi elle-même cessa d'être la capitale de l'Inde islamique pour devenir celle d'un petit mais riche Etat, sous la conduite deux dynasties successives, celle des Sayyid d'abord (1414-1451) puis celle des Lodhis (1451-1526). C'est ce petit Etat que conquit en 1526 le prince timouride de Kabul, Zahir al-dîn Muhammad, dit Babur Shah, inaugurant ainsi le règne des Moghols.

. Les Moghols
La dynastie Moghole (qui s'appelait elle-même Gurkani) sera la sixième et dernière dynastie musulmane à gouverner Delhi, sa domination sera la plus longue et la plus brillante de toutes.
Depuis le milieu du 14e siècle comme on l'a vu, l'Inde musulmane avait éclaté en une dizaine de grandes principautés. Les premiers moghols se donnèrent pour tâche de la réunifier. Grâce à la discipline et à la bravoure de leurs soldats, mais également à la qualité de leur armement (ils furent les premiers en Inde à employer massivement l'artillerie), ils s'emparèrent successivement du Rajputhana (1568), du Gujarat (1573), du Bengale (1576), du Kashmir (1586), du Sind (1592) et de Kandahar (1594). Parallèlement ils triomphèrent des plus puissants royaumes hindous de la péninsule, comme ceux de Vijayanagar (1565) ou du Gondwana (1569). Entre 1540 et 1545, le vizir Sher Shah Suri parvint à mettre en place, fait rare pour l'époque, une administration capable de lever directement l'impôt foncier, sans recourir à l'affermage. Il fit distribuer des titres de propriétés aux paysans et établit un cadastre précis. Il abolit les impôts sur le commerce, fit réparer et entretenir les routes, améliora le système postal, unifia les poids et mesures (créant au passage la roupie) et divisa les grandes provinces en districts. Un autre ministre, Abu l-Fazal fit plus tard consigner sur d'immenses documents l'ensemble des revenus et ressources dont pouvait disposer l'empire. Les fonctionnaires étant payés en argent, et non plus en terres, cela permit de garantir leur fidélité (systèmes du mansabdar et du djagir). De fait, jamais un Etat musulman précolonial n'aura atteint un tel degré de sophistication que l'empire moghol. Le troisième souverain moghol, Akbar (m. 1605) fit supprimer la djizya (1572) afin de montrer qu'il ne considérait plus le pays comme une conquête mais comme un Etat de droit où tous ses sujets étaient égaux. Il sut employer les talents de ses ministres hindous qui en retour l'aidèrent à pacifier le pays. De fait, son fils et héritier Djahangir (m. 1627), puis le fils de ce dernier, Shah Djahan (m. 1658) bénéficièrent de la paix et de la stabilité que les excellentes politiques de leurs devanciers leur avaient garantis. Ils patronnèrent les arts (orfèvrerie, musique, enluminures, calligraphie, poésie) et couvrirent le pays de monuments. Les villes de Agra, Ahmadabad, Lahore et Delhi notamment furent dotées de nouvelles enceintes ainsi que de palais, de jardins et de mosquées qui compteront parmi les plus vastes du monde. Le tombeau de l'épouse de Shah Djahan, le fameux Tadj Mahal, témoigne de la splendeur de ce règne. A leur suite, l'empereur Awrangzib (m. 1707) amena le domaine moghol à son apogée territorial, reconstituant celui autrefois détenu par Ala al-dîn Khaldji, soit 4 millions de kilomètres carrés et plus de cent millions d'habitants. Il fit établir un code de lois universel et fut un fervent dévot qui reçut le soutien indéfectible des oulémas. Mais les dernières années de son règne furent très agitées en raison justement de sa piété qui lui aliéna le soutien de ses sujets hindous.
Finalement, il arriva à l'empire Moghol ce qui était arrivé jadis au sultanat de Delhi. Les velléités d'indépendance des gouverneurs de province, les difficultés économiques qui entraînaient famines et révoltes populaires, les intrigues du harem impérial, la corruption croissante des autorités fiscales, les coups d'Etat successifs dus à l'ambitions des princes de la dynastie, la faible personnalité de certains des souverains portés sur le trône, et surtout le poids économique et politique des guerres continuelles (en particulier celles engagées contre la confédération hindoue des Marathes dans le Sud à partir de 1681, ou celles menées contre les Sikhs du Pendjab ou les tribus afghanes dans le Nord-ouest), tout cela entraîna le délitement progressif mais continuel de l'empire moghol. Les gouverneurs des provinces accédèrent à l'autonomie (vers 1720) puis à l'indépendance (à partir de 1760). Ils créèrent des dynasties qui eurent parfois un certain éclat (comme les sultanats de Bhopal ou celui de Hyderabad, etc.). En 1858, le dernier empereur Moghol, dont le pouvoir se limitait depuis longtemps aux murs de Delhi fut arrêté et déporté par les Britanniques vers la Birmanie.

La pénétration anglaise vers l'intérieur des terres, initiée au milieu du 18e siècle par la Compagnie des Indes orientales, fut facilitée par l'affaiblissement puis par l'effondrement des Moghols. Elle s'acheva finalement avec la reprise de Delhi en 1858 qui mit un terme à la grande révolte des Cipayes dans laquelle de nombreux musulmans s'étaient engagés. L'Inde devint possession de la couronne anglaise. De nombreux royaumes furent simplement vassalisés sans être administrés directement par le vice-roi britannique qui siégeait à Calcutta. Cette domination étrangère durera près d'un siècle et ce malgré l'opposition d'un mouvement nationaliste de plus en plus actif. En 1947, Londres acceptera finalement de d'accorder l'indépendance à plusieurs Etats distincts : La république indienne, le Pakistan (dont le Bangladesh se détachera en 1971), la Birmanie, le Sri Lanka et le Népal.
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